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Samedi 25 février (suite)

Natsu a-t-il perçu mon hésitation ? Il relance la conversation.

-Et toi ? Me demande-t-il. Tu fais quoi dans la vie ?

Puisque je n'ai rien à perdre, je ne prends pas les mêmes précautions qu'avec Sting et Rogue : je décide de lui dire la vérité sans enjoliver ma situation.

- Malheureusement, la situation n'a pas vraiment évolué depuis mon adolescence. Je suis toujours aussi maladroite et malchanceuse. Mes parents disaient souvent qu'à ma naissance, la fée qui s'est penchée sur mon berceau était une sorcière, ou que si c'était une fée, elle était bourrée ! Et ils savaient de quoi ils parlaient. Telle que tu me vois, ma coiffure n'est pas un effet coiffé-décoiffé très étudié, mis juste le résultat d'une gouttière percée sous laquelle je me suis précipitée à la sortie de mon immeuble. Ma cheville sous attelle est due à une malencontreuse chute dans les escaliers. Hier, j'ai perdu un ticket de Loto que je n'ai pas eu le temps d'encaisser, alors que le gain était de dix milles euros et que cela ne m'était jamais arrivé. Tour ça pour dire que pour moi travailler dans un bureau, le train-train métro-boulot-dodo, c'est un peu compliqué et ça se termine trop souvent en métro-boulot-hosto. J'ai donc choisi de rester le plus possible à l'abri, mais j'exerce un métier qui me passionne : je corrige des livres avant qu'il ne sorte en librairie. Je suis à mon compte, j'organise mon temps comme je l'entends, et comme je me débrouille bien, je travaille avec des auteurs passionnants. Je ne suis pas à plaindre.

- Je crois que la vie, ce n'est pas une question de chance ou de malchance. C'est la façon dont tu rebondis, dont tu réagis face à tous les obstacles qui se trouvent sur ta route.

Je lui souris. Il a totalement raison. Il ne se rend pas forcément compte de ce que je vie au quotidien, mais c'est vrai que j'ai appris à vivre avec et que je suis loin d'être malheureuse. La conversation dérive vite vers nos passions, notre quotidien et nos amis.

- J'ai cru remarquer que tu avais un noyau dur d'amies très proches. Tu as plus de chance que tu ne le pense, les vrais amis sont rares.

- Oui, c'est vrai. Nous aimons dire que nous serions prêtes à tuer les unes pour les autres, même si la vue du sang me terrifie et que je serais incapable de creuser un trou suffisamment grand pour cacher et enterrer un cadavre. Mais il est certain que ma vie serait beaucoup plus compliquée sans elles !

- C'est dingue que tu sois toujours resté aussi proche de Juvia depuis l'adolescence. Mes proches datent plus de mes études et de la vie active, je n'ai pas gardé de contacts avec les copains du collège.

- Je ne saurais l'expliquer, peut-être tout simplement parce que nous nous sommes suivies. Nous avons étudié dans la même ville et la présence de l'autre à nos côtés nous est devenue essentielle. À l'ère des relation virtuelles et superficielles, mes amies et moi sommes la preuve vivante que l'amitié « à la vie, à la mort » existe encore.

- Je n'ose pas imaginer les aventures que vous avez dû vivre.

- Un jour, je t'en raconterais.

- J'ai hâte ! Ou pas... Je ne suis pas sûr de vouloir tout savoir, répond-il en prenant un air terrifié qui me fait rire.

Il me propose ensuite un autre verre car j'ai terminé le mien depusi longtemps et que c'est encore l'happy hour. Sans que j'aie besoin de lui demander, il revient également avec une assiette de nachos et de fajitas.

- Je ne sais pas ce qu'il en est de toi, mais je n'aime pas boire un verre sans grignoter quelque chose.

Je salue son initiative. La soirée prend un tournant vraiment positif. Tout est naturel avec Natsu, comme si je retrouvais un ami longtemps perdu de vue, mais avec une petite dose de flirt en plus. Je ne peux m'empêcher de frémir quand nos genoux se touchent ou quand nos doigts se frôlent plus longtemps que nécessaire. Nous trinquons les yeux dans les yeux. Je ne vois plus le temps passer. L'happy hour est terminée, il ne pleut plus et le bar s'est vidé, mais je donnerais tout pour que cet instant dure à tout jamais. Mon compagnon semble partager mes sentiments car il ne fait pas mine de regarder sa montre ou de vouloir me quitter. Pourtant, il finit par se lever et j'ai un petit pincement au cœur. Heureusement, il me sauve en proposant, le sourire jusqu'au oreilles :

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