Le groupe était parti de l'asile dès que tout le monde fut prêt. Ils avaient dû y prendre une ambulance, par manque de place dans l'ARAVIS et la caravane. Ils ne savaient pas combien de personnes ils allaient trouver là-bas.
Ils avaient eu du mal à faire avancer Ange, une fois celui-ci dehors. Le pauvre garçon était, à la fois terrifié par l'inconnu, et fasciné par le ciel encore sombre, et les étoiles, qu'il voyait pour la première fois. Denise et Rani s'étaient installées avec lui à l'arrière de l'ambulance, le laissant regarder par la fenêtre avec l'émerveillement d'un enfant. Fayyad était au volant, Christophe à l'avant avec lui. Samuel conduisait le blindé et ouvrait la voie.
Ils n'eurent pas de mal à traverser Triomphe. Le centre-ville, qui avait été bombardé, était jonché de cadavres. Certains bougeaient encore, mais leur corps n'était plus vraiment utilisable. Samuel n'hésita pas à rouler sur quelques têtes pour s'assurer la mort des parasites. Le reste du chemin, sur les routes de campagne, fut plutôt tranquille. La plupart des gens s'étaient enfuis par le train. Ils croisèrent quelques voitures à l'arrêt, certaines accidentées. Samuel prit tout de même le risque de ralentir pour voir s'il y avait d'autres survivants, mais soit le véhicule était complètement vide, soit il contenait un ou plusieurs morts-vivants.
Il était près de huit heure du matin lorsqu'ils atteignirent Clermont-Ferrand. Bien sûr, la ville était complètement envahie. Il y avait des charognes partout. Sur les routes, les trottoirs, certains étaient coincés dans des voitures. Le moteur du véhicule blindé les attira immédiatement. Samuel grimaça et écrasa la pédale d'accélération. Les corps déjà bien abîmés se fracassèrent sur le capot de l'ARAVIS, dans des gerbes de sang. Il pouvait ainsi libérer la voie pour l'ambulance derrière-lui. Son pare-brise se couvrait de rouge, et les essuie-glace n'aidaient que peu.
Secoué par la vitesse, Nicolas, sur le siège passager, tentait de guider le vétérinaire grâce à une carte routière, son portable étant hors-service. Il avait eu un peu de mal à repérer l'emplacement exacte, et le gymnase n'était pas indiqué. Nicolas connaissait cependant le nom de la rue où il se trouvait.
« À droite ! S'écria soudain le musicien. »
Samuel grogna et tourna vivement le volant. Tout le monde, dans le blindé et la caravane, fut très secoué. Nicolas pointa le bâtiment qu'ils cherchait, sur leur droite. Plusieurs morts déambulaient autour. L'un d'entre eux portaient un uniforme de général militaire. Il peinait à marcher, l'une de ses jambes étant sévèrement rongée.
Samuel fit signe à Alexandre, à l'arrière de la voiture. Le militaire se redressa et sorti par la trappe de la tourelle. Il observa un instant les alentour, voyant le nombre alarmant de morts qui se pressaient vers les deux véhicules. Il récupéra l'extincteur que lui tendait Laurent, et le lança de toutes ses forces aussi loin que possible d'eux. Sa chute sur le sol bétonné provoqua un bruit sourd, mais seul une partie des cadavres fut attirée. Tout était prévu. Alexandre récupéra son pistolet, y posa un suppresseur pour réduire le bruit du tir, visa et tira sur l'objet avec une précision suffisante pour le percer. Le son produit ressembla presque à une détonation. La substance à l'intérieur s'expulsa avec force par cette ouverture, projetant le contenant encore plus loin. Cette fois-ci, la totalité des macchabées se détourna des véhicules silencieux pour se diriger vers ce nouveau point d'intérêt.
Le plus discrètement possible alors, le groupe se glissa hors des voitures. Ils fermèrent les portes en douceur, et marchèrent en silence vers le gymnase. Denise était restée dans l'ambulance, veillant sur Ange et Victoria.
Ils arrivèrent aux portes du bâtiment, qu'ils ouvrirent prudemment. À l'intérieur se trouvait environ six morts-vivants. Rien d'insurmontable. Fayyad et Samuel firent signe, d'un même geste, aux autres, qu'ils s'en occupaient. Le vétérinaire se tourna vers ceux à sa droite et tira une première flèche. Pendant que le marocain dégainait deux katanas pour s'attaquer furtivement aux hôtes à sa gauche. À eux deux, les cadavres furent rapidement neutralisés.
Gardant leurs armes en main, au cas où d'autres surgiraient, ils se dirigèrent donc vers les vestiaires. Quelques voix murmurées leur parvenait de derrière une porte. Fayyad s'en approcha et frappa dessus.
