La jeune femme savait que son oncle serait fier d'apprendre qu'elle avait obtenu son diplôme. Ainsi, elle se redressa, enfila des sous-vêtements propres, laissant tomber au sol sa serviette, puis elle sécha rapidement ses longs cheveux dorés, qu'elle ramena ensuite en une queue de cheval haute. Rapidement, elle appliqua une bonne couche de mascara sur ses cils avant de retourner dans sa chambre, presque en courant, où elle enfila énergiquement un vieux tee-shirt et un de ses shorts de pyjama. A présent, elle était impatiente d'annoncer la nouvelle à son oncle. La jeune femme sortit de sa suite, remarquant qu'elle était pied-nu, elle rebroussa chemin et emporta de gros chaussons en forme de lapin que lui avait offert Teddy, un des réceptionnistes du LONDON PALACE, de six ans son aîné. Alice lui avait parlé de la dissection d'un lapin qu'elle avait faite en cours de biologie, l'année précédente. Teddy avait été particulièrement écœuré par ce récit à tendance épique et les deux jeunes gens avaient beaucoup rigolé à ce sujet. Quelques semaines plus tard, le réceptionniste avait offert des chaussons en forme de lapin à la jeune fille pour lui rappeler cette après-midi.
Elle partit à la recherche de son oncle, en trottinant avec difficultés dans les couloirs puisque quelque chose la gênait dans le chausson qu'elle avait au pied gauche. Alice se moqua d'elle-même lorsqu'elle croisa son reflet dans un des nombreux miroirs du bâtiment. Elle avait une de ces allures... Mais peu lui importait, ce soir, elle avait l'hôtel tout entier pour elle et son oncle, ainsi que les membres du personnel avec qui elle fêterait l'obtention de son diplôme, pensait-t-elle. Continuant son chemin tout en boitant, elle aperçut, d'une des fenêtres du premier étage, la foule amassée devant le LONDON PALACE ; principalement de très jeunes filles. Elle entrouvrit timidement la fenêtre et des hurlements vinrent ébranler ses pauvres oreilles. Elle referma immédiatement la vitre tout en se posant des tas de questions. La jolie blonde ne comprenait pas. Elle se demandait ce que ces filles pouvaient bien faire ici ou même comment ces filles pouvaient déclencher un attroupement à la limite de l'émeute.
Soudain, le rire de son oncle Edward la sortit de ses pensées. Elle aurait reconnu cette mélodie grave entre mille. Celle-ci venait du hall de l'établissement, à quelques dizaines de mètres d'elle. Elle enleva son chausson pour l'examiner minutieusement, se dirigeant vers l'endroit d'où provenait le rire qu'elle avait entendu quelques secondes plus tôt. Toujours la tête dans son chausson en forme de lapin et descendant les marches de l'escalier central très lentement afin de ne pas tomber, la jeune fille s'exclama :
- Je rêve ou Monsieur Le Directeur à oublier qu'aujourd'hui c'était le jour des résultats de mes examens ? Tu as oublié, j'en suis sûre ! Mais ce n'est pas grave, je sais que tu as eu beaucoup de travail ces derniers temps. J'espérai qu'on pourrait passer la soirée ensemble pour fêter mon diplôme mais... ah oui, parce que je l'ai eu ! Oui, je sais, tu es content blablabla, fis la jeune fille toujours obnubilé par son chausson. Donc je disais : mais à voir ces filles enragées devant l'entrée, tu n'en as pas fini avec ton travail ! D'ailleurs qu'est-ce qu'elles font ici ? J'ai regardé le registre ce matin, et il n'y a aucune réservation ce mois-ci. Je ne comprends pas. Tu me l'aurais dit si... Ce n'est pas vrai, j'ai un truc dans mon chausson qui me fait mal, je n'arrive pas à l'enlever ! Tu regarderas pour moi après Ed ? Je sais que tu vas dire oui, donc merci ! Bref, reprenons : tu me l'aurais dit si tu attendais un client qui n'était pas inscrit ? Evidemment que tu me l'aurais dit, ce serait trop bête que j'accueille ta super star...
La jeune femme venait de relever la tête, elle faisait face à son oncle et trois grands garçons d'à peu près son âge. Tous les quatre la fixaient, attendant la suite de son monologue. La Terre semblait tourner à toute vitesse faisant perdre la raison à la jeune femme. Alice était profondément gênée, repensant à l'allure qu'elle avait et à toutes les bêtises qu'elle avait pu dire quelques secondes auparavant. Voyant son désarroi, l'oncle de la jeune blonde, très amusé, prit la parole :
- Tu disais ? Ce serait trop bête que tu accueilles ma super star... dans cette tenue ?
- Exactement, Ed... Dans cette tenue, répéta la jolie blonde aux yeux verts, partagée entre la gêne et le rire.
