« Cher Michael,
Si tu savais à quel point je m’en veux de t’avoir ignoré. Je sais que mon attitude n’est en rien excusable mais s’il-te-plait comprends moi, j’avais l’impression que tu t’étais moqué de moi, que tu avais profité de ma naïveté. Je m’en veux de t’avoir accusé de la sorte sans réellement te connaitre.
Ces derniers temps j’ai appris beaucoup de choses sur les gens autour de moi, mais c’était tellement dur à assimiler que je ne savais plus qui croire, je ne savais plus à qui me confier pour en parler car tu n’étais plus là. C’est d’ailleurs à ce moment-là que je me suis rendu compte que te parler me manquait, je regrettais nos échanges de lettres… Tu me manquais tout simplement.
Je sais que ce n’est pas réciproque, que tu as sans doutes voulu m’oublier en partant pendant ces deux semaines et j’imagine que tu ne liras pas cette lettre ou bien que tu n’y répondras pas tant je t’ai déçu. Mais même si j’écris dans le vide, je tenais à poser ces mots sur le papier, j’ai accumulé un trop lourd fardeau en moi et j’ai besoin de m’en défaire un minimum. Et il n’y a qu’avec nos lettres que j’y arrive.
Je ne sais quoi dire si ce n’est que j’espère que tu trouveras la force de me pardonner, je t’ai jugé trop vite, j’ai été égoiste à croire que c’était un énième complot contre moi, pas un instant je n’ai imaginé que tu pouvais souffrir, caché derrière ce paravent. J’espère qu’un jour tu trouveras le bonheur.
Merci d’être revenu, même si tout sera différent.
Heidi. »
*
Une semaine plus tard Michael ne m’avait toujours pas répondu si bien que j’en arrivais à me demander si ça n’avait pas plutôt été Ashton, après tout lui aussi avait fait un peu de guitare. Mais mon cœur ne voulait s’y résoudre, c’était Michael, c’était notre chanson.
Mais visiblement il ne veut plus me parler, je me retrouve dans la même situation que lui lorsque j’avais ignoré ses lettres, c’est terriblement frustrant de se dire que cette personne est juste à côté, qu’il n’y a qu’un mur et un paravent qui vous en sépare mais que malgré tout c’est comme s’il y avait un fossé.
Je l’ai bien mérité.
*
Rudy est de nouveau absent et cette fois-ci Elonwy s’est également absentée, apparemment pour s’occuper de lui. Quel genre d’ami suis-je ? Qu’ai-je fait pour lui ? Pendant ces trois dernières semaines j’ai passé mon temps à ruminer mes pensées contre moi-même, j’ai sombré dans la folie pour la simple et stupide raison que Michael était parti. Michael, un garçon que je ne connaissais que depuis un mois et que je n’avais jamais vu, alors que mon meilleur ami, celui que je considérais comme le frère que je n’avais jamais eût, lui était très malade et pas même un instant je n’ai pensé à aller le voir. Non, je me suis laissé dépérir dans ma prison imaginaire, persuadée que tous les malheurs du monde m’étaient destinés alors qu’il y avait pire que moi. Comment puis-je être aussi égoïste ?
A midi j’évite le réfectoire, je sais que je serai seule à une table, sans amis. Et qui dit seule dit Erudits à la charge et ça je ne veux pas, je ne veux plus entendre parler d’eux. Alors je sors directement de la fac, sous le regard inquiet de Calum et me dirige vers un petit snack pas loin de là. Le ciel est lourd, entre gris et blanc, signe que bientôt il neigera et je ne peux que m’en réjouir, mais ces derniers temps plus rien ne me réjouis réellement. Le seul espoir que j’avais eût c’était lorsque Michael était revenu, mais j’aurais dû m’y attendre, il me repousse. Et il a raison, ils devraient tous me repousser pour mon attitude égoïste.
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Behind the wooden screen
Fanfiction{HISTOIRE ÉDITÉE, plus d'infos à la fin} Un paravent en bois. Voilà ce qui délimite le balcon de mon appartement de celui de mes voisins, avec à sa base un espace assez grand pour qu'un papier puisse passer. Tout le monde peut mettre des mots sur c...
