Chapitre 14

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Le groupe se précipita à l'intérieur. Fort heureusement, il n'y avait aucun mort dans le bâtiment. Pas au rez-de-chaussée en tout cas. Gaufre et Oréo étaient avec eux. Samuel n'avait aucune envie de voir les chiens blessés, mais ils pouvaient permettre de faire diversion facilement.

Fayyad prit la direction du petit groupe et les guida à l'étage. Il se remémora l'emplacement de la fenêtre où la femme les avaient interpellés, et se dirigea vers le couloir gauche. Il ne leur fallut que quelques pas pour voir trois morts tenter de passer une porte. Ils devaient être là depuis un moment puisque le panneau de bois semblait bien abîmer. Les deux chiens se mirent à aboyer pour attirer l'attention et, bien sûr, les trois cadavres s'écartèrent aussitôt de leur précédente cible pour marcher maladroitement dans leur direction. Samuel put largement s'en occuper seul. Ils étaient si lents qu'il aurait eu le temps de tirer une dizaines de flèches avant qu'ils ne les atteignent.

Le marocain s'avança alors aussitôt vers la porte.

« Madame ? Appela-t-il. Vous allez bien ? »

Le bruit d'un meuble lourd glissant sur le sol lui répondit et la porte, désormais libre de tout soutient, s'écroula aussitôt le bureau décalé. La femme était essoufflée d'avoir déplacé le meuble de chêne massif, les larmes aux yeux, de peur, qui coulaient sur les rides de ses joues. Elle haletait si fort que de la buée se formait sur ses lunettes. Son chignon était défait, témoin du temps qu'elle avait passé à paniquer dans cette pièce.

« Merci mon dieu. Souffla-t-elle. J'ai cru que j'allais mourir ici.

—Pas de faim. Fit remarquer Nicolas en remarquant quelques emballages dans la pièce.

—C'est le bureau du directeur. Il avait toujours de quoi boire et manger. Et heureusement.

—Vous savez ce qu'il s'est passé ici ?

—Non. Je suis seulement la psychiatre de l'établissement, Denise Leroy... je vous en prie, laissez-moi vérifier les salles d'isolement ! Si un seul de mes patients s'y trouve, il peut avoir survécu, mais il doit être vraiment déshydraté ! Ça va presque faire trois jours ! »

Fayyad acquiesça. Le bâtiment semblait relativement vide. Ils restèrent sur leurs gardes, mais suivirent la vieille femme au rez-de-chaussée, vers l'aile ouest de l'asile.

En arrivant dans le couloir, il y avait du sang en grande quantité sur les murs et le sol, accompagnés par des morceaux de corps, qu'il s'agisse d'un bras ou d'un intestin. Certaines salles d'isolement étaient ouvertes. Denise se dirigea vers une porte close pour jeter un œil par la lucarne et un mort se jeta aussitôt contre. Elle se recula immédiatement, choquée. C'était un de ses patients. Un brave homme malheureusement atteint d'un trouble de la personnalité multiple et qui pourtant essayait tout ce qu'il pouvait pour se guérir lorsqu'il arrivait à penser correctement.

« Au moins pas de problèmes avec celui-là. Marmonna Samuel.

—Tu compte le laisser là ? S'indigna son fils.

—C'est mieux que de lui donner l'occasion de nous bouffer, non ?

—Et si tu te retrouvais dans cet état, tu voudrais qu'on te laisse comme ça, papa ? »

Le vétérinaire se tue. Christophe n'avait pas tort. Personne ne voudrait voir son corps utilisé comme une marionnette. Il se tourna vers Denise pour lui demander les clés, mais la femme avait déjà parcouru le couloir presqu'entièrement. Elle arriva devant une des dernières portes, sur laquelle elle se précipita sans hésitation. Aucun n'eût le temps de l'arrêter avant qu'elle n'ouvre. Le groupe se précipita aussitôt vers l'entrée de la cellule pour s'assurer qu'elle n'était pas en danger.

Apocalypse AngelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant