IX

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Les jours et les semaines étaient passés de façon monotone. Plus jamais personne ne s'était risqué à tenter de libérer Hermione, et elle se contentait maintenant d'obéir à Drago sans faire de vague. Depuis leur dernière dispute, Drago passait le plus clair de son temps à l'éviter. Il ne lui parlait que pour lui donner des ordres, de façon laconique.


Hermione n'allait pas s'en plaindre, certes, mais elle commençait sérieusement à s'ennuyer. S'ennuyer de pouvoir parler à quelqu'un, s'ennuyer de toujours accomplir les mêmes tâches répétitives et inintéressantes. Elle rêvait de plus en plus souvent qu'elle pratiquait la magie, fabriquait des potions, se battait en duel et chaque nuit, elle se réveillait en sursaut, frustrée de voir qu'il ne s'agissait là que d'un rêve.


Hermione patientait depuis une heure dans la cuisine. Si Drago n'arrivait pas, le gigot d'agneau serait bien trop cuit. Elle l'attendait en faisant voler une pomme. C'était la seule chose qui faisait qu'elle n'avait pas totalement baissé les bras. Elle parvenait maintenant à faire s'élever de petits objets de quelques centimètres avant qu'ils ne retombent tous seuls. Ce n'était pas encore un exploit, mais c'était déjà ça !


Au bout d'une heure supplémentaire, Hermione qui était accoudée sur la table le menton dans la main, à soupirer de lassitude, commençait à s'inquiéter. Drago était en général très ponctuel, et en cas de retard, il ne manquait jamais de la faire sursauter en la prévenant par Patronus qu'il arriverait plus tard.


La pendule du salon sonna trois coups. Hermione faisait les cent pas sur le tapis persan. Elle en venait à la conclusion que soit il était resté chez Pansy pour la nuit, et qu'il n'avait pas pris la peine de la prévenir, soit il était arrivé quelque chose.


Elle se tordait les doigts depuis quelques minutes quand elle entendit la porte d'entrée claquer. Elle se précipita et vit Drago avancer avec difficulté, le dos courbé. En y regardant de plus près, elle se rendit compte que des taches sombres fleurissaient sur son abdomen et dans son cou.


— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!


Hermione avait l'air soucieux.


— Tu t'inquiètes de mon état ou du sort réservé à ceux qui en sont les coupables, Granger ? railla Drago.


— Ne sois pas ridicule. Tu reviens au milieu de la nuit, blessé qui plus est, je me demande juste ce qui a pu arriver...


Drago se laissa choir sur le canapé en faisant une grimace de douleur.


— Il y a eu une attaque au ministère ce soir. Quelqu'un a réussi à pénétrer dans l'Atrium et a fait exploser toutes les façades des bureaux. Il y a eu pas mal de blessés, et avec quelques autres, nous avons poursuivi les fuyards.


Hermione écoutait religieusement, n'osant pas l'interrompre pour demander ce qu'il était advenu des attaquants...


— Nous les avons suivis jusque dans la forêt de Dean, et figure-toi qu'une surprise nous y attendait, reprit Drago, en changeant de place pour tenter de trouver une position plus confortable. Une quinzaine de tes amis nous sont tombés dessus. Il s'avère que nous nous sommes laissé prendre au piège. Cette tactique te rappelle quelque chose je pense.


Hermione ne répondit pas, elle savait que c'était elle qui avait mis au point ce plan d'attaque, le même qui avait déjà coûté la vie à Lucius Malefoy.

Be my slaveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant