Chapitre 7

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« Venez ! Vite ! »

Christophe repoussa le cadavre désormais immobile et se releva avec l'aide du proviseur. Il put voir son père, un arc à la main, juste devant la porte en verre de son cabinet. Sans aucune hésitation, ils se précipitèrent dans sa direction, non sans tuer quelques morts au passage. Le vétérinaire les fit entrer, avant de fermer vivement la porte à clé.

« Ça ne va pas céder ? Demanda Fayyad en regardant les grandes baies vitrées.

—Non. Répliqua le père de famille. Après le cambriolage, j'ai fait installer des vitres renfoncées. Il faudrait un char pour les briser. »

Le proviseur souffla, soulagé. Christophe et Alice se jetèrent dans les bras de leur père. Le vétérinaire remarqua aussitôt la blessure de sa fille et emmena tout le monde dans une des salles où il prépara le matériel de suture.

« Vous avez déjà fait ça sur un humain ? Demanda Fayyad.

—Oui. Répondit l'homme en attachant ses cheveux. J'ai recousu le bras de Christophe quand il était plus jeune, après qu'il soit tombé en vélo. Vous êtes ?

—Fayyad Aoufi. Je suis le directeur de l'école.

—Oh, oui. Il me semblait bien que je vous avais déjà aperçu quelque part. Moi c'est Samuel.

—Vous êtes un très bon tireur. Où vous avez appris à manier un arc ?

—J'ai fait partie d'un club presque toute mon enfance. Tir à l'arc, escalade, équitation, tous ces genres de trucs. Et depuis qu'on s'est installé ici, je me suis inscrit à une compétition. Je n'aurais pas l'occasion de concourir, on dirait. Ne bouge pas, Alice. Il se passe quoi exactement dehors ? La voisine a essayé de me bouffer.

—On ne sait pas vraiment. On dirait un genre de parasite. Nous avons vu une espèce de vers dans leur tête.

—On ne serait pas là sans Fayyad. Assura Christophe. Il nous a sauvé la vie.

—Je suis sûr que tu te serais parfaitement débrouillé sans mon aide. Tu as parfaitement bien gérer la conduite tout à l'heure. »

Samuel jeta un œil par la fenêtre, vers le camion encastré dans la maison d'en face, et esquissa un sourire amusé. Il termina les points de sutures de sa fille et invita tout le groupe à monter.

« Vous êtes tous couverts de sang. Expliqua-t-il. Une bonne douche vous fera du bien. Je vais vous prêter des vêtements propres. Alice passera quelque chose à cette demoiselle et...

—Je peux bien porter des vêtements de garçons. Assura Mélodie.

—Ça ne sera pas la peine. J'ai gardé quelques vêtements de ma femme. Elle faisait à peu près ta taille. »

L'adolescente acquiesça. Elle n'aurait pas fait la fine bouche, même si elle n'aimait pas vraiment ce que Christophe avait l'habitude de porter.

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Peu avant l'attaque des morts, au 3, avenue Jeanne d'Arc, un homme se présenta au portail. Il était grand et portait un costard, les cheveux légèrement grisonnants, coupés proprement. Il était sur le point d'ouvrir la grille sans même sonner avant, quand un énorme dogue Allemand noir et blanc, se jeta contre celle-ci en aboyant. L'homme jura. Il ne s'attendait pas à voir une telle bête dans ce jardin.

« Oréo, au pied. »

Le chien fit aussitôt demi-tour et rejoignit la femme blonde qui l'avait appelé. Toute en rondeurs, avec un visage empreint d'une douceur naturelle, elle se redressa pour voir son invité.

Apocalypse AngelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant