15 jours.
Le silence régnait dans la tour où des fanatiques du crime et de l'horreur retenaient des hommes, des femmes et des enfants prisonniers. Des jeunes gens innocents, qui ne demandaient qu'à être libérés pour enfin se permettre de vivre.
Hermione, allongée à coté de l'arrogant Drago Malefoy, regardait fixement les barreaux en acier qui les empêchaient de regoûter au bonheur surpuissant qu'était la liberté.
Ils étaient là, impuissants, à voir les jours défiler et leur chance de vivre s'estomper. Elle croyait que tout était terminé, que Voldemort avait bel et bien gagné, qu'ils n'avaient plus aucune chance de sortir de ce bourbier.
Drago se tourna légèrement vers la lionne, le sourire aux lèvres.
Peut-être qu'ils allaient mourir ici.
Demain. Dans une semaine. Un mois.
Mais, si il y a bien une chose que l'héritier Malefoy détestait, c'était vivre, ou en l'occurrence mourir dans le déni, les remords et les regrets.
Hermione se releva, aidée par la force de ses coudes, remarquant alors que le blond souriait niaisement, ses pupilles d'argent perdus dans le néant.
- Tu te fiches de moi, Drago ?demanda-t-elle, suspicieuse.
- Pas le moins du monde, miss Granger.
- Alors... pourquoi souris-tu ?
Drago vint à son tour se relever et il colla doucement son front à celui de la jeune femme, sans prendre la peine de répondre.
Sans piper mot, les deux comparses restaient ainsi installés, profitant du souffle de l'autre qui heurtait leur visage de plein fouet, laissant monter la pression dans la pièce et augmenter la chaleur accumulée dans leur bas-ventre.
Drago n'avait pas envie de parler.
Il était trop faible pour s'exprimer et raconter les maux de son coeur à une femme d'exception telle qu'Hermione Granger.
Il posa sans prévenir ses lèvres sur celles de la lionne avec une tendresse et une détermination déconcertante, peu commune aux habitudes du serpent.
La douceur avec laquelle il l'enlaçait détonnait avec son hostilité et sa dangerosité naturelle.
Néanmoins, Hermione appréciait ce retournement de situation : elle découvrait un nouveau Drago, un homme dont elle ne connaissait pas encore l'existence.
Le serpent, lui, était en proie à une préoccupation toute autre.
Était-il amoureux de la grande Hermione Jean Granger ?
Il n'en avait pas la moindre idée. Il s'était toujours interdit de ressentir un quelconque sentiment amoureux, comme une prohibition nécessaire à sa rédemption.
Pourtant, les centaines de milliers de papillons qui s'emballaient dans son estomac lui prouvaient que les barrières qu'il s'imposait à une époque étaient révolues, désormais.
Soudain, un gigantesque vacarme retentit, déchirant le silence pesant de la tour.
En proie à un violent sursaut, Hermione et Drago se séparèrent et se collèrent chacun à une extrémité de leur cellule.
- C'était quoi ça ? Hurla Drago à l'intention d'Hermione.
Hermione n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que les deux acolytes furent projetés en arrière.
Un léger cliquetis résonna et ils virent les portes en barreaux d'acier de leur cellule s'ouvrir mécaniquement, mais personne ne se présenta à eux.
De grands cris se firent entendre dans la prison, avant qu'Hermione et Drago ne devinent une horde d'Hommes courir comme des dératés, cherchant à tout prix une sortie.
Drago considérait la jeune femme : elle tenait fébrilement un bout de parchemin entre ses longs doigts, son corps semblait épuisé.
Elle ne pourrait pas s'enfuir seule.
- Attrape mes mains.
La lionne s'exécuta, en prenant soin de protéger le morceau de papier entre ses doigts. Elle se retrouva en moins de temps qu'il ne faut pour le dire dans les bras du blond, comme une princesse portée par son prince, imitant ainsi l'héroïne de ses rêves d'enfance.
Ils ne devaient pas rester en ce lieu, au risque de ne jamais plus avoir l'occasion de s'en tirer.
Drago courait avec un groupe de détenus, aussi vite qu'il le put pour la mettre à l'abris.
L'âme de Drago avait péri il y a de cela trop longtemps, mais celle d'Hermione n'avait pas encore été engloutie en sa totalité par les méandres de l'horreur.
Elle avait une chance et il la saisirait pour elle. Il ne laisserait rien ni personne l'empêcher de recouvrer le bonheur.
Drago marchait lentement dans les rues désertes de cette ville fantôme dont ils ne connaissaient pas le nom, hanté par une angoisse nouvelle : et si ils avaient été conduits hors de l'Angleterre ?
Il pouvait se trouver n'importe où, à l'heure actuelle.
Hermione tira subitement sur la manche du garçon, en un couinement de douleur.
- Ça va ? Quelque chose te dérange ?
- Je ne sais pas combien de temps je pourrais encore tenir. Je te ralentis.. pars sans moi.
-Jamais, Declara Drago. Sans toi, la quête et le monde s'effondre. Sans toi, je m'effondre.
Elle soupira lourdement, consciente que Drago n'était pas du genre à laisser tomber. C'était un homme de parole, un homme d'honneur, un homme de confiance.
Drago était prêt à marcher des kilomètres, portant la lionne à bout de bras pour s'assurer de sa santé mais aussi de sa sécurité.
Il devait trouver un médecin.
La survie du monde en dépendait.
Hermione Granger était la clef de la vie, et la porte de la mort.
Elle seule avait le pouvoir de tous nous condamner, ou de tous nous sauver.
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𝟑𝟎 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬'𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞𝐫
Fanfictiondramione : Harry est mort. voldemort a gagné. Tous les traîtres sont traqués, emprisonnés, torturés et exécutés. Malgré sa fuite, Hermione Granger tendra la main à Drago Malefoy. Ils se lanceront dans une bataille sans merci contre les forces du mal...
