"I fell in love like you would fall aslep: slowly and then all at once." ― Hazel
- Notre corps réagit à l'immersion. La neutralité thermique nécessaire à notre métabolisme est de 24 °C dans l'air, 33 °C dans l'eau. Lorsque l'eau avoisine les 15 ° C, l'organisme va réagir par des mécanismes physiologiques totalement incontrôlables et désagréables. Notez que plus l'eau est froide, plus l'effet est important.
Dans l'amphithéâtre, environ une centaine d'étudiants prenaient en note les paroles du prof, de manière quasi religieuse. Elsa était installée à côté de Larry. Les lunettes du jeune homme lui tombaient sur le nez et il jouait avec son stylo, en notant quelques informations. Les deux filles du rang juste de derrière, recherchaient son compte Facebook sur le groupe de la promo. Évidemment, elles n'écoutaient pas le prof. Les beaux yeux du futur médecin semblaient bien plus intéressants que le cours.
Cela faisait maintenant une demi-heure que le cours avait démarré. Le prof décrivait de façon longue et complexe, les mécanismes de la noyade. C'était à la fois passionnant et troublant. Elsa était fascinée par ce qu'il racontait, mais d'une certaine manière. c'était aussi angoissant. Ce n'était pas difficile d'imaginer la sensation d'une eau gelée contre sa peau, ou encore de vagues qui passaient encore et encore au-dessus de sa tête bientôt submergée par les flots.
De l'eau si froide qu'il lui était impossible d'esquisser le moindre mouvement.
Elle posa ses yeux sur son cours et essaya de se concentrer sur ce qu'elle écrivait, mais les courbes de l'encre bleue se brouillaient sur sa feuille, formant une mer déchaînée, une mer indomptable.
- Ensuite, les petits vaisseaux sanguins les plus à l'extérieur vont se contracter, le sang affluer d'un seul coup au niveau cardiaque et le rythme de celui-ci va augmenter considérablement jusqu'à 160 pulsations par minute, continua le prof en changeant de diapositive.
La respiration d'Elsa s'accéléra. Ses poumons s'emballèrent, alors que son cœur ballait à toute allure. Les larmes lui montèrent aux yeux, ses doigts tremblaient. Elle avait l'impression de vivre les paroles du prof. Elle s'agrippa à son pupitre comme à une bouée. La classe se brouillait devant ses yeux en des milliers de petits points noirs.
- Enfin, la ventilation va s'accélérer. Les muscles... subissent des spasmes... Elsa... nage quasi impossible... Elsa tu m'entends ?
Elle vit alors les points devant ses yeux s'agrandir de plus en plus, jusqu'à ce que tout devienne noir devant elle. Elle lâcha sa prise sur le pupitre et se sentit alors tomber, tomber, et tomber encore et encore, comme dans une eau gelée. Plus rien ne la retenait, pas un espoir, ni une once de vie.
Lorsque ses yeux s'ouvrirent, elle était dans les bras de Larry, dans le couloir. Trempée de sueur, elle avait encore les yeux brillants de larmes. Son mascara avait formé de longues traces noires sur sa peau. Le jeune homme les essuya doucement du bout des doigts et serra son amie contre lui. Les mains de la jeune fille étaient gelées. Elle se blottit contre lui en tremblotant.
Elsa ferma le dossier médical de la reine sur son bureau, les yeux larmoyants. Comment résister lorsque le destin a décidé de vous garder seule en vie après un drame ? C'était trop dur. Comment pouvait-elle être la seule survivante au naufrage ? Qu'avait-elle fait de plus que les autres pour mériter d'être sauvée ?
Des larmes salées tombèrent alors sur le dossier, brouillant les lettres soigneusement tracées à l'encre.
Elle ressentait un profond sentiment de culpabilité, coupable d'être ici, d'être en vie. Quelle entité, quel juge avait décidé de la sauver ?
Pourquoi elle et non ses parents ? Peut-être même avait-elle pris la place de quelqu'un, la vie d'une personne.
On frappa alors à sa porte, la sortant de ses pensées. Cela devait être Larry. Il était là depuis seulement la veille, mais il semblait déjà à son aise au palais.
Elsa ouvrit donc la porte. Son regard s'agrandit lorsqu'elle découvrit qui se tenait devant elle. Ce n'était pas Larry.
