Jour 69

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Ça a été une journée mouvementée, et c'est le moins que je puisse dire !

Aujourd'hui samedi, après mes habituelles (et inutiles ?) deux heures de cours d'histoire-géo dans la matinée, j'ai attendu Paul à la sortie du lycée. Le moment fatidique approchait, et je ne savais même pas si j'avais hâte de pouvoir passer l'après-midi dans sa chambre avec lui, ou si j'avais envie de m'enfuir et d'éviter la rencontre avec ses parents.

Il m'a dit qu'il avait un grand frère dont la chambre se trouvait contre la sienne, et que la cloison qui les séparait était assez fine, à tel point que s'il s'amusait à coller son oreille contre le mur, il pourrait entendre nos conversations. "Normalement", selon lui, il n'y a pas grand risque qu'il nous entende, puisqu'il passe ses journées avec son casque vissé sur les oreilles à écouter de la musique au volume maximal. J'ai quand même assez peur qu'on se fasse surprendre en train de...

Bref, après cinq interminables minutes à me ronger les ongles en imaginant les pires scénarios possibles avec ses parents, Paul est enfin sorti du lycée, tout sourire. Un peu gêné, je lui ai demandé si on allait devoir manger à table avec ses parents.

Il m'a regardé bizarrement. Je crois qu'il avait pas encore compris que c'était presque une phobie pour moi. "On s'arrangera, ne t'inquiète pas." M'a-t-il dit en essayant de me rassurer. Sauf que ça m'a fait stresser encore plus, puisque j'avais bien compris qu'il avait prévu de me faire passer le déjeuner avec eux...

Pendant notre trajet en bus, il m'a raconté un peu sa vie. Il aime bien la natation, il va au club deux fois par semaine. Je pense que ça doit lui donner un corps plutôt bien sculpté, je n'ai pas encore pu voir, il n'est pas dans la même classe et donc n'a pas ses cours d'EPS en même temps que moi. Mais c'est vrai que j'aurais bien voulu jeter un coup d'oeil...

Plus on approchait de chez lui, moins je l'écoutais. Au bout d'un moment, il a fini par le remarquer, et a posé sa main sur ma cuisse. Une décharge électrique m'a parcouru, je crois que je suis devenu rouge comme un poivron en un rien de temps !

Il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit que tout allait bien se passer. Et pour me rassurer, il a pris son portable et a envoyé un message à ses parents. Mais il ne m'a pas laissé voir ce qu'il avait écrit, sans doute pour ne pas me vexer.

Le bus est arrivé à l'arrêt près de chez lui. J'étais tellement stressé... J'avais presque envie de me jeter dans le bus juste avant que les portes se ferment et de m'enfuir, retourner chez moi. Mais je m'étais engagé, et étais désormais obligé d'y aller...

Pour me rassurer, j'ai essayé de me convaincre que Paul rendrait le moment le moins difficile et le plus court possible, et que je pourrais enfin me retrouver seul avec lui juste après.

Aucun de nous deux n'a parlé pendant le trajet à pied qui nous séparait de chez lui. On n'entendait que le bruit de nos pas contre l'asphalte. Je crois que Paul était aussi en train de s'imaginer ce qui allait arriver. J'ai vu comment il me regardait ces derniers temps, et j'étais quasiment sûr qu'il allait tenter quelque chose. De mon côté, je ne pense pas que j'oserais faire quoi que ce soit tant que je ne suis pas sûr à 100%. S'il essaye, je le laisserais faire avec grand plaisir. S'il ne fait rien, tant pis. Au pire, on pourra le faire plus tard...

On est enfin arrivé devant chez lui, après dix minutes de silence et de marche. Sa maison est assez sympa, avec un petit jardin à l'entrée, une façade grise, assez lambda. J'ai dû passer une bonne minute à essuyer mes pieds sur le tapis à l'entrée, pour être bien sûr de ne pas laisser la moindre trace sur leur beau carrelage blanc.

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