Après tout, ces trois garçons avaient à peu près son âge et n'avaient pas l'air bien méchant. De plus, la jeune femme avait pour habitude de se mettre dans des situations compromettantes et jusqu'ici le ridicule ne l'avait pas tué, bien au contraire. L'un des garçons, un blond aux yeux bleus, pouffa de rire sur cette remarque. Alice lui adressa un léger sourire avant de reprendre :
- Hum... Je suis vraiment désolée, en toute logique vous n'auriez jamais dû me voir. Donc je vais repartir par le même chemin et vous n'entendrez plus jamais parler de moi, c'est promit ! fit-elle en tournant les talons.
- Attend, lança un autre garçon. Pourquoi tu dis ça ? Pourquoi est–ce qu'on n'aurait jamais dû te voir ?
Le jeune homme était l'opposé du précédent. Celui-ci était bronzé, brun, le regard sombre et transperçant. Alice ne comprenait pas pourquoi il lui posait ces questions. « En quoi ça peut l'intéresser? » se demanda-t-elle intérieurement. Le troisième garçon, sûrement plus âgé que les autres, avait remarqué l'air perplexe de la jeune femme puisqu'il tenta de justifier son ami :
- Comprend le, ça fait un long moment que quelqu'un nous a dit un truc pareil ! Toutes les filles que nous croisons tueraient pour passer quelques heures avec nous alors que toi, tu veux seulement repartir d'où tu viens...
- Ne vous en faîte pas, elle n'a rien contre vous ! Ma nièce ne sait probablement pas qui vous êtes mais vous ne devez pas en être offensé, fit M. WALDON posant une main sur l'épaule de la jeune fille et attrapant son chausson avec l'autre. Elle ne suit pas tellement l'actualité des peoples. Elle a choisi de s'écarter de ce monde et de vivre « normalement », comme elle dit, finit l'homme sur un ton ironique.
- Tu ne sais pas qui nous sommes ? demanda le plus âgé, presque choqué, à la jolie blonde.
- Hum... trois garçons comme vous, ça ne me dit vraiment rien, fit Alice gênée
- On est cinq à la base, ajouta le blond en pouffant de rire à nouveau. Les autres arriveront plus tard. One direction, le groupe de musique, ça ne te dit rien ? reprit-il
- Tout ça ne m'intéresse plus vraiment, avoua la jeune fille. Des tas de célébrités défilent dans les couloirs de l'hôtel alors... Je pense que plus rien ne me parait assez insolite pour suivre ce qu'il se passe dans votre monde. Je suis désolée...
- Non, ne le soit pas, fit le métisse coupant Alice. Ça fait du bien de rencontrer quelqu'un qui ne nous connait pas en tant que membre d'un groupe de musique hyper connu, quelqu'un qui n'est pas fan.
- Eh bien, tant mieux ! Parce que ma chère Alice reste ici tout l'été et que vous êtes les seuls clients de l'hôtel pendant les deux prochains mois, ajouta M. WALDON
- Attend, fit la jolie blonde en chuchotant à son oncle. Ils restent tout l'été ? Enfin je veux dire, il n'y aura qu'eux ? Pas de stars pourrie-gâtée pour rabaisser Louise ou Teddy ? Pas de caprice a deux balles ?
- Enfin, Alice ! dit son oncle un peu gêné de cette remarque qui fit pourtant sourire les trois garçons. Oui, il n'y aura qu'eux. Maintenant, Teddy va vous mener à vos appartements, fit l'homme en s'adressant aux jeunes hommes tout en faisant signe au réceptionniste qui observait la scène de loin. Nous nous reverrons afin de faire une mise au point sur votre séjour mais avant je vais vous laisser vous installer, de toute façon, le groupe n'est pas au complet, finit-il en souriant.
Le réceptionniste récupéra les cartes magnétiques des suites mises à la disposition des garçons puis leur adressa un large sourire leur indiquant de le suivre. Passant près de la jeune fille, Teddy lâchant un « jolis chaussons » moqueur qui fit soupirer la jolie blonde. Mais c'était sans compter sur le blond des trois garçons qui, passant à son tour près d'Alice lui fit une accolade ce qui surprit la jeune fille puis il s'exclama avant de disparaître :
- Je m'appelle Niall. J'espère qu'on se reverra bientôt, Alice. Et félicitation pour ton diplôme !
Suivant l'exemple de son ami, le plus âgé se présenta à son tour mais en un éclair puisqu'il était déjà repartit aux côtés de son ami blond. Il s'appelait Louis et avait l'air assez blagueur à en croire les vannes qu'il lançait au jeune garçon. Ensuite ce fut Zayn qui se posta devant la jolie blonde. Il sourit timidement après lui avoir révélé son prénom. De toute évidence, il n'avait plus l'habitude de se présenter. Le jeune homme commença à détailler chaque centimètre du visage de la blonde qui, effroyablement gênée de son allure, enfouit son visage dans ses mains et rit nerveusement. Le métisse sourit avant de rejoindre les autres garçons. Ils disparurent du champ de vison de la jeune Alice, laissant la jolie blonde terriblement confuse mais tout de même légèrement amusé.
