Chapitre 3

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Tout était flou, on ne voyait plus rien, impossible de se repérer dans cet amas de poussière. Les bruits des explosions détruisaient les tympans. Gerard ne savait plus où il était. Il criait le nom de son frère, traînant son corps à quatre pattes dans les dégâts causés par l'obus. Il ne sentait plus ses jambes, une douleur atroce se répandait dans son hanche gauche.

Il vit un corps au sol, non loin. Etait-ce Mikey ? Il hurla encore pour attirer son attention, mais il ne bougeait pas. Il semblait sans vie. Gerard respirait mal, il le préssentait. Arrivé à sa hauteur, il vit son visage blême, ses yeux grands ouverts vers le ciel obscur, sa bouche à demi-ouverte. C'était bien Mikey, là, allongé sur cette terre souillé, son torse arraché d'où coulait à flot son sang. Son petit frère, celui qu'il aimait tant, son meilleur ami. Celui qu'il a accompagné depuis sa naissance dans sa joie, sa tristesse, ses colères, ses peines amoureuses...

Gerard était paralysé. C'était insoutenable de le voir ainsi. Sa tristesse passa à la colère. Il se mit à pleurer, son corps le lâcha, il tomba à terre à côté de lui. Il fut secoué de soubresauts, il criait des pourquoi, il ne voulait pas y croire, c'était inimaginable.

 Il était en rage contre le monde, les humains, l'état français, allemand et américain. Ces pauvres idiots qui n'avaient rein à faire d'autre que de déclarer la guerre. Ils n'avaient rien à voir avec ce pays où Mikey était mort. Ce n'était pas vraiment de leur faute, s'il pourrait, il irait tuer Hitler de ses propres mains. Il ne voulait plus participer à se massacre, il ne voulait ôter la vie à personne. Il ne savait pas quoi faire, à part se morfondre sur le cadavre de la personne auquel il tenait le plus. Il ne pouvait pas reculer, ni avancer, il se ferait fusiller. Il devait s'enfuir du front, ne plus revenir et attendre que la guerre soit finie.

 Il arracha le bracelet de son frère et le serra dans la paume de sa main. Puis, il s'allongea, face contre terre, se protégeant la tête avec son bras.

Il allait attendre sur le no man's land, faisant le mort en ayant un peu d'espoir pour ne pas en devenir un.

Black Rain [frerard]Des histoires addictives. Découvrez maintenant