Nicolas et Fayyad se plaquèrent silencieusement contre la porte, prêt à l'ouvrir. Le proviseur fit un signe au plus jeune pour qu'il se tienne prêt. Au son, il semblait n'y en avoir que quelques-uns. Peut-être quatre ou cinq. Mais d'autres pouvaient se tenir plus loin. Assez pour ne pas être entendus.
Après un signe de tête rapide en guise de communication, Fayyad ouvrit rapidement la porte, et ils se précipitèrent à l'extérieur. Fayyad planta presque aussitôt sa lame dans la tête d'un mort, tandis que le plus jeune fit quelques pas avant d'en atteindre un. Nicolas en plaqua un deuxième au sol en lui plantant son couteau dans la tête et ne put éviter la griffe d'un autre qui le toucha au visage. Il retint un cri de douleur et s'en débarrassa rapidement. Fayyad le rejoignit pour l'aider à tuer les deux derniers.
« Ça va ? S'inquiéta le marocain. Bon sang, il ne t'as pas loupé...
—Ça va, ne t'inquiète pas. Grogna Nicolas en s'essuyant le visage. Je n'en vois pas d'autres, on devrait fermer le portail pour la nuit. »
Fayyad acquiesça et ils bloquèrent ainsi l'entrée dans la cour de l'asile. En se retournant, ils purent voir Laurent et Clémence sortir de l'ARAVIS.
« Hey ! Appela le proviseur. Où est Alice ?
—Où est Victoria ?! Gronda aussitôt le rouquin.
—J'étais sûr qu'elles étaient montées derrière nous. Assura Laurent de manière parfaitement détachée, en haussant les épaules. »
Nicolas se jeta sur l'architecte, furieux. Il l'attrapa par le col et le plaqua contre le véhicule blindé.
« Tu avais un truc à faire ! Hurla-t-il. Un seul ! Surveiller les enfants ! Victoria est ta fille et t'en a rien à carrer qu'elle se soit fait bouffée ?! Tout ce qui compte pour toi, c'est ta propre vie ! Je vais partir chercher ma sœur et tu viens avec moi ! Ça me fera un appât pour les morts ! »
Laurent allait répliquer, lorsque le bruit de la porte de la caravane attira leurs regards. Alice en sorti, tenant fermement la petite Victoria dans ses bras.
« Oh... bah, elles sont encore en vie. Grimaça Clémence.
—Vous avez fermé la voiture derrière vous ! Accusa alors la rouquine. Vous aviez largement le temps de nous ouvrir quand j'ai frappé contre la portière !
—Parle autrement, petite peste. Gronda Laurent. On ne manque pas de respect à un adulte. Tu es en vie, alors je ne vois pas le problème. »
Nicolas leva son poing, mais ce fut celui de Fayyad qui s'abattit sur le visage de l'architecte, l'envoyant à terre.
« Elles ont failli mourir, à cause de toi ! Gronda le marocain. Et tu oses lui demander du respect ?! Tu es un pervers narcissique, égoïste et arrogant ! Je comprends mieux pourquoi Andrée t'as quitté. Et toi, Clémence, tu ne vaux pas mieux que lui ! »
Il ne les laissa pas répondre et se tourna vers Alice. Nicolas reprenais sa petite sœur en remerciant la rouquine de lui avoir sauvé la vie. Il expliqua à la fillette ce qu'il s'était passé à l'intérieur, tout en sachant que Clémence et Laurent écoutaient aussi. Il récupéra donc, avec son aide, les sacs de couchages qu'ils avaient emmenés. Pour être prêts à partir au moindre problème, il avait jugé que s'installer dans le hall serait une bonne idée. Il faisait chaud de toute façon. Mais il valait mieux éviter qu'ils se séparent. Et de toutes façon, qui pourrait avoir envie de dormir dans des chambres d'hôpital psychiatrique ?
Comme prévu, tous les autres attendaient dans le hall après l'exploration de l'endroit. Alexandre et Andrée n'avait vu aucun morts dans les étages. Samuel et Christophe s'étaient occupés de ceux en salles d'isolement, mais n'en avaient pas croisé d'autres. La bonne nouvelle de l'adolescent fut d'annoncer que tout le matériel de cuisine fonctionnait. Il allait pouvoir y cuisiner, et ils pouvaient récupérer pas mal de nourriture. Fayyad abandonna l'idée de dormir dans le hall. Pour éviter des allers-retours inutile au jeune homme, il valait mieux s'installer dans le réfectoire, qui faisait à peu près la taille du hall. Et au moins, ils allaient manger sur des tables.
Alice observa curieusement l'albinos. Elle avait vu beaucoup d'animaux en étant atteint, mais jamais d'humains. Clémence, pour sa part, se fit réprimandé pour s'être moquée de lui, en assurant qu'il était tombé dans un bassin de javel. Fayyad fit cependant remarquer que Denise et Rani avaient habillé le jeune homme avec une autre camisole, propre.
« Vous n'aviez rien d'autre ? Grimaça-t-il. Ou bien c'est un fou dangereux qu'il faut pouvoir immobiliser ?
—Nous n'avons rien d'autre à sa taille. Affirma l'infirmière. Déjà que même les camisoles sont trop grandes... »
Le marocain lui fit un simple signe de tête pour assurer qu'il comprenait, tandis qu'ils installaient le camp de fortune, après avoir poussé quelques tables. Pour pallier au manque de sacs de couchages, ils avaient récupérer des draps et couvertures de l'hôpital pour rendre l'installation sur le sol plus confortable.
Ils avaient emporté pas mal de conserves, et l'hôpital psychiatrique avait tout son stock de nourriture, ce qui rendit la préparation du repas facile pour Christophe. Ils s'installèrent donc, prêt à écouter Denise, mais Andrée l'interrompit avant même qu'elle ne commence. Laurent voulait allumer une cigarette. Son ex-femme lui rappela que Clémence et Victoria étaient toutes les deux dangereusement asthmatiques.
« Je ne te demande pas de sortir vu ce qu'il y a dehors. Gronda la femme. Mais change au moins de pièce.
—Ouais, et s'ils ont mal regardé, je me fais bouffer. Je ne bougerais pas d'ici. Toi, tu n'as qu'à les emmener dehors. »
Fayyad et Samuel se levèrent dans un même geste avec la ferme intention de confisquer les cigarettes, avec certainement quelques coups au passage, quand le briquet de Laurent s'éjecta soudain de sa main pour aller se planter dans le faux plafond. Tout le monde garda la tête en l'air, les yeux fixés sur l'objet, sans comprendre.
Ce fut en entendant Denise se racler la gorge qu'ils se tournèrent enfin vers elle.
« Soixante-cinq ne supporte pas la cigarette. Lança-t-elle simplement. Ça lui rappelle de mauvais souvenirs.
—Attends, Denise. Marmonna Rani. C'est lui qui as fait ça ? »
La vieille femme caressait les cheveux blancs, comme pour rassurer son jeune patient qui jetait des regards méfiants à l'architecte. Elle se contenta d'acquiescer en silence. Fayyad et Samuel se rassirent, attendant une explication, toujours surpris.
« Je ne sais pas quand, ni comment c'est arrivé. Souffla Denise après un moment. Mais un jour, il avait tout juste onze ans et aucun garde n'étaient avec nous, il en a profité pour me le montrer. Il a fait bouger des objets sur mon bureau, sans les toucher. J'ignore comment il fait ça mais, je n'ai rien dit à personne. Je me doutais bien qu'ils lui feraient encore plus de mal s'ils savaient.
—Qui lui faisait du mal ? Coupa Samuel en fronçant les sourcils. Et puis... onze ans ? Il était déjà ici à cet âge ? Et il s'appelle Soixante-cinq ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ici, bordel ?! »
La vieille femme soupira, et s'écarta de son protéger pour défaire les sangles dans son dos. Celle-ci détachées, elle défi juste un peu la camisole. Le corps maigre et sous-alimenté du jeune albinos était marqué de nombreuses blessures. Des bleus, mais aussi des plaies, certaines encore ouvertes, d'autres à l'état de vieilles cicatrices. Il s'y trouvait aussi des morsures, des brûlures, des griffures. D'autres étaient plus difficiles à identifier mais leur forme laissaient penser à des coups de ceintures. Cependant, le pire de tout, étaient les petites brûlures circulaires un peu partout sur sa peau. Elles avaient clairement été causées en écrasant une cigarette directement sur lui. Le groupe n'eût pas besoin d'en voir plus. Avec les cicatrices visibles sur son visage et même quelques unes sur ses pieds nus, ils se doutaient, bien évidemment, que son corps entier, en était recouvert.
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Apocalypse Angel
TerrorLe monde entier est au seuil d'une nouvelle ère, lorsqu'un étrange mal décime la population à une vitesse alarmante. Mais cela ne s'arrête pas à un simple massacre, puisque les morts infectés reviennent à la vie, dotés d'une agressivité terrifiante...
