Alice.
Le lendemain fut un véritable supplice.
Nous parlâmes peu, rîmes encore moins.
Le ciel bas et lourd compressait nos poitrines et embrumait notre esprit.
J'avais littéralement la tête dans les nuages.
Et le moral dans les chaussettes.
Le temps passa, entraînant dans sa course folle les jours et les nuits.
Goutte à goutte, les rosées fraîches du matin succédèrent aux chaleurs étoilées du soir.
Et petit à petit, nous avons commencé à nous apprivoiser. L'eau a coulé sous les ponts, arrosant de nouveau notre jardinet. L'espérance avait chassé les larmes de mes yeux émerveillés qui contemplaient un florilège de fleurs en éclosion. Des gerbes de jonquilles et de camélias s'épanouissaient sous nos rires ensoleillés. Les roses prenaient d'assaut la clôture blanche que je me faisais un plaisir de peindre de toutes les couleurs de mes souvenirs.
Ta tête rejetée en arrière lorsque tu souris, de ce sourire un peu penché qui n'appartient qu'à toi. Tes pupilles rieuses qui m'assurent un avenir heureux. Tes boucles de cuivre qui effleurent ma joue lorsque tu me murmures à l'oreille. Ta voix aiguë, aux accents criards que je suis la seule à aimer. Tes rondeurs que tu entretiens soigneusement avec des tartines au beurre et au saumon.
J'ai beau faire, je ne peux tirer un trait sur notre histoire.
Comme le papillon volubile que j'étais, j'ai léché le suc de nos fleurs jusqu'à la dernière goutte.
Comme le papillon volage que je suis, j'ai suivi la lumière.
Je me suis trouvée prise dans tes filets.
Et je m'y suis brûlé les ailes.
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A Comme Alice
Não FicçãoAlice. J'ai toujours aimé ton nom. A comme un commencement. Le début d'un prénom, d'une histoire. La nôtre. NDA : Cette histoire est véridique, à quelques détails près. Les prénoms n'ont pas été modifiés.
