Comment voulez-vous dormir lorsque votre cerveau ne cesse de cogiter ? Pas une seule seconde je n’arrive à penser à autre chose que Michael, puis Daphnée, puis les Erudits, puis Michael, puis Daphnée, puis les Erudits, puis Mic…
Je deviens folle, c’est la seule certitude que je puisse avoir. Cet appartement me maintient prisonnière d’une force que je n’arrive pas à comprendre. Je finis par me lever lentement de mon lit, encore sonnée de ma crise d’hystérie et me rend sur mon balcon. Hier soir, à la même heure j’avais entendu Michael se jeter contre le bois sombre, j’avais entendu le bruit de son corps qui ne faisait pas le poids. J’avais tout entendu mais je n’ai rien fait. Si moi je me jette contre que va-t-il se passer ? Je regarde successivement mon corps frêle puis le paravent. Si je me jette dessus je me brise quelque chose et ce n’est pas le but.
Je m’assois sur le canapé et enroule la couverture autour de moi pour me tenir chaud, posant doucement ma tête contre le paravent. Si seulement il pouvait être là, si seulement il pouvait glisser un petit mot sous le paravent. Mais il est parti et c’est de ma faute.
*
Chaque soir, depuis une semaine, je vais m’asseoir dehors sur mon canapé et pose ma tête contre le paravent. J’attends, je sais que c’est en vain, mais j’attends que les questions passent, que mes yeux se ferment d’eux-même. J’ai loupé énormément de cours et par la même occasion j’ai inquiété tout le monde, Calum, Rudy, Elonwy, même Luke a pris de mes nouvelles, de ce que m’a dit Ashton. En fait il n’y a que lui qui vienne me voir, car lui seul a le double des clés et peut déverrouiller ma porte.
Force est de constater que je me suis renfermée, au début j’avais reporté la faute sur Michael, je l’avais jugé pour m’avoir menti, puis Luke s’est expliqué et j’ai commencé à comprendre qu’une menace planait sur beaucoup de gens à la fac mais je n’avais toujours pas décidé de parler avec Michael, pas même lorsqu’il a essayé de me parler. Non, il a fallu que j’attende de parler avec Ashton pour tout comprendre, enfin si on peut dire ça comme ça. C’est seulement à ce moment-là que je me suis rendue compte que Michael ne m’avait pas menti dans le but de se moquer de moi mais dans le but de se protéger et je pense qu’actuellement il doit se dire qu’il a bien fait. Ma réaction, ma réticence à l’écouter, il a dû se dire que je n’en valais pas la peine, que j’étais comme tous les autres littéraires. Que j’étais comme tout ces gens qui se sont moqués de lui, qui n’ont jamais essayé de le comprendre.
Je m’en veux terriblement.
*
Chaque matin je me réveille sur le canapé humide par l’air de l’aurore, les cheveux collés contre mon front et le corps en sueur à force de lutter contre le froid. Nous sommes au beau milieu de l’Automne et les températures commencent à chuter mais ça ne m’empêche pas de dormir dehors. Au moins je peux respire, je ne suis pas cloitrer dans mon appartement. Ce matin il fait particulièrement froid, le vent traverse ma couverture et vient picoter chaque parcelle de mon épiderme comme une multitude de petites aiguilles mais ce vent à quelque chose d’agréable.
Il sent la vanille.
Je sors la tête de mon cocon et me redresse doucement pour inhaler l’odeur alléchante de nourriture qui flotte dans l’air. Ca fait des semaines que je ne mange plus grand-chose. Quand on ne dort pas on devient épuisé, puis on est exécrable, on n’arrive plus à se concentrer, on se laisser aller et on finit par perdre l’appétit. On ne fait qu’errer tel un fantôme, épuisé et dormant à des moments improbables de la journée. Raison pour laquelle j’avais été obligé de m’absenter des cours.
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Behind the wooden screen
Fanfiction{HISTOIRE ÉDITÉE, plus d'infos à la fin} Un paravent en bois. Voilà ce qui délimite le balcon de mon appartement de celui de mes voisins, avec à sa base un espace assez grand pour qu'un papier puisse passer. Tout le monde peut mettre des mots sur c...
