Chapitre 5

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 Christophe ne prit aucunement le temps de réfléchir. Il dépassa son mentor en courant et s'engouffra dans le couloir suivant. Le proviseur, Mélodie et Clémence le suivirent, prêts à se défendre. Dans le couloir, deux cadavres gisaient, l'un avec un parapluie planté dans la tête et l'autre, le crâne épinglé sur un porte-manteau. Dans le bureau du comptable, une petite rouquine était perchée au sommet d'une étagère, mais le meuble, poussé et gratté par les deux morts restants, était sur le point de s'écrouler.

Christophe frappa aussitôt le plus proche, enfonçant la lame du katana dans sa tête. L'arme resta coincée. L'adolescent la lâcha et attrapa l'autre macchabée par les cheveux pour le frapper violemment contre le bureau. Cela ne suffit pas, et le proviseur se chargea de planter son propre katana dans le crâne de cette abomination. Enfin calmé, Christophe releva la tête et tendis les bras vers sa petite sœur. La rouquine n'hésita pas un instant et se jeta du meuble pour finir contre lui. Elle était blessée au niveau de la bouche et saignait abondement.

« Ils t'ont mordu ? Demanda Christophe, paniqué.

—Non. Murmura Alice d'une voix cassée. Juste griffée. A cause d'elle. »

Elle leva la main et désigna sa camarade. La brune fronça les sourcils et croisa les bras.

« J'ai rien à voir là-dedans ! Grogna Clémence. J'y peux rien si t'es une incapable !

—On allait se cacher dans la classe au bout du couloir. Expliqua Alice. Et elle m'a poussée à l'extérieur.

—Tu as fait ça ?! S'indigna Mélodie.

—Je voulais pas mourir. Marmonna Clémence sans aucune honte. Elle s'en est sortie, non ? Pas la peine d'en faire un plat. »

Christophe se redressa et approcha la fillette pour lui donner une gifle. Clémence sembla plus furieuse que surprise. Mais Mélodie la rappela à l'ordre en lui assurant qu'elle l'avait mérité. La blessure d'Alice était profonde et Christophe n'arrivait pas à stopper le saignement. Monsieur Aoufi remarqua alors une caisse rangée dans le meuble et en sorti un foulard.

« Tu sais à qui il appartient ? Demanda-t-il.

—C'est la caisse des objets perdus. Marmonna Alice. Alors non.

—Bon. Met le en boule et appuis le contre ta blessure. C'est pour empêcher le sang de couler. Chris, ta sœur a besoin de soins urgents. Mon... mon colocataire est infirmer à l'hôpital de Clermont-Ferrand mais c'est sa semaine de repos. J'espère qu'il est à la maison. J'habite dans les appartements de la rue des chênes, juste à côté. Ce n'est pas loin, on devrait pouvoir traverser sans mal. »

Christophe acquiesça en silence. Il voulait juste sauver sa sœur. Le proviseur retourna dans le couloir et repéra la sortie de secours. Il leur fit signe de le suivre. Par chance, la sortie était dégagée. Elle donnait sur la rue, justement vers la direction qu'ils devaient prendre. Mélodie garda deux coupe-papier en mains, tandis que Christophe et monsieur Aoufi levaient leurs katanas. Le proviseur ouvrait la marche, Mélodie juste derrière lui, suivie des deux fillettes, et enfin, le rouquin couvrait leurs arrières. Aussi discrètement que possible, ils se glissèrent le long du bâtiment vers la rue voisine.

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