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Samedi 25 février

D'habitude, quand mon compte en banque le permet, je profite de mon samedi pour surfer sur des sites de mode et refaire ma garde-robe. J'évite ainsi la queue à la caisse et aux cabines d'essayage. La dernière fois j'ai essayé un pantalon dans un magasin, je mes suis retrouvée en sous vêtements devant tout le monde car ayant trébuché en l'enfilant, je suis passée à travers le rideau de la cabine. Bien entendu je portais une culotte sans élastique et un soutien-gorge dépareillé. Très embarrassée, j'étais retourné en cabine et m'était rhabillée, et... je m'était sentie obligée d'acheter le pantalon alors qu'en fait il ne m'allait pas. J'avais été attiré par la coupe flare qu'on voit sur tout les mannequins, mais avec ma petite taille, elle me donnait l'impression d'avoir été amputée des deux jambes et de continuer malgré tout à porter les mêmes vêtements.

Ledit pantalon n'avait donc jamais quitté le fond de mon armoire.

Ce samedi, malheureusement, après avoir financé mon voyage impromptu et l'intervention de Makarof, je suis loin de pouvoir m'offrir une journée de shopping. Les chiffres qui s'affichent sur mon ordinateur me rappellent cruellement que j'aurais dû récupérer mes gains au Loto quand je le pouvais encore. Je me retrouve ainsi complètement désœuvrée.

Chacune de mes amies vaque à ses occupations : Erza passe le week-end avec Shaw, Juvia avec sa famille, Lévy avec Gadjeel, et Wendy est parti rendre visite à sa sœur Chelia dans les Cévennes. Je n'ai aucune envie de passer la journée derrière un écran, et ne suis pas motivée pour sortir seule à cause de mon pied. Je pourrais tenter de recontacter Rogue, mais je sais que ce n'est pas une bonne idée : il avait l'air sympathique mais je ne suis pas sportive du tout. J'aurais du mal à m'épanouir en faisant semblant de m'intéresser à ses activités, moi qui suis la première à dire que le sport rime avec mort. Par ailleurs, quelque chose me dit qu'il est loin d'être aussi cool et détendu que lors de notre première rencontre. Je pense qu'il manquerait de patience avec moi. Il ne supporterais pas de m'entendre gémir que sert à rien sauf en période de soldes. Dieu sait que maintenant que je suis redevenue la reine des galères, je n'ai pas besoin d'un nouveau boulet au pied. Je suis donc dans ma cuisine en train de siroter un café, quand j'ai une illumination subite.

Je récupère le numéro de Natsu Dragneel et prends mon courage à deux mains pour lui écrire. Je n'ai rien à perdre. Soit il ne me réponds pas, et dans ce cas je pourrai l'oublier tout en le maudissant jusqu'à la huitième génération, soit il m'écrit, et avec un peu de chance, il me propose une sortie. Cela me permettra de me changer d'air et d'arrêter de penser aux 10 000euros que j'ai bêtement laissé s'envoler. Mes doigts tremblent pendant que je compose le message. Je dois m'y reprendre à plusieurs reprises. Il s'agit d'être sympa mais pas désespérée, de ne pas passer pour une fille qui n'a rien à faire de son samedi (même si c'est le cas) et surtout d'avoir l'air de ne rien attendre de plus que de boire un verre entre vieux amis, même si nous étions loin de l'être.

Je finis par lui envoyer un texto plutôt simple :

[Hello, c'est Lucy,

ta vieille copine

maladroite de collège.

Mes projets pour ce week-end

tombent à l'eau car

je me suis foulée la cheville

alors, si tu es dispo,

ça me ferait plaisir de prendre

un verre quelque part.]

Je ne me relis pas, de peur de trouver quelque chose à redire, et j'appuie sur la touche envoyer. Quelques secondes plus tard appariassent sur mon écran les trois points indiquant qu'il est en train de rédiger une réponse.

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