L'heure tant redoutée était arrivée. Mon stress était à son apogée et je n'avais même pas encore franchis les portes de l'auditorium.
J'étais positionnée juste devant, immobile. Ça faisait au moins cinq minutes que j'étais plantée là, mon regard plongé dans le noir mate de la porte. Je n'arrivai tout simplement pas à bouger, c'était impossible. J'avais beau ordonner à ma main de pousser la poignet, rien ne se passait.
La répétition avait dû commencer, les musiciens devaient être en plein accordage. Je ne pouvais rien entendre, grâce à l'isolation acoustique. Mais malgré tout, j'imaginais parfaitement le son de chaque instrument, de la guitare à la contre basse.
—Tu es perdue ?
La voix de la jeune fille me tira immédiatement de ma paralysie. Grâce à elle, je pouvais à présent bouger, et donc, me retourner vers elle.
Elle avait les cheveux d'un noir sombre, et ses yeux d'un marron si profond. Sa peau de porcelaine, ses pommettes roses et remontées la faisaient ressembler à une poupée. Les talons à ses pieds, étaient portés pour compenser sa petite taille. Elle était vraiment belle, et sa voix toute frêle nous dissuadait de lui faire du mal.
—Non, je dois entrer dans l'auditorium.
—Alors pourquoi tu es coincée devant la porte ?
—Je n'y arrive pas, avouais-je.
Elle me considéra un moment, avant de déposer délicatement son étui. Je recula instinctivement.
Elle me lança un regard étonné, ne comprenant pas ce qu'elle avait fait de mal.
—Tu viens jouer du violon ?
Elle fit un aller-retour entre moi et son étuis de violon, avant de sourire avec délicatesse.
—Oui, je suis dans l'orchestre. Enfin pas tout à fait.
Alors c'était donc elle.
J'allais devoir me démarqué d'elle pour avoir la place dans l'orchestre. Rien qu'avec sa présence elle dégageait une aura bienveillante et apaisante. Si elle savait jouer, je risquai d'avoir beaucoup de difficultés.
—Je m'appelle Jade.
—Annabelle, je joue aussi du violon.
Une lueur de surprise passa dans son regard. Je m'attendais à ce que l'aura de tout à l'heure soit remplacé par une plus menaçante. Elle resta étonnamment la même, contrairement à moi qui paraissait sur la défensive. Je ne pouvais rien faire contre ça, je m'étais reculée sans le vouloir. En voyant son étuis à violon, un souffle énorme de souvenir me revins en pleine face. J'avais pratiquement le même que le sien, un en cuir bleu foncé. A la différence que le mien, avait un autocollant.
Je n'avais pas mon violon. Après le fameux concours, je ne l'ai plus jamais vu. Et c'était mieux ainsi. Je ne sais ce que j'aurai pu faire si je l'avais eu à côté de moi se soir là. J'aurai sûrement arraché les cordes une part une, avant de le jeter dans le feu de la cheminée.
—Ravis de te rencontrer Annabelle.
Elle me sourit puis récupéra son étuis avant de faire ce que je n'avais pas osée. Elle poussa les grandes portes de l'auditorium, laissant passé un courant d'air frais. Jade me lança un dernier regard puis disparue de ma vue lorsque les portes se refermèrent. Il ne me fallut pas une seconde de plus. A mon tour, j'ouvris les portes.
L'auditorium était immense. Des centaines de sièges rouges s'étalaient devant moi. Les murs étaient recouvert de matières permettant l'isolation acoustique, et le sol, de moquette foncé. Je ressentais toujours cette même sensation lorsque je rentrais dans un endroit comme celui-ci. Je savais que ma place était là. Que je me l'avoue ou non, je suis née pour jouer sur une scène et j'adorais ça.
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La joueuse de violon
Fiksi RemajaElle avait oublié de voir, oublié de respirer et même de boire. Enfaite, Annabelle avait tout simplement oublié de vivre. Pas parce qu'elle ne pouvait pas, pas parce qu'elle avait peur ; elle avait juste oublié. Dés qu'elle avait arrêté de jouer de...
