J'arrêtai l'Audi devant les portes des urgences et courus à l'intérieur.
— Le docteur Scully est-il de garde ? demandai-je à une secrétaire, qui sursauta.
— Oui, pourquoi ?
— Faites-le venir immédiatement ! lui ordonnai-je, les mains en appui sur le comptoir.
— Il est occupé. Installez-vous et patientez, comme les autres ! répliqua-t-elle sèchement, ses poings marquant sa taille à travers sa blouse bleue.
— Très bien, soupirai-je.
J'envoyai mes doigts dans sa direction et la propulsai sur sa chaise.
— Mais...
Je me hissai sur le meuble, attrapai le microphone et pressai le bouton orange.
— Le docteur Scully est attendu immédiatement à l'entrée des urgences pour deux perforations étranges au niveau du cou.
Je me doutais qu'avec une telle description, il ne tarderait pas à venir. La secrétaire me fixait, hébétée.
— Je vous avais demandé de le faire ! insistai-je.
Moins d'une minute après, Scully arriva d'une démarche aérienne. Son visage se figea lorsqu'il m'aperçut. Il me saisit le bras pour m'emmener à l'écart. Je le retirai avec colère.
— Sylvia s'est fait attaquer ! Elle est dans la voiture devant. Aide-la !
Il ne discuta pas et me suivit. Il ouvrit la portière, puis sortit la serveuse avec précaution.
— Viens avec moi ! m'ordonna-t-il à son tour.
— Je me gare.
Il hocha la tête et fonça vers l'entrée. J'hésitai à partir, mais j'avais commis trop d'impairs. Je devais assumer. Je rentrai à contrecœur dans l'hôpital, en réajustant ma brassière, où logeaient mes lames.
* * *
Quand je fus dans le couloir, Scully m'apostropha d'un signe de la main :
— Marion, nous sommes ici.
Je franchis le rideau et le fermai derrière moi.
— Que s'est-il passé ? me questionna-t-il tout en étudiant le corps mutilé de Sylvia.
Étrangement, son énergie diffusait une vibration d'inquiétude. Était-ce à cause de l'agression ou de mon implication ?
— Je ne pense pas avoir besoin de vous faire un dessin, me braquai-je.
— Où ça ?
— Ils l'ont attaquée derrière la brasserie.
— Comment les avez-vous repoussés ?
Il se redressa. Son regard me sonda, mais il ne percevrait rien.
— Ils sont partis quand je suis entrée dans la ruelle. Ils ont dû prendre peur. Vous avez vu la bête ! ironisai-je en gonflant mon biceps.
Visiblement, son sens de l'humour s'était tari dès qu'il avait compris que je connaissais leur nature. Je me raidis lorsque les auras de deux morts-vivants percutèrent le mien. Au moins, j'allais être fixée quant à leurs intentions. Le premier vampire se jeta sur Sylvia sans me prêter la moindre attention. J'en reculai de surprise.
— Je suis désolé, quand je l'ai senti, nous étions occupés ! murmura Arthur en serrant les doigts de sa donneuse entre les siens.
Son geste m'estomaqua. Il ne faisait aucun effort pour maintenir les apparences. Il était véritablement préoccupé pour elle ! Ses sentiments se muèrent en colère. Je souris à la jeune femme, qui ne s'en aperçut même pas. Elle partageait une conversation muette avec son maître.
— Je vous offre un café ? me proposa le second en me tendant la main.
Je contournai le vampire sans accepter son contact. Il m'accompagna jusqu'à l'accueil. Des distributeurs de boissons et de friandises occupaient tout un pan du mur face au comptoir, d'où la secrétaire me scrutait d'un air offusqué.
— Que prenez-vous ? demanda-t-il après avoir enfoncé les pièces dans la machine.
— Expresso.
Il le commanda et ne prononça pas le moindre mot durant tout le temps de sa préparation. Il releva la plaque de protection en plastique et me le présenta.
— Faites attention, c'est chaud.
— Je suis au courant !
Je l'attrapai et me dirigeai vers le couloir. Je m'adossai au mur. Le vampire s'installa contre celui d'en face. Sa large carrure en occulta la majeure partie. Nous nous observions en silence, nous étudiant mutuellement.
— Comment vous appelez-vous ? attaquai-je avant de souffler sur le breuvage fumant.
— Je suis Edgar, un ami d'Arthur. Et vous ?
— Vous le savez déjà.
— Non, je l'ignore. Vous êtes une célébrité ? ricana-t-il, sa main frottant ses cheveux blonds taillés au millimètre près avant de se remettre sous ses reins.
— J'espère que non.
— Où avez-vous connu Sylvia ?
— Je suis trop fatiguée pour un interrogatoire. Vous questionnerez Scully. Je m'assure qu'elle est tirée d'affaire et je vous quitte.
J'avalai le café infâme en deux gorgées. J'avais des difficultés à communiquer avec les humains, avec eux, je prenais sur moi et faisais des efforts, sauf qu'avec un macchabée, je n'en avais aucune envie !
— Vous savez ce que nous sommes ! Comment est-ce arrivé ?
— Une longue histoire...
— J'ai tout mon temps, ironisa-t-il, ses sourcils s'arquant.
— Pas moi ! Je vais voir comment elle va, répliquai-je en jetant mon verre dans une poubelle plus loin.
Il s'apprêtait à me retenir lorsque Scully passa la tête hors du rideau et nous fit signe. Nous le rejoignîmes.
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1 - Dissonance
FantasiaJe suis Siobhan, une sorcière Fille d'Odin, le Fléau. Tueuse à gages froide et insensible, personne n'a envie de croiser mon chemin. On me paye cher pour débarrasser la Terre des monstres. Et je ne boude pas mon plaisir, surtout quand ce sont des va...
