Chapitre 6

17 5 0
                                        


 « Mon père, il est vétérinaire. Il a tout ce qu'il faut pour des points de suture. »

Les deux adultes se tournèrent vers Christophe.

« Il y a un véto en ville ? S'étonna Fayyad.

—Si tu t'intéressais plus aux nouvelles tu le saurais. Accusa Jules. Il me semble que le cabinet a été cambriolé il y a environ six mois. C'était dans le journal.

—Exacte. Affirma le rouquin. Vous connaissez l'adresse, monsieur Aoufi.

—Arrêtes avec les « Monsieur » et les « vous ». Gronda le marocain. Il n'y a plus d'école. Ce sera « Fayyad » pour tout le monde. Quinze rue Jacques Chirac, c'est ça ? L'avenue pavillonnaire. On la voit d'ici. »

Il désigna la fenêtre et Christophe s'en approcha. Il pouvait vaguement apercevoir sa propre maison. Il la montra au directeur et alors qu'ils s'apprêtaient à décider de la manière dont ils allaient éloigner les morts, une puissante sirène retentit.

Depuis la fenêtre, ils virent tout un rassemblement de pompiers et de policier arriver, à bord de voitures à essence parfaitement normales. Ils avaient sûrement été appelés en urgence depuis la ville la plus proche, mais ils ne savaient pas à quoi ils avaient réellement affaire.

« Ils vont tous se faire tuer ! Gronda Fayyad en les voyant descendre de leurs véhicules. »

Il fit rapidement coulisser la fenêtre et se précipita sur le balcon. Une véritable horde de cadavres se dirigeait déjà sur les nouveaux arrivants. Quelques policiers avaient commencé à tirer, mais ils ne touchaient que le corps.

« La tête ! Leur cria Fayyad. Visez la tête ! »

Les forces de l'ordre semblèrent surprises de voir des survivants, perchés sur un balcon. Mais il était bien trop tard. Ils étaient encerclés. Le petit groupe ne put qu'assister, impuissant, à la mise à mort des gardiens de la paix et des combattants du feu. Certains essayèrent de s'enfuir, ou de retourner dans leurs véhicules, mais sans succès. Ils finirent tous par être éventrés, déchiquetés et dévorés vivants.

Jules sauta sur l'occasion. La route était dégagée, ils pouvaient courir jusqu'à leur voiture et aller vers le cabinet vétérinaire. Fayyad secoua la tête. Il pointa son doigt vers le parking de l'immeuble qui était précisément l'endroit où se trouvait une grosse majorité de la horde.

« On les attire ailleurs et on prend le camion. Lança soudain Christophe. Comme ça s'ils bloquent la route, on pourra foncer dans le tas. Attendez, vous avez quelque chose qui casse ? Un vase, des assiettes ? »

Les deux adultes présentèrent leur vaisselier à Christophe. Casser quelques plats étaient bien le dernier de leurs soucis. Le rouquin attrapa une grosse marmite en fonte et retourna sur le balcon. Il souleva l'objet au-dessus de sa tête et la lança de toutes ses forces, aussi loin que possible du camion de pompier. La marmite produisit un bruit sourd en touchant le sol, et une partie des morts se dirigea vers elle. Mélodie rejoignit son ami avec quelques assiettes qu'elle lança à son tour.

« C'était celles de ma mère. Marmonna Jules en les imitant.

—Je ne les ai jamais aimées. Avoua Fayyad qui semblait bien s'amuser. »

Après quelques lancés, les cadavres s'étaient éloignés de leurs récentes proies. Fayyad distribua des katanas à tout le monde. Mais alors qu'ils se dirigeaient vers la porte, Jules fit soudain demi-tour. Il se précipita dans la chambre et mit un moment avant de revenir.

« Froussard. Accusa Clémence à voix basse.

—Pas du tout. Répliqua calmement l'asiatique. Je ne peux juste pas abandonner Negan ici. »

Apocalypse AngelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant