Chapitre 22

18 4 0
                                        


Une petite tombe fut creusée dans le terrain de la ferme, pour y déposer le bébé. Fayyad remarqua bien qu'en tant que parents, Samuel et Andrée avaient été particulièrement affectés par la découverte de ce pauvre petit, et il décida de passer la nuit dans cette maison. Ils avaient besoin de repos.

Tout le monde s'affaira à installer les sac de couchages dans le salon. Fayyad avait proposer à serge, car il était le plus âgé, de dormir sur le canapé, mais le fermier céda sa place à Denise. Laurent commença à faire un scandale, prétextant des douleurs dans le dos, de la fatigue, se plaignant qu'ils aient dû marcher si longtemps, et assurant que c'était lui qui devrait prendre le divan. Finalement, Samuel lui colla son poing dans la figure, avant de l'envoyer dans la chambre à l'étage. Au moins, personne ne serait dérangé par ses ronflements.

Le vétérinaire sorti ensuite prendre l'air sur le porche pour se calmer. Andrée le rejoignit.

« Je suis désolé. Souffla la femme. Il a toujours été comme ça.

—Tu veux dire, arrogant, égoïste et égocentrique ? Marmonna Samuel. Ça ne m'étonne même pas. Je me demande juste comment une femme comme toi a pu se retrouver mariée à un tel connard.

—J'étais naïve. Mes parents étaient des chrétiens très croyants... un peu trop croyants. Et ils m'ont élevée pour que je devienne la parfaite petite épouse soumise. Moi je rêvais de prince charmant et d'une grande famille. J'étais facile à manipuler.

—Tu as été entourée d'ordures toute ta vie ma parole...

—Je ne m'en suis rendue compte que trop tard. Enfin, j'ai bien essayer de rendre mes parents furieux une fois. Tu sais, ils refusaient que je côtoie le moindre garçon. Rien que se tenir la main était scandaleux. Quand j'avais quinze ans, j'ai sécher les cours avec mon petit-ami. Je n'ai pas besoin de te faire un dessin. Le problème, c'est que je ne pensais pas tomber enceinte aussi facilement. Quand j'ai rencontrer Laurent, il s'est montré charmant même au point d'adopter Nicolas.

—Et le vrai père ?

—Il s'est vite sauvé. Premièrement parce qu'il ne voulait pas assumer. Deuxièmement parce que mon père lui aurait sûrement planté une fourche dans l'entrejambe. Ça ne m'empêchera jamais d'aimer mon fils de tout mon coeur. Laurent en revanche...

—Oui, c'est bon. Ça, j'ai compris.

—Et toi ? Tu n'as jamais eu de problèmes avec tes parents ?

—Non. Je n'ai pas connu mon père mais je m'entendais bien avec le nouveau mari de ma mère. La seule chose c'était qu'on ne restait jamais au même endroit. Ils aimaient voyager. C'était des genre de hippies, tu vois. Mais ils étaient très responsables. Si ça leur arrivait de fumer des choses pas très légales, ils me mettaient quand même en garde contre. Je passais de très bon moments avec eux. Ils ont eu un accident quand Christophe était petit, pendant qu'ils voyageaient en Australie.

—Désolée.

—Je les aimait. Mais ils étaient très casse-cou. Je m'étonne même qu'ils n'aient pas eu d'accident mortel avant. »

Samuel offrit un sourire amusé à Andrée.

« La première fois que mon père a voulu m'apprendre le tir à l'arc, reprit-il. Il était complètement défoncé. Il a fini avec une flèche dans la jambe car il avait trouvé intelligent de se mettre sur la trajectoire, pour m'obliger à l'éviter. J'avais cinq ans.

—Hm... pas très malin.

—C'est quand même grâce à lui que je sais tirer. C'est une affaire de famille, tu sais. Mon père était archer, comme mon grand-père, mon arrière-grand-père, et ainsi de suite. Grand-père blaguait toujours en prétendant que Robin des bois en personne était notre ancêtre. Mais comme on ne sais même pas s'il a existé, personne ne peut le confirmer. »

Apocalypse AngelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant