A comme Valse Valentine

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Alice.
Je ne savais plus sur quel pied danser avec lui.
Je fronçai les sourcils tout en le détaillant, cachée derrière mon classeur de plastique rouge.

Lui, Valentin.

Ses boucles blondes se rebiffaient au-dessus de sa tête, lui donnant l'air de sortir du lit à toute heure de la journée.
Son visage chérubin était sillonné d'adorables fossettes, vestiges d'une tendre enfance.
Il ne mesurait pas plus d'un mètre trente, ce qui lui valait des chamailleries incessantes avec Alice.
Ses iris noisette pétillaient d'une joie simple et enfantine.
Avec les rougeurs sur ses joues de porcelaine, on eût dit un poupon de l'époque victorienne.
Il agissait d'ailleurs comme tel, se contentant de suivre le mouvement sans réellement s'impliquer.
Le reste du temps, il se comportait comme un enfant capricieux, changeant d'avis toutes les cinq minutes.

Alice, qui se dandinait devant lui, me rendait malade.
Valentin, qu'auparavant je considérais comme une marionnette insignifiante puisque qu'insipide m'apparaissait désormais comme un diablotin déguisé en enfant de choeur, clamant haut et fort ton nom comme sa propriété.

J'avais beau rivaliser d'ingéniosité et de malice, je ne parvenais plus à t'arracher le moindre sourire. Tout ton être était tourné vers ce soleil ambulant.

J'avais la sensation qu'on avait décroché ma lune rapiécée mais scintillante pour la changer d'un coup de baguette magique en globe creux et faiblard.

Je faisais tinter tes rayons translucides du bout de mes doigts, cordes harmonieuses et légères de cette harpe lunaire.
Ma main dans la tienne jouait des accords discordants, et mon cœur battant enchaînait les fausses notes.
Nous n'étions plus de concert.

J'écoutai mon cœur se fendiller dans la cacophonie ambiante.
Mille échos cristallins résonnèrent dans ma cage thoracique lorsqu'il vola en éclats.

J'avais décroché la lune, ce soir là.
Et les cieux furieux s'ammoncelèrent au-dessus de ma tête.
Les larmes du ciel coulèrent sur mes joues blafardes.
Ma lune ne clignotait plus que par intermittence.

Une étoile fila dans le ciel nocturne.
Ma lune s'éteignit, me privant de sa lumière.
Je m'abreuvai d'obscurité, car il n'y avait ni clarté, ni gravité.
Je me noyai de vide et de ténèbres.

Et je fis un vœu.

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