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Cet homme vient dans ma vie et s'incarne dans ma tête. Il a pris le contrôle de mon corps comme si j'étais une télé dont il en était la télécommande. Il m'entraîne après lui telle une esclave assujettie à son maître.

***

- Marions-nous!

- Tu en es sûre, mon cœur? me demande-t-il entre deux baisers.

Sûre, je ne le suis pas. Je suis juste amoureuse. Et mes parents ne peuvent m'enlever ce droit, en
aucun cas. Sans lui répondre, je lui prends la main et l'entraîne derrière moi.

- Mais où est-ce que tu vas?

- Chez Annie.

Il s'arrête et semble soucieux un moment.

- La fille du maire?

Je lui fais un signe de la tête pour lui répondre. Il me regarde droit dans les yeux et ajoute:

- Allons chez tes parents, tu veux? Un dernier essai ne nous coûtera rien.

- mais...

- Shut, fait-il, on va leur parler. Comprends-moi, Emma. Je ne voudrais pas gâcher ton rêve de jeune fille: te marier à l'église en présence de toute ta famille.

- Mais c'est eux qui l'ont gâché! crié-je.

J'éclate en sanglots comme à chaque fois qu'on parle de ce sujet. Il me prend dans ses bras, me serre très fort contre lui et me dit en caressant
doucement les cheveux:

- Allons-y!

Ma maison, située à Cayes-Jacmel, domine presque toute la contrée. Ma famille, la plus riche de la ville, s'y est imposée il y a bien longtemps. L'histoire raconte que nos ancêtres, les Luz, seraient des espagnols qui seraient venus sur l'île à l'époque coloniale pour se faire fortune. Mais, suite au conflit qui a éclaté entre espagnols et français ayant abouti à la scission de l'île, ils se sont sauvés
de justesse, avec quelques confrères, pour se réfugier dans les hauteurs. De là, ils ont commercé avec les anglais et ainsi, ont pu acquérir, de génération en génération, le monopole de la richesse de la ville. Mes grands-parents possédaient un champ de café qu'ils ont légué à mes parents. Dès lors, depuis plus de 20 ans, nous exportons du café dans plusieurs pays de la Caraïbe et de
l'Europe.

Arrivé devant chez mes parents, l' inquiétude s' empare de moi. Je sais que je dois franchir le pas de la porte. J'hésite. Pourtant, je dois les affronter. Je dois leur faire comprendre que j'aime Georges et que rien de ce qu'ils pourront faire ou dire ne m'empêchera d'être avec lui.

Après ces quelques minutes de réflexions, je prends mon courage à deux mains. Avant d'entrer, je jette un dernier regard à Georges qui a préféré m'attendre dehors. La dernière fois qu'il était venu frapper chez moi, on lui avait claqué la porte au nez. Peut-être était-ce ce qu'il
craint encore.

J'entre et j'aperçois tous les yeux rivés sur moi: ceux de mes parents, de ma tante maternelle-qui est là je ne sais pourquoi- et même ceux des domestiques.

- Quelqu'un est mort ? demandé-je en fermant la porte derrière moi.

Mon père se lève et prend la parole:

- Non. En fait, quelque chose est mort chez toi: ta fierté!

- Comment as-tu pu nous faire ça? enchaîne ma mère. Tu ne nous as donné aucun signe de vie depuis deux jours. Tu étais avec lui, c'est ça?

Mon bien, mon mal [TERMINÉ]Des histoires addictives. Découvrez maintenant