Ce jour-là, le soleil éclaboussait le visage des collégiens et allégeait leur pas. Pressé contre les vitres de la salle de classe, l'astre solaire nous narguait, et nous mourions d'envie de jouer sous ses rayons dorés. Nous jetions fréquemment des coups d'œil impatients à l'horloge, l'estomac dans les talons. Lorsque le gong retentit, nous fourrâmes hâtivement nos affaires d'école dans notre sac, et Nour me houspilla parce que j'étais trop lente. Il poussa un soupir d'exaspération lorsque, empressée que j'étais je fis tomber ma trousse dont le contenu se répandit sur le sol. Le brun me jura qu'il me laisserait là, à genoux sur le sol au milieu de mes crayons de couleur si je ne me dépêchais pas. Je le menaçai de ne pas lui offrir mon dessert s'il ne m'attendait pas. Le chantage fut efficace puisqu'il revint sur ses pas, une moue boudeuse sur les lèvres.
Nour soupira, et empoigna mes crayons de couleur qu'il remit sans délicatesse dans ma trousse. Puis il s'élança dans le couloir sans plus m'attendre. Je me ruai à sa poursuite, riant à gorge déployée. Je le dépassai et il m'apostropha, ses grognements de goret résonnant dans le couloir qui m'avait paru si sombre autrefois. Nous déboulâmes dans la cour de récréation comme si l'endroit nous appartenait, sans faire cas des regards peu amènes des troisièmes qui étaient prêts à rectifier nos écarts de conduite avec les poings.
Je saisis la main de mon ami pour l'entraîner dans ma course mais il la lâcha, prétextant que je le ralentirais. Il me lança un regard de défi, et nous nous élançâmes en direction de la cantine, sous un soleil éclatant. Il arriva avant moi, et, bonne perdante, je lui cédai ma place dans la file d'attente. Nous nous chamaillâmes comme tous les jours pour savoir qui aurait la dernière crème au chocolat, et s'il y aurait des rations supplémentaires. Nous nous débattîmes encore pour nous faire une place et nous pûmes enfin remplir nos panses.
Nour me parut distant pendant le reste du repas, et je triturai ma fourchette, une seule et même pensée tournant dans ma tête comme une chaussette dans le tambour à linge.
Pourvu que le soleil continue sa course...
Je ne veux plus retourner dans ces couloirs.
Je ne veux plus de ces spirales de silence.
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A Comme Alice
No FicciónAlice. J'ai toujours aimé ton nom. A comme un commencement. Le début d'un prénom, d'une histoire. La nôtre. NDA : Cette histoire est véridique, à quelques détails près. Les prénoms n'ont pas été modifiés.
