Chapitre 31

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Quand un homme est dans les ténèbres,
Il cherche une lumière.
Aussi minuscule et faible, puisse-t-elle être,
Sa seule présence suffît à redonner espoir.


La lune était plaine ce soir-là, mais des épais nuages sombres s'amusaient à la cacher en même temps qu'ils laissaient couler sur les êtres d'en bas leur plénitude.

Ma chambre, plongée dans le noir, semblait aussi triste que mon âme.

Le froid qui y régnait, contrastait avec mon cœur qui, lui, était bouillonnant et ne cessait de se compresser à chaque seconde qui passait.

Mais je ne m'y attardais pas.

Les images de la fusillade revenaient en boucle dans mon esprit, chacune d'elle était comme un coup de couteau et la douleur qui en ressortait était bien pire que celle que me provoquait mon cœur en proie à la culpabilité et la rage.

J'aurais bien voulu me réconforter en me disant que ce n'était qu'un rêve mais la douleur me rappelait que non. J'étais bel et bien dans la réalité.

Y a encore quelques mois j'avais une vie totalement normale, pour ne pas dire banale. J'allais au lycée, comme toutes les filles de mon âge. J'étais sur le point d'avoir mon bac...

Je me voyais déjà suivre un cursus en informatique et en business, j'avais des projets et des rêves plein la tête, comme toutes les filles de mon âge.

Des rêves que je nourrissais depuis des années, j'en parlais à mon père avec joie et entrain, il m'écoutait et riait parfois de mon imagination débordante mais ne manquait pas de m'encourager.

J'étais sur la bonne voie, j'avais la bonne compagnie, mais il a fallu de quelques secondes pour que tout bascule.
Que tout s'effondre tel un château de sable violemment frappé par une vague.

Et comme le malheur ne vient jamais seul, je suis sur le point de perdre l'être le plus cher à ma vie.
Peut-être même qu'il n'est déjà plus de ce monde, la fusillade a eu lieu il y a déjà deux heures de cela, il a amplement eu le temps de rentrer et le tuer puis le jeter je ne sais où.

Je sentis aussitôt mon esprit s'égarer, elle s'enfonçait de plus en  plus et faisait remonter des images atroces, mon nez se mit à me piquer à l'arrêt et quelques secondes après les eaux salées remplissaient mes yeux.

Finalement, me retrouver seule n'était pas la meilleure des choses à faire en ce moment. Je me perdais vite dans mes sombres pensées et ce n'était pas bon.

Je décidai donc de sortir de la bulle sombre dans laquelle je m'étais réfugiée. Bien qu'à contre cœur, fallait que je le fasse, ce n'était pas le moment de sombrer.

Et même si au plus profond de moi je le voulais, et que l'envie d'embrasser, d'enlacer cette boule noire, qui n'était qu'à quelques pas de moi, grandissait.

Je ressentais néanmoins que quelque chose me retenait.

Vous savez, cette impression que tout n'est pas encore perdu, cette impression qu'on peut encore y arriver, alors qu'on a qu'une envie...
Celle de lâcher prise et se laisser tomber dans la gueule du loup.

Cela me frustrait mais ca voulait aussi dire que rien n'était encore perdu. Que je pouvais encore espérer retrouver mon père, vivant, bien que sûrement amoché je pouvais encore le voir respirer.

Comme si quelque chose venait d'exploser, je sentis une vague de chaleur se répandre en moi et je sortis aussitôt de ma chambre.

J'avais besoin de marcher, prendre un peu d'air pour me changer les idées.
Mais dehors, la pluie battait son plein, elle tombait comme des cordes sur le sol.

Traquée(mafia)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant