Hier, j'ai sans doute passé une des pires journées de ma vie...
Romain m'avait envoyé un message en me disant qu'il voulait me voir le matin avant les cours. Il a écrit qu'il voulait "mettre les choses au clair". Je me suis dit que c'était un bon moyen de savoir pourquoi il avait agi si bizarrement durant ces dernières
semaines, et j'avais déjà préparé un interrogatoire détaillé : je voulais tout savoir.
Je m'étais préparé aussi à lui annoncer en face que je ne voulais plus jamais qu'il essaye de me parler. J'avais un peu peur de ce moment ; même si mes sentiments pour lui ne sont plus du tout les mêmes qu'au début, il y a toujours des "restes" qui m'empêchent de lui être totalement indifférent. Il fallait que je me montre fort face à lui.
Je me suis alors rendu au rendez-vous. C'était encore ce coin de rue sombre à côté de lycée, qui me paraissait presque familier.
J'appréhendais beaucoup... j'avais préparé toutes mes phrases, j'avais passé la nuit à imaginer tous les scénarios possibles, mais j'avais le pressentiment que rien ne se passerait comme je l'avais prévu. Au fond de moi, je savais que Romain resterait toujours imprévisible. Et je ne m'étais pas trompé...
Lorsque je suis arrivé, il était déjà là, appuyé contre le mur, les mains dans les poches, sa capuche sur la tête. Il n'a pas bougé quand je suis arrivé dans la rue, j'ai cru qu'il ne m'avait pas remarqué. Je me suis alors posté debout juste en face de lui.
Il a levé la tête, dévoilant un visage dévasté par la fatigue. Ses traits étaient creusés et il avait des énormes cernes. Ses yeux étaient rouges, et tout son corps tremblait... Il me faisait pitié...
Et soudain, avant que je puisse ouvrir la bouche, il s'est jeté sur moi pour m'embrasser.
Et par réflexe, avant qu'il ne puisse poser ses lèvres sur les miennes, je l'ai repoussé. Je n'en pouvais plus de ce jeu. Je voulais juste arrêter ça et passer à autre chose. Je voulais juste qu'il disparaisse.
Alors je lui ai demandé, la voix tremblante, d'arrêter de me parler. Il m'a regardé avec de gros yeux. Il ne s'attendait pas du tout à ce que je dise ça. Il n'a pas dit un mot et m'a fixé pendant de longues secondes. Il était sidéré par ce que je venais de lui dire. J'avais beaucoup de mal à soutenir ce regard pointé sur moi, je me sentais coupable, et je savais très bien que je ne devais pas !
Alors je suis parti, je l'ai laissé sur place, seul. Je sentais que ma gorge se nouait et j'avais déjà les larmes aux yeux. J'avais l'impression de m'être enfui comme un voleur, mais ce n'était pas important sur le moment. J'avais juste envie d'en finir avec ça. Je suis alors allé aux toilettes pour reprendre mes esprits et me calmer. J'ai poussé un énorme soupir de soulagement, ça m'a fait du bien. J'avais l'impression d'être un peu plus léger, même si j'étais encore sous le coup de l'émotion. Je me suis dit que j'avais bien fait, et que c'était un nouvelle page de ma vie qui allait s'écrire.
Mais à la pause de dix heures, j'ai remarqué que plusieurs personnes parlaient entre elles tout en me regardant. C'était très oppressant, et ça me met très mal à l'aise se sentir que des gens parlent de moi. Je ne savais pas où me mettre, quoi faire. Je voulais savoir ce que ces gens étaient en train de dire, ça me brûlait d'aller leur demander... J'étais trop timide pour faire ce genre de choses, et je me suis contenté de faire des hypothèses.
Sauf que de plus en plus de gens ont commencé à me fixer et à parler très bas, pour que je n'entende pas. Je faisais semblant de ne pas faire attention à eux. Et c'est là que je me suis rendu compte que j'étais seul, au milieu du couloir. Tout le monde s'était écarté sur le côté pour parler à son voisin, et je les voyais se passer le mot. L'un chuchotait quelque chose à l'oreille de l'autre, et ce dernier ouvrait grand les yeux et la bouche tout en me fixant, comme s'il venait d'apprendre une nouvelle.
Une nouvelle... sur moi...
Tout est allé très vite dans ma tête. Je ne sais pas combien de temps je suis resté debout, immobile, à fixer ces gens qui se racontaient des choses sur moi. J'ai paniqué. J'ai toujours été le garçon discret du lycée, dont personne ne se soucie. Certains avaient même tendance à oublier que j'existais. Et là, j'avais des dizaines de regards braqués sur moi, et je ne savais pas du tout comment agir.
C'est alors que j'ai entendu parler un gars à côté de moi qui parlait assez fort pour que je saisisse un peu ce qu'il disait. Et il m'a suffit d'un mot pour tout comprendre. J'ai l'impression que ce mot résonne encore dans ma tête au moment où j'écris, c'est horrible... Ce mot, c'est « pédé ».
Je suis un pédé.
Et tout le lycée est au courant...
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Journal d'un gay
Novela Juvenilb x b 🌈 Je m'appelle Thomas, et j'ai retrouvé un vieux journal intime plein de poussière en rangeant ma chambre. Il raconte une histoire d'amour qui m'est arrivée quand j'avais 17 ans, avec un garçon qui s'appelle Romain. Je n'étais qu'un gars com...
