Chapitre 23

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Le soleil s'était levé mais Samuel avait prit soin de fermer les rideaux pour ne pas laisser entrer ses rayons. Les enfants, Ange et Christophe étaient les seuls encore endormi au rez-de-chaussée. Les ronflements de Laurent s'entendaient vaguement depuis l'étage.

Fayyad et Gaby étaient toujours sur le porche. Serge et Emma les avaient rejoins. Dans la cuisine, Andrée avait trouver tout ce dont elle avait besoin, mit en place le réchaud et commencé à cuisiner un gâteau à la poêle. Prenant ce qu'elle trouvait, il serait donc à la banane et au chocolat. Samuel avait fouillé tout les placards, et avait réussi à trouver quelques vieilles bougies d'anniversaire déjà entamée.

Aujourd'hui, Christophe avait dix-huit ans. Fayyad avait insisté. Il entrait à l'age adulte et vu la situation dans laquelle ils se trouvaient, c'était peut-être la dernière occasion de fêter quelque chose... et peut-être le dernier anniversaire du jeune homme. Les morts étaient partout et ils risquaient leurs vies. Il fallait profiter des petites choses. Les autres avaient volontiers suivis l'idée. Samuel avait justement emmener avec lui le cadeau prévu pour son fils. Une simple paire de chaussures que le rouquin lorgnait sur internet depuis des mois, sans savoir que son père l'avait commandée et cachée dans son armoire en attendant le jour J. Quand à la petite Alice, elle avait utiliser ses petites économies pour un t-shirt à l'effigie d'un film de fantaisie que son frère adorait.

Ils avaient réussi à rester assez discrets pour ne pas réveiller l'adolescent, mais il ouvrit les yeux en sentant une petite pression sur sa joue. Ange s'était réveillé et approché de lui, semblant intrigué par son visage. Il avait passé sa main sur la joue du rouquin.

« Hey, salut. Marmonna Christophe à demi endormi. Qu'est-ce que tu fais ? »

Il se redressa en baillant et se frotta la tête. Ange le regardait toujours. Il releva la main pour toucher à nouveau son visage et sembla vouloir retirer une tâche en frottant légèrement. L'adolescent avait du mal à se dire que Ange était plus âgé que lui. Le tissus de la camisole n'était pas très agréable, il l'incita à arrêter.

« Quoi ? Demanda t-il. Qu'est-ce qui t'intrigue ? »

Il regarda un peu autour de lui et repéra un miroir sur un mur. Il se leva pour se regarder dedans et compris. Il sourit et retourna s'asseoir à côté de l'albinos.

« Ce sont des taches de rousseurs. Affirma le jeune homme. Ça ne partira pas. Un peu comme tes grains de beautés. »

Il posa son doigt sur l'épaule gauche d'Ange où se trouvait une petite tâche brune. Il en avait aussi sur le visage, mais il ne pourrait pas les voir. Christophe remarqua alors qu'il ne restait presque plus personne dans la pièce et entendit du bruit dans la cuisine. Il se demanda pourquoi personne ne les avaient réveillés alors que l'horloge sur le mur indiquait déjà neuf heures. Il se leva pour vérifier que tout allait bien mais Denise lui bloqua la route dans le couloir. En entendant les pas, elle était venu voir qui était réveille. Ange avait suivit Christophe et offrit un sourire radieux à la psychiatre.

« Vous avez bien dormi tout les deux ? Demanda la vieille femme.

—Oui, merci, répondit le rouquin. Mais pourquoi personne ne nous a réveiller ?

—On allait justement le faire. Tu peux t'occuper des autres ?

—Bien sûr. »

Christophe fit demi-tour pour retourner au salon et simplement ouvrir les rideaux. Clémence grogna aussitôt en insultant le jeune homme alors que Mélodie et Alice se réveillaient plus tranquillement. La blonde disputa sa sœur avant de s'occuper de Victoria, alors que tout les autres les rejoignaient. Andrée portait un plat dans lequel elle avait posé le gâteau. Christophe ouvrit de grand yeux en se souvenant enfin du jour.

« Vous n'aviez pas à faire ça. Marmonna le jeune homme.

—Profitons des petites choses tant que c'est possible. Assura Fayyad. On ne sait pas ce qu'il se passera dans les prochains jours. Souffle les bougies, espérons que tout s'arrange avec ton vœux. »

Christophe se permit un rire et s'approcha. Il n'y avait que quatre bougies, mais ils n'en avaient pas trouver plus. Ce n'était pas bien grave. L'intention était là. Il les éteignit toutes d'un coup.

