Les champs s'étendaient à perte de vue, Gerard et Frank marchaient seuls dans cette vaste étendue déserte. À chaque fois qu'ils voyaient un semblant de village, ou de ville au loin, ils essayaient d'y passer le plus loin possible, et à chaque bruits d'avion, ils s'allongeaient sur le sol et essayaient au plus possible de se cacher. La peur frappait dans leurs veines, ils n'entendaient que ça, ne sentaient que ça, leurs oreilles bourdonnaient le mot per sans arrêt. Un rien les faisait sursauter, et plus d'une fois, ils se ressaisirent pour ne pas se morfondre et crier à pleins poumons.
Ils s'arrêtaient de temps en temps, cherchant de quoi manger, des baies, un poirier encore intact, du maïs et songeaient même à tuer un oiseau. Leur ventres criaient famine et leurs paupières menaçaient de se fermer à tout moment. Ils n'avaient aucune idée d'où ils allaient, ils suivaient juste le Nord, c'était ce qu'il leur importait le plus, le nord était leur bouée de sauvetage, l'Angleterre était une promesse d'un avenir meilleur. Ils traînaient des pieds, la chaleur leur cuisant leur têtes couvertes d'un tissu pour les protéger des rayons du soleil.
« Gerard, arriva à articuler Frank en pressant sa main délicatement. On devrait s'arrêter à un village, j'ai faim. Ils nous donneront peut-être à manger vu dans l'état qu'on est.
- Et si les Allemands nous attrapent ?! s'écria Gerard. Tu crois qu'on va débarquer comme ça, tout le Nord de la France est occupé, le pays est occupé, on va se faire tuer à tout moment. Et tu nous conseilles de nous jeter dans la gueule du loup, bonne idée Frank ! »
L'Italien émit un rire agacé et s'arrêta pour affronter l'Américain, un doigt le pointant dangereusement.
« Je préfère crever en arrivant au village que de mourir de faim dans cet endroit complètement désert ! Il n'y a rien ! On a trouvé trois poires, des misérables baies et presque rien d'autre ! On va crever comme des chiens de rue, et je ne l'accepterai pas ! On a pas fait tout ce chemin pour ça !
- Justement, on a pas fait tout ce chemin pour se faire bouffer par les Allemands ! »
Frank essaya de se contenir et inspecta l'horizon, il put apercevoir ses toits au loin. Et un clocher d'église. Il irait là bas, il mangerait enfin, il devait se nourrir ou allait s'évanouir sur cette terre sèche. Ils se criaient tellement dessus que cela lui don'a des maux de tête.
« Si tu ne veux pas me suivre, c'est ton problème, admit Frank, tu crèves là, moi j'y vais !
- En fait, tu te fiches de moi ! Je peux crever tu n'en as rien à faire ! »
Frank cria à pleins poumons et poussa Gerard qui fit les yeux ronds.
« Tu racontes n'importe quoi ! vociféra l'Italien, bien sûr que j'en ai quelque chose à faire de toi ! T'es juste borné ! Gerard je t'aime alors ta-gueule ! »
Un silence suivit ses aveux. Ils étaient à bout de souffle. Gerard déglutit et fondit sur les lèvres de Frank qui ne bougea pas, agacé par la situation.
« Ok, Frank, on va aller à ce village. »
Sur ce, ils se dirigèrent vers le village qui les appelait de loin, avec la chaleur il avait l'air de tanguer, de bouger tel des vagues. Ils plissaient les yeux et se tiraient de force jusqu'à cet endroit, cette promesse. Gerard en oublia les Allemands et s'imagina le repas qu'il allait peut-être enfin manger. Du poulet ? Cela faisait un moment qu'il n'en avait pas manger, il eine avait même oublié le goût. Des tomates farcies aussi ? Un bon vin chaud coulant dans la gorge. Il se lécha les babines et passa un bras sur les épaules de Frank qui souriait timidement.
Ils étaient presque arrivés au village, ils n'étaient qu'à quelques mètres de la rue, quand tout à coup, le bruit caractéristique d'un avion retentit dans l'horizon. Frank et Gerard se lancèrent un regard paniqué et se mirent à courir avec leurs dernières forces jusqu'à l'entrée de la rue. L'avion s'approchait petit à petit, il allait bientôt survoler le village.
Au moment où il fut juste au-dessus des deux amants courant comme des damnés, quelque chose d'anormal se produisit. L'avion lâchait des centaines de feuilles de son ventre. Gerard s'arrêta, stoppant Frank en l'attrapant par le bras. Les feuilles de papier les entourèrent créant un tourbillon autour d'eux. Frank en saisit une et plissa les yeux pour lire ce qu'il y avait été inscrit.
« La guerre est finie. War is over. »
Leur faim disparue miraculeusement au moment où ils comprirent ce qui se passait réellement.
*j'ai remarqué que je n'ai pas vraiment respecté la chronologie exacte, mais ce n'est qu'une histoire on va pas en faire tôt un plat. Merci de votre lecture !*
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Black Rain [frerard]
FanfictionLa deuxième guerre mondiale a éclaté, les Américains volontaires sont envoyés en France pour combattre les Allemands. Gerard et Mikey Way rejoignent leurs alliés, laissant des promesses intenables à leurs proches. Après une terrible tragédie, Gera...
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