L'eau avait coulé sous les ponts et chassé la tristesse de mes veines. Après tout, pouvais-je réellement me plaindre ? J'étais toujours sa meilleure amie, même si elle ne m'appelait plus ainsi, et nous mangions toujours ensemble. Nous n'avions plus grand-chose à nous dire, mais elle se moquait toujours de ma façon de mâcher mes yaourts avec la plus grande application. Nous n'avions plus les mêmes horaires, mais j'allais toujours chez elle.
Et puis j'avais un rayon de soleil à mon bras. Je passais de plus en plus de temps avec Nour, jusqu'à oublier parfois mes rendez-vous avec Alice. Je ne pensais pas aux averses quand je pouvais me rire de la pudeur d'un astre timide. Nour, sous ses airs bravaches de conquérant, était affreusement pusillanime, et ses rougeurs étaient plus que divertissantes. Il était le premier à suivre Valentin dans ses plans à deux balles, mais le dernier quand il s'agissait de parler aux filles. Valentin était en effet la dernière inconnue dans notre équation. Il avait trouvé grâce à mes yeux lorsqu'il n'avait pas répondu positivement aux sentiments d'Alice, et nous faisions désormais les quatre cent coups ensemble.
Mes deux diablotins me demandaient du temps et de l'énergie. Je devais refréner leurs ardeurs et les empêcher d'élaborer des plans farfelus qui ne manqueraient pas de nous faire renvoyer. Ils me reprochaient toujours de ne pas leur faire confiance mais ils étaient bien contents de ne pas échouer chez la CPE.
J'avais fini par délaisser Alice, songeant qu'elle ne m'en voudrait pas. Je n'avais clairement pas pris tous les paramètres en compte, à savoir qu'Alice n'avait pas d'autres amis, et qu'elle avait souffert d'abandon à cause du divorce de ses parents. Alice voyait donc d'un très mauvais œil mon amitié renouvelée avec les garçons. Elle fronçait les sourcils en apprenant que je raccompagnais Nour tous les soirs -il habitait plus près de chez moi, et elle le savait très bien-. Alice faisait la moue lorsque je lui racontais que nous avions joué aux jeux vidéos ensemble parce qu'elle adorait cela. Elle tournait la tête et clamait avec dédain que j'étais vraiment un boulet avec une manette dans les mains et que la partie avait dû être un fiasco.
Alice fronçait de plus en plus les sourcils, et soupirait d'exaspération plus fréquemment qu'auparavant. J'avais haussé les épaules.
Alice, jalouse ? C'était la meilleure !
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A Comme Alice
Non-FictionAlice. J'ai toujours aimé ton nom. A comme un commencement. Le début d'un prénom, d'une histoire. La nôtre. NDA : Cette histoire est véridique, à quelques détails près. Les prénoms n'ont pas été modifiés.
