"C'est pas possible, bordel, c'est pas possible !" hurla Koffi.
Un échec de bout en bout. Tous ses efforts depuis sa rencontre avec Roxane avaient été menés en pure perte. Avec cette dispute, c'était des semaines et des semaines de gaspillées et Koffi n'en avait que trop conscience. Il saisit le premier objet à sa portée et le balança contre le sol dans un accès de rage. Le verre se brisa, chaque morceau ricochant les uns contre les autres, formant une mer de millions d'éclats lumineux. Il soupira.
"Quel imbécile. Il ne me reste plus qu'à tout ramasser maintenant..."
Il resta pourtant immobile, préférant se perdre dans le chatoiement tranchant qui l'entourait. Il lui semblait que le verre venait le frôler, qu'il s'y baignait, qu'il s'y noyait. Revenant à lui, il serra les mâchoires et donna un petit coup de pied dans la base du récipient, encore intact. "Si je ne les préviens pas, ils me feront la peau." songea-t-il. Ses poings se crispèrent. L'image de Roxane se dessina dans son esprit. Roxane aux yeux brillants de larmes et au corps tuméfié. Roxane aux yeux farouches et à la posture hardie. Roxane aux yeux dorés et à la poigne de fer.
C'était trop tard. Il n'aurait pas dû se laisser prendre au piège de cette amitié. Nouer un lien de confiance était nécessaire pour l'amener à découvrir sa vraie nature et à maitriser son esprit-animal ; seulement, cette amitié n'aurait pas dû avoir ces accents de vérité. Pas de son côté, en tout cas. Il se frotta le visage. "Le Lion. J'ai laissé s'échapper le Lion. Cette fois-ci, je suis mort pour de bon." Koffi sortit de sa chambre à pas lourds. Autant ne plus y penser. Pour l'instant, il allait se contenter de nettoyer les débris dans sa chambre et de prévenir l'Organisation de l'état actuel des choses. Espérer aussi.
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Pour la première fois, la température de la pièce se trouvait à une température correcte. Un peu chaude et humide, comme la plupart du temps, mais ça valait mieux que la fournaise qui régnait lors de sa visite précédente. Comme à l'ordinaire, il était seul. Quelques feuilles de papier et un stylo traînaient sur la petite table. Koffi fit tourner le crayon entre ses doigts, pesant chaque mot qu'il allait écrire, avant de se lancer :
Le Lion n'est plus sous mon influence. J'ignore où il se trouve en ce moment. Je commencerai les recherches dès que vous m'en donnerez l'ordre. Koffi.
Il plia la lettre avec soin, la glissa dans une enveloppe mise à disposition et la rangea dans le tiroir. Il quitta la pièce sans plus attendre : moins il restait dans les parages, mieux il se portait. La porte se referma avec un clic à peine perceptible. Les marches disparaissaient quatre par quatre sous ses pieds ; ces escaliers n'avaient donc pas de fin ?! Il bouscula quelqu'un dans sa fuite.
"Pardon." lança-t-il sans s'arrêter.
"Eh bien, Koffi, c'est pas comme ça qu'on salue une vieille connaissance !"
Le jeune homme fit volte-face et dévisagea l'individu. Tout d'abord, il ne le reconnut pas. Un garçon d'environ quinze ans, peut-être un peu plus jeune. Il chancelait devant lui ; sa peau pâle laissait apercevoir de minces sillages bleus et tranchait avec le blanc de ses globes oculaires injecté de sang. Ses vêtements de sport dissimulait à peine la maigreur de ses membres. L'idée le traversa qu'il ressemblait vaguement à Roxane. La couleur de la peau qui semblait n'avoir jamais vu le soleil, sans doute. Mais les dents jaunâtres qui grimaçaient un sourire à son égard balayèrent cette impression. Les cheveux blancs, ce regard sans vie entouré de cernes charbon...
"Je te reconnais, le Singe.
-Je suis flatté, mon petit Koffi. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vus.
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L'esprit du lion
AcţiuneRoxanne, brimée au collège, ne supporte plus son quotidien. Jusqu'au jour où elle va trouver une échappatoire dans le sport ; et si elle découvrait qu'elle était plus que son simple statut de victime ? Et si au lieu d'être une proie, elle était le p...
