Ça devait faire dix ou quinze minutes que j'étais plantée là, devant ce bois. Le bras levé, le poing fermé, prêt à s'abattre sur la surface dure de la porte devant moi.
Je m'étais levée ce matin avec courage et motivation, décidée à en finir une bonne fois pour toute. Demeurer dans cette situation n'allait rien faire avancer, fallait donc agir et vite.
Mais la première des choses à faire était de reprendre du bon pied avec mon oncle. J'avais merdé, je le reconnais, mais je ne regrettais absolument pas cette virée.
J'aurais dû lui en parler, et même s'il se serait opposer je l'aurais quand-même fait, mais au moins là, les choses auraient été claires.
Il se serait énerver mais n'aurait pas été déçu.
Je sentis mon bras, encore en l'air, s'alourdir et une petite douleur à l'épaule m'insita à reposer mon bras un moment. Un lourd soupire franchit mes lèvres, emporta avec lui une part de ma frustration.
Y a encore quelques minutes je brûlais de courage, mais il a suffi que je me poste devant cette porte pour que tout s'envole, laissant place à la frustration. Comme si ce bois absorbait toute mon énergie positive.
Je pris mon courage à deux mains et cognai sur la porte.
Une voix étouffée se fit entendre derrière la porte, le seul signe dont j'avais besoin. Je ne pris pas la peine de répondre pour signaler que ce n'était que moi et ouvrit la porte.
Il était assis sur l'un des fauteuils se trouvant au centre de la pièce, une jambe posée sur l'autre, il tenait un classeur qu'il ferma et balança sur la petite table basse avant de se repositionner.
Posant ainsi toute son attention sur moi.
Un petit lustre éclairait la pièce.
On resta un moment dans le silence le plus total, a nous fixer, avant qu'il ne se décide à le briser.
- Oui ?
Je soufflai lourdement avant de prendre la parole, c'est vrai que la situation m'exasperait mais fallait pas aussi que je le montre. S'excuser n'avait jamais été mon fort, du moins faire le premier pas. Mais là, il fallait que je le fasse. Après tout, c'est moi qui avais merdé, faut bien que j'assume.
- Écoute, ça ne m'enchante pas d'être là.
- Personne ne t'a obligé de venir, que je sache.
- Non mais c'est ridicule, Will ! Tu vas me faire la gueule pendant longtemps ? Sérieusement ?
- Je t'interdis de te plaindre parce que c'est toi qui l'as créé, cette situation.
- Je t'en prie oncle Will ! Il fallait que je le fasse ! Si je t'en avais parlé tu te serais opposer et on n'aurait pas su que Gustavo ne nous a jamais envoyé ce message !
- Quoi ?
- Oui. Tu m'as bien compris.
L'expression sur son visage avait changé. Il était passé de colérique à confus.
- Écoute, je suis désolée d'avoir brisé la promesse qu'on s'était faite mais il le fallait. J'ai énormément réfléchi, je te jure que j'ai vraiment hésité avant d'y aller. Pas parce que j'avais peur mais parce que je t'avais donné ma parole. J'ai pensé à te prévenir et je vais être franche avec toi, même si je te l'avais dit et que tu te serais opposer...sache que je l'aurais quand-même fait. Mais dans ce cas, les choses auraient été pires et tu le sais. Non ! Ne dis rien laisse-moi finir... S'il te plaît.
Je pouvais lire dans ses yeux qu'il était troublé, confus. Mais je crois que je l'étais encore plus. Ce n'est pas lui qui a été obligé de changer de mode de vie en quelques jours.
- Tu as raison de ne pas vouloir me laisser faire certaines choses, le contraire m'aurait étonner. Je suis ta nièce et c'est dans tes devoirs de veiller sur moi, t'es mon tuteur après tout, dis-je dans un rire jaune, Mais tu dois savoir que s'il devait m'arriver quelque chose, ta présence ne pourra rien changer. Pardonne-moi de ne pas avoir tenu ma parole. C'était risqué mais ça en valait la peine.
Il ne répliqua pas tout de suite, les yeux légèrement écarquillés, il m'observa silencieusement.
Il prit un moment avant de se ressaisir.
- T'as bien changé, ma petite.
Il souffla bruyamment avant de baisser les yeux, un air déçu sur le visage.
- T'as raison. Je ne peux pas te protéger du destin. Mais j'aurais quand-même voulu que tu m'en parles.
- Je sais. Je m'en excuse.
L'atmosphère avait changé.
J'étais frustrée et un peu enragée en entrant dans la pièce.
J'ai toujours détesté m'excuser, je ne le faisais que quand je tenais fortement à la personne et ça, c'était rare.
Même quand je savais que j'avais tort, m'excuser m'était difficile. On peut dire que ça dépendait de personne, mais peu importe qui, ça restait une dure épreuve.
Prendre sur moi et aller m'excuser m'avait rendu frustrée.
Mais maintenant que je l'avais fait, je me sentais quelque peu soulagée. Surtout parce que j'avais pu sortir cette phrase. Et qu'il m'avait compris.
- Plus le temps passe, plus tu ressembles à Anthony.
Toujours les yeux baissés, il eut un rire jaune qui secoua légèrement ses épaules avant de me fixer de ses billes argentées.
- C'est pathétique. Tu sais pourquoi ?
- Non. Je l'ignore.
- Eh bien, figure-toi qu'il a presque tout fait pour éviter ça. Mais j'ai la nette impression qu'il est entrain de perdre.
- Que veux-tu dire par là ?
- Oh ! Rien du tout, princesse. Mais j'espère juste que je me trompes. Et que tu ne comprendras jamais ce que j'ai voulu dire par là.
Troublée, je ne sus quoi répondre
Il s'approcha doucement et me prit dans ses bras. Je sentis son étreinte se resserrer avant de sentir quelque chose de chaud sur mon épaule. Il m'a juste fallu quelques secondes pour comprendre ce qui se passait. Et sans dire un mot, je répondis à son étreinte, le laissant se libérer dans le silence.
Il avait atteint ses limites.
Il avait essayé de rester fort et de garder son sang-froid depuis le début. Comme nous tous, il se battait pour rester positif.
Mais la fusillade d'hier est arrivée comme une boule de démolition et a tout ébranler sur son chemin.
°$°
VOUS LISEZ
Traquée(mafia)
Teen FictionRiley Lo'ran est une jeune fille de 17ans, née dans une famille de mafieux sans le savoir jusqu'au jour où, allée à une fête, elle s'est fait agresser et a faillit se faire enlever. Elle découvrira alors ses origines ainsi que le danger qui la guett...