- Je sais. Vous allez me dire que cela devient une habitude de frapper à votre porte le soir. Et non mon but n'est toujours pas de vous voir en chemise de nuit, déclara le prince d'une seule traite, posté devant la chambre de la jeune femme.
Elle lui sourit malgré ses yeux encore mouillés et sa tenue toujours pas présentable. Elle portait un pull qui appartenait à Larry avec une paire de leggings.
- Et je peux savoir ce que vous venez faire ici du coup ?
- J'allais y venir, vous souvenez-vous de notre conversation de l'autre nuit ? Je ne vous cache pas que je brûle d'en savoir plus. Et je suis certain que vous avez des réponses que je n'ai pas. Je pense aussi que vous n'êtes pas qu'une simple infirmière.
- Retirez immédiatement ce que vous venez de dire monsieur le prince. Je ne tolère pas les mots ''simple'' et ''infirmière'' associés, déclara Elsa, et ensuite peut-être que je veux bien vous accorder de mon temps pour vous aider dans vos recherches. À vrai dire, j'aurai bien besoin d'un coup de main moi aussi. Et je suis sûre que vous pouvez avoir accès à des endroits inaccessibles pour moi.
Le prince adressa une mine ravie face à sa réponse.
- Très bien. Alors venez si vous voulez. J'ai fait quelques recherches de mon côté.
Elsa n'hésita pas longtemps avant de le suivre dans le couloir. Ils firent quelques pas en silence avant que le prince ne brise la glace.
- Vous avez pleuré Elsa ? Si je peux me permettre, votre maquillage a coulé et vous avez les yeux un peu rouges, tenta-t-il d'une voix douce.
Elle hocha légèrement, la tête, un peu gênée.
- Écoute tu ne devrais pas t'en faire que je te vois pleurer. Tout simplement parce que je te trouve mignonne même avec des larmes au yeux.
Elsa ne sut pas quoi répondre à ça. Edmund pouvait être un vrai prince charmant quand il voulait. Et elle devait avouer qu'elle trouvait cela adorable. Et puis elle appréciait le tutoiement, qui réduisait un peu la distance qu'il y avait entre eux.
Au bout de deux couloirs et d'un ecalier, ils s'arrêtèrent devant une porte, que le prince ouvrit avec une clé.
Ils entrèrent alors dans une grande chambre. Ce qu'Elsa remarqua en premier ne fut pas le lit, immense, ni la fenêtre, offrant une vue imprenable sur le royaume, mais plutôt le bureau.
Il était plutôt simple, mais entièrement recouvert de papiers, de dossiers et de feuilles remplies de notes. Des photos étaient accrochées tout autour. On voyait aussi des flèches et des traits au marqueur, reliant tout cela. Enfin, le tout était relié avec du ruban rouge, formant des croisements entre les photos, les textes, et même les articles de journaux. On aurait dit le genre de mur que l'on trouve dans les bureaux d'enquêteur, de détectives.
- Bienvenue chez moi. Tu as l'immense honneur de pénétrer dans ma chambre. Attention c'est une pièce réservée à l'élite, tenta-t-il pour faire rire Elsa.
Cela sembla fonctionner puisque la jeune femme sourit, amusée par sa remarque.
- Pour être honnête je m'attendais à plus de dorures. Mais remarque, après des journées entières passées dans ce palais, vos yeux doivent avoir besoin de se reposer. Vous avez l'air d'avoir plus bossé que moi sur cette histoire de princesse de Noël.
- Ton sarcasme ne m'avait pas manqué. Attends ne bouge pas...
À ces mots, Edmund s'avança vers elle avant de passer son doigt sur la joue d'Elsa pour essuyer les traces noires de maquillage sur son visage.
- Au passage tu peux arrêter le vouvoiement. Je pense que l'on est assez proches pour arrêter de se parler comme des inconnus ou des membres coincés d'une famille royale.
La jeune femme hocha la tête et lui accorda un léger sourire. Elle glissa alors sa main dans la sienne et le tira vers le bureau. Cela allait être le début d'une longue soirée de recherches. Mais cela ne leur faisait pas peur. Ils étaient ensemble, et ensemble ils se sentaient capables de tout.
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Flocons Royaux
Teen FictionCroyez vous à la magie de Noël ? Cette gelée d'amour, qui vous colle à la peau tout le mois de Décembre. Elsa n'y a jamais cru. Infirmière dans un hôpital en banlieue parisienne, son Noël à elle c'est plutôt boulot et sapin en plastique. M...