« Tout le monde va bien ici ? Appela-t-il. Nous sommes venu vous aider. »
Quelques bruits leur répondirent et la porte s'ouvrit. Il n'y avait que trois personnes, à l'intérieur. Un vieil homme ridé, aux cheveux complètements gris, une jeune nonne à la peau basanée et un adolescent gothique. Il se trouvait également là un chien. Un shiba inu portant un collier à piques avec des motifs gothiques. Il resta tranquille malgré la présence d'Oréo et Gaufre.
Le vieillard s'avança en premier.
« Quel soulagement ! Souffla-t-il. Le général nous a dit que les secours arrivaient. Alors, vous avez un hélicoptère, quelque chose comme ça ?
—Non. Marmonna Fayyad. Je suis désolé, nous ne sommes que des survivants, exactement comme vous. Nous avons juste un peu d'expérience, c'est tout. »
L'homme fit la moue, déçu. Samuel prit à son tour la parole pour présenter chaque membre du groupe. Le vieillard fit ensuite de même. Il s'appelait Serge Poyet, il était fermier. Le jeune gothique était son petit-fils, bien que l'adolescent grimaça à cette appellation. Il s'appelait Gabriel Shun, du nom de famille de son père et n'avais que quinze ans. Le chien, Tom, lui appartenait. Il ne connaissais cependant pas la femme qui se présenta elle-même. Elle s'appelait Emma Leprince et avait emménagée à peine quelques jours avant cette apocalypse.
Fayyad leur expliqua rapidement la situation, ainsi que ce qu'ils savaient du vermis. Il ne fit qu'un résumer cependant, expliquant que d'autres les attendaient dans un véhicule à l'extérieur et qu'ils devaient partir. Les trois nouveaux survivants ne se firent pas prier.
Cependant, dans la salle principale du gymnase, Gabriel s'arrêta devant un des cadavres désormais inerte. C'était sa mère, la fille de Serge. Le vieil homme ne chercha pas à le consoler et se contenta de grogner en le pressant. Ce fut Fayyad qui lui donna une tape amicale dans le dos. L'adolescent lui offrit un sourire reconnaissant et les suivit.
Les infectés étaient toujours occupés plus loin, là où l'extincteur les avaient attirés. Cela permit au groupe de retourner aux véhicule sans avoir le moindre problème. La destination n'était pas difficile. Paris. Bien que ça ne soit pas la meilleure idée en ces temps, de se rendre en ville, c'était à Paris qu'ils allaient trouver un laboratoire possédant tout le matériel d'analyses dont Rani avait besoin.
Ils roulaient depuis environ trois heures et il était presque midi. Fayyad avait laissé le volant de l'ambulance à Rani et s'était installé à l'arrière avec Ange, Christophe, Denise, Andrée, Victoria et Gabriel. Le jeune gothique avait refuser de monter dans le même véhicule que son grand-père. L'ancien proviseur l'observa un temps, avant de finalement prendre la parole :
« Tu n'as pas l'air de t'entendre avec ton grand-père.
—...on n'a pas vraiment les mêmes idées lui et moi. Pour être honnête, je ne m'entendais pas forcément avec mes parents non plus. Mais je doute que ça intéresse des étrangers. Vous allez sûrement me balancer hors du camion.
—C'est parfois plus facile de parler avec des inconnus. Et nous ne tuons personne. »
L'adolescent soupira. Il ne semblait pas vouloir parler. Fayyad haussa les épaules. Il n'allait certainement pas le forcer. Ce pauvre gamin avait l'air à bout de nerf. Chose normal dans la situation actuelle. Mais cela ne semblait pas en rapport avec les morts-vivants.
Tout le monde fut soudainement secoué, à tel point qu'Ange tomba sur le sol du véhicule. Denise et Fayyad se précipitèrent dans un même geste pour l'aider à se relever. Rani s'excusa depuis l'avant. L'ARAVIS, devant eux, avait heurté un mort sur lequel elle avait donc roulé.
« On est où actuellement ? Demanda Fayyad.
—Le dernier panneau que j'ai aperçu indiquait Adriers.
—Quoi ?! S'exclama Denise. Mais... ils ne vont pas du tout dans la bonne direction ! C'est à l'Ouest ! Je suis née à Persac, juste à côté. Fais leur des appel de phares, ils doivent absolument s'arrêter quelque part ! »
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Apocalypse Angel
HorrorLe monde entier est au seuil d'une nouvelle ère, lorsqu'un étrange mal décime la population à une vitesse alarmante. Mais cela ne s'arrête pas à un simple massacre, puisque les morts infectés reviennent à la vie, dotés d'une agressivité terrifiante...
