Chapitre 9

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12 jours.

Deux âmes solitaires livrées à errer dans les limbes de Londres. 

Drago et Hermione priait Merlin aussi fort qu'ils le pouvaient. Ils gardaient toujours espoir : un miracle pouvait peut-être encore les sortir de cette atroce situation. 

12 jours. Voilà ce que le sablier annonçait. Dans 12 jours, le sort de l'humanité sera scellé.

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le parchemin n'avait fait que renforcer leur terrible sentiment d'abandon. Ni Drago ni Hermione ne réussirent à déchiffrer l'énigme qui se cachait derrière la phrase du trouble-fête :

Enfin sortie de prison Granger ?      

De plus en plus impressionnante, dites moi,

Passons, là n'est pas la question.

Voici ton prochain indice :

Je suis là où ton cœur a battu pour la toute première fois.

Les tensions n'unissaient pas les deux fugitifs. Ils marchaient depuis des heures dans un macabre silence. L'ombre de l'échec planait au dessus d'eux, sans pour autant pouvoir changer le cours des choses. Ils marcheraient jusqu'à n'en plus pouvoir. Ils marcheraient jusqu'à avoir trouvé une solution.

- Arrête-toi, Drago