Chapitre 8

18 5 1
                                        


 Nicolas vérifia que toutes les fenêtres étaient bien fermées, pendant que sa mère calmait sa fille de un an qui semblait ressentir le stress de son entourage.

« Mel et Clem sont à l'école. Marmonna le rouquin en vérifiant la solidité de la porte d'entrée. On ne peut pas les laisser. Je vais aller les chercher !

—Il est hors-de-questions que je te laisse y aller seul ! Gronda Andrée. Tu as vu ce qu'ils ont fait à madame Bernard ?

—Ils viennent de casser le portail ! Paniqua soudain Laurent. On doit partir d'ici ! Je prends la petite et je file à la gare. C'est trop tard pour les filles ! »

Il s'apprêtait à arracher l'enfant des bras de sa mère, mais Nicolas s'interposa.

« Tu ne prends personne ! Gronda le rouquin. Et on n'abandonne personne non plus ! On va chercher les filles ! »

Il attrapa la main de sa mère et se précipita vers la porte arrière, Laurent derrière eux. Il n'y avait pas de ces étranges personnes dans le jardin. Ils s'acharnaient contre la porte d'entrée. Andrée attrapa un draps, sec, qui était encore accroché au fil à linge, et l'enroula autour d'elle de manière à maintenir sa fille, tout en ordonnant à Oréo de rester près d'elle. Nicolas entra dans la remise et récupéra un vieux fusil ayant appartenu à son grand-père, ainsi que quelques munitions. Laurent voulu s'en saisir, mais il l'en empêcha.

« C'est à moi que grand-père l'a légué. Lança le jeune homme. Et j'ai pris des cours de tirs. Il est hors de questions que tu y touche ! »

Il ne laissa pas le plus vieux répondre et se saisit également de deux pinces coupantes. Il en tendit une à Laurent, et se dirigea aussitôt vers le grillage du voisin. En passant par les jardins, ils devraient pouvoir facilement atteindre le bout de la rue. De là, ils n'avaient plus qu'à traverser le centre-ville pour enfin arriver aux écoles. Nicolas commença à couper le grillage. Pour créer une ouverture et faire passer sa mère. Laurent ne bougea pas d'un pouce pour l'aider. En revanche, il passa devant Andrée. Le plus jeune avait juste envie de le frapper. Ils avaient une dizaines de maisons à passer pour atteindre la dernière. Ils pouvaient apercevoir par moment les morts qui déambulaient dans la rue. La sirène de police se fit entendre au loin.

« On dirait qu'ils sont vers les écoles. Remarqua Nicolas en coupant un énième grillage.

—Vous voyez, c'est trop tard ! Répliqua Laurent. On change de direction et on va à la gare !

—Sérieux, maman, tu lui trouvais quoi quand tu t'es mariée ?

—Je me demande encore... marmonna Andrée en berçant sa fille. »

Laurent allait dire autre chose, mais le grognement du chien le fit taire.

Alors qu'ils atteignaient le dernier grillage, donnant sur la rue, le chien se mit à aboyer. Quelques uns des cadavres ambulants se dirigèrent aussitôt vers eux. Nicolas n'avait pas encore utiliser la pince et fit taire le molosse avant de lever son fusil. Il était en train d'ajuster sa position pour viser juste lorsqu'un hurlement retentit dans le centre-ville. Une habitante était en train de se faire dépecer vivante. Bien qu'ils ne soient qu'à quelques mètres d'eux, les morts firent aussitôt demi-tour pour se diriger vers le cri. Le rouquin baissa son arme, surpris.

« Qu'est-ce que tu fais ?! Gronda Laurent. Tire, bon sang !

—Non, attends... »

Nicolas observa un instant ces personnes marcher comme des ivrognes, et donna quelques coups de pieds bruyants dans le grillage. Ceci les attira inexorablement.

« Nico, qu'est-ce que tu fais ? S'exclama Andrée.

—Regarde. »

Il se baissa pour ramasser une pierre, visa, et la lança de toutes ses forces vers une calèche. Celle-ci possédait des vitres, dont une qui se brisa lorsque la pierre s'y fracassa. Les morts changèrent à nouveau de direction dès qu'ils entendirent ce bruit.

« Ils se repèrent au son. Murmura Nicolas. Ce serait une erreur de tirer. Il faut qu'on reste silencieux. Clem et Mel sont intelligentes, elles vont certainement le comprendre aussi et se mettre à l'abris. »

Désormais sûr que ses sœurs avaient survécus, il se pencha et entreprit de couper le dernier grillage. Andrée s'occupa de garder la petite calme, lui racontant qu'ils jouaient au roi du silence. Une fois l'ouverture faite, Nicolas attrapa le collier du chien pour s'assurer que celui-ci ne se mette pas à courir après les morts, tout en l'incitant à rester silencieux. Une fois assurés qu'ils allaient faire un minimum de bruit, le petit groupe s'avança dans la rue. Ils se stoppèrent presque aussitôt lorsque le cadavre de la boulangère, qui gisait à un mètre d'eux, se mit à bouger et à ramper. Ses jambes avaient été rongées jusqu'à l'os et son buste largement ouvert. Elle ne pouvait pas se lever, mais avançait en se servant de ses mains. Andrée plaqua discrètement sa main sur sa bouche pour retenir un haut-le-cœur. Nicolas leur fit quelques signes pour faire comprendre son intention. Il ne servait à rien de rester sur les trottoirs, il n'y aurait aucun véhicule de toute façon. Ils allaient simplement traverser la place du marché, droit devant. En face, à environs deux-cent mètres d'eux, ils pouvaient vaguement voir la rue où se trouvaient le lycée et l'école primaire. Le rouquin donna le signal et ils s'élancèrent doucement, sans un bruit. Le chien lançait de petits grognement, mais son jeune maître le réprimandait immédiatement, à voix basse. A leur plus grand soulagement, il n'y eut aucune encombre et ils atteignirent l'autre côté, sain et sauf. Il leur avait juste fallut s'arrêter plusieurs fois, pour être sûr de ne pas faire de bruit. En arrivant à leur destination, Andrée failli pousser en cri en voyant le nombre de morts présents dans la rue. Par les fenêtres, il était possible de voir qu'il y en avait à l'intérieur de l'école primaire et du lycée.

« Bon, c'est fichu. Marmonna Laurent. On s'en va maintenant.

—Ferme-la et regarde ! »

Nicolas pointa du doigt un cadavre au sol, qui ne bougeait plus. Sa tête était perforée. Quelqu'un s'était défendu, et de manière efficace. Ils s'avancèrent dans cette direction et virent alors d'autres mort définitivement immobiles plus loin. A ce moment, une sirène de pompier résonna jusqu'à eux.

« Ça viens de là-bas. Chuchota Andrée en pointant une rue voisine. Il y a encore des personnes vivantes ! »

Nicolas acquiesça et ils avancèrent dans cette direction. A quelques mètres de leur nouvelle destination, le rouquin remarqua une chaussure d'enfant sur la route. Il fit un léger détour pour voir de plus près. Une basket à l'effigie d'un célèbre film de science-fiction. C'était celle de Clémence. Il la ramassa, soudain plus inquiet et chercha aux alentours. Il voyait bien des enfants infectés par cet étrange virus, mais pas sa sœur. Peut-être avait-elle pu fuir ? Il repris la direction de la rue voisine.

Ils arrivaient aux pieds des HLM, juste au moment où le camion de pompier redémarrait. Nicolas eu à peine le temps de voir le conducteur, puisque le véhicule partait dans la direction opposée, mais il était certain d'avoir reconnu un des camarades de Mélodie.

« Je crois savoir où ils vont. Murmura t-il en gardant un œil sur la horde. Le type qui conduisait, c'est le fil du véto, j'en suis sûr.

—A mon avis, ils quittent la ville. Grogna Laurent.

—Tout le monde n'est pas comme toi à abandonner les autres. Je suis sûr qu'il est parti chercher son père. Il y avait plusieurs personnes dans la cabine, peut-être que les filles sont avec lui. »

Andrée acquiesça simplement en silence, essayant de ne pas regarder l'homme actuellement dévoré par la horde. Elle attrapa la main de son fils et le laissa guider leurs pas vers la rue de leur vétérinaire.

Apocalypse AngelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant