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Le désir de se remplir la panse est du monde le désir le mieux partagé. L'alternance du stockage et de la vidange rythme nos vies autant que l'alternance de la veille et du sommeil. Le désir sexuel est bien secondaire si l'on considère le temps qu'il occupe dans nos actions par rapport à la quête et au traitement de carburant. Que l'on jouisse de bouffer ou pas, il faut aller au charbon tous les jours. Autant en jouir et s'en réjouir. Mais comment sortir du cercle vicieux d'obsession et de culpabilité associé au trop-plein qui afflige les sociétés d'abondance? Faire entrer les sociétés de pénurie dans notre club d'insatiables est une sinistre solution; c'est bien celle qui semble s'imposer par inertie. Nourrir ceux qui ont faim s'impose, mais à soi seul ne peut compenser le fait que nous nous sur-nourrissons. Dans une société d'abondance, tout le monde est obèse en esprit, et ce ne sont pas que les obèses physiques qui sont à soigner, mais la société toute entière.