J'aimerais dormir, mais quelque chose m'en empêche. Quelque chose que je n'arrive pas à définir m'angoisse.
J'ai tourné des heures durant sous mes draps. J'ai tout essayé pour que le sommeil vienne à moi. J'ai mis un masque pour me plonger un peu plus dans l'obscurité, écouté des bandes-son censées m'aider à me détendre, fait des exercices de respiration. Rien n'y a fait. Mon esprit vagabonde sans jamais s'arrêter où que ce soit. Des spectres du passé ont surgi devant mes yeux puis ont disparu aussi vite qu'ils étaient venus. Je me suis assis, ai allumé ma lampe de chevet et suis resté ainsi, hébété, le regard dans le vide, de longues minutes.
Je suis fatigué, mais je ne peux pas dormir. Alors j'ai eu l'envie soudaine, irrésistible, incontrôlable d'écrire. Je me suis levé, aussi silencieux que mes fantômes, et me suis emparé de mon carnet, avide de le noircir. Je n'ai pourtant rien à dire ; mon esprit est embrumé et s'empêtre toujours dans un brouillard sombre. Une masse noire, opaque, froide et intense qui s'étend en moi et que je n'explique pas. Il me faut l'étouffer, l'enterrer. Écrire est mon exutoire. Écrire me permet également de te faire signe. J'ai besoin d'une présence pour occuper l'espace, et tu es la seule qui répondra à l'appel.
S'il le faut, nourris-toi de cette chose, mais débarrasse-m'en. Anesthésie-moi. Aide-moi. Reste à mon chevet jusqu'à ce que je m'endorme.
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A la Solitude
Short StoryAlors qu'elle vient d'emménager dans son tout nouvel appartement, Amaey découvre un petit carnet noir. Elle ne sait ni de quand il date ni ce qu'est devenu l'auteur. Tout ce qui est sûr, c'est qu'il avait énormément de chose à confier à la Solitude.