Le gâteau préparé par Andrée était vraiment bon et elle prit très à coeur les compliments de Christophe à ce sujet.

Il apprécia bien sûr les présents de son père et sa sœur. Les chaussures tombaient à pic, puisque celles qu'il portait s'étaient abîmées dans leurs combat répétés.

« Elles vont sûrement vite devenir rouges. S'excusa Christophe. C'est dommage, mais bon. »

Il les enfila immédiatement. Puisqu'ils allaient devoir marcher longtemps, il valait mieux qu'il n'ait pas mal aux pieds. Contre toute attente, Fayyad s'approcha à son tour, alors que Laurent descendait enfin de l'étage.

« En fouillant la maison hier j'ai trouver quelque chose qui devrait te plaire. Expliqua le marocain en fouillant dans sa poche. En tout cas, je l'espère. »

Il lui présenta un collier. Une petite chaîne en argent coupée à l'endroit du pendentif par un squelette de tyrannosaure. Christophe le prit avec des étoiles dans les yeux, faisant sourire Fayyad d'un rictus amusé. Il aimait vraiment les dinosaures.

Après un déjeuné parfaitement préparé par le jeune homme désormais adulte, ils rangèrent leurs affaires pour repartir. Ils avaient trouvés deux sacs supplémentaires dans la maison et emportaient donc le peu de vivres supplémentaires qu'ils avaient trouvés.

La route promettait d'être longue et malheureusement, ils se trouvèrent obligés à changer de direction plus d'une fois. Après trois mois à déambuler, ils n'avaient presque pas avancer et se trouvaient toujours sur les alentours du centre de la France. Ils avaient réussi à trouver plus de vivres mais pas d'autres survivants ou de véhicules adéquat. Les voitures étaient trop petites, abîmées ou ne pouvaient pas être démarrées. Alice avait proposer un bus mais ils craignaient de ne pas pouvoir se déplacer facilement s'ils tombaient sur des hordes. Ils avaient également été surpris par de forts orages d'été. Le temps se faisait cependant plus doux avec l'arrivée de l'automne, mais plus souvent pluvieux également. Ce n'était pas le mieux pour voyager.

La première fois qu'ils avaient été confrontés à la pluie, ils avaient pu trouver un abris rapidement, mais Ange était si étonné, qu'ils n'étaient pas rentrés immédiatement. L'albinos sembla adorer la pluie à partir de ce moment et essayait de rester dehors lorsque le temps était mauvais. Il ne semblait même pas effrayé par le tonnerre et admirait les éclairs.

Ils avaient emmener le livre des mots avec eux et s'en servait régulièrement pour aider le jeune homme, mais aussi la petite Victoria. Ange avait énormément de difficultés à s'améliorer. Ils avaient trouvé des lunettes qui n'étaient pas totalement adaptées à sa vue, et continuaient de chercher. Cependant, Ange ne les mettait que lorsqu'il essayait d'apprendre à lire. Il ne semblait pas vouloir voir le monde tel qu'il était, et encore moins les mort-vivants. Samuel prenait soin de l'albinos comme il prenait soin de ses propres enfants. Il essayait même parfois de lui montrer des choses amusantes. Ils avaient plusieurs fois trouver refuse dans des magasins et même un supermarché. Ange s'intéressait à tout. Il était curieux. Il regardait toujours Christophe cuisiner, écoutait Nicolas chanter. Il regardait chaque objet et essayait de suivre chaque animal qu'ils croisaient. Il adorait se rouler contre les chiens pour dormir, surtout lorsqu'il faisait froid. Mais plus la chaleur disparaissait, plus il se rendit compte que se blottir dans une couverture, contre un des adultes -le plus souvent Denise, Rani, Samuel ou Fayyad- le réchauffait bien plus. Et de toute façon, les chiens venaient souvent les rejoindre aussi.

Sa curiosité causait cependant bien des soucis au groupe. Lorsqu'il s'approchait des rayons de jardinerie ou de bricolages dans les magasins où ils s'arrêtaient. Lorsqu'il sortait la nuit pour observer les étoiles qui semblaient le fasciner. Lorsqu'il voulait suivre un oiseau, un papillon ou un chat et que les autres devaient alors se hâter de l'en empêcher et se débarrasser des cadavres ambulants vers lesquels ils se dirigeait sans s'en rendre compte. C'était comme surveiller un enfant. Mais il apprenait. Doucement, mais sûrement. Ils réussiraient à lui faire comprendre les dangers qui l'entouraient.

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⏰ Dernière mise à jour : Apr 17, 2021 ⏰

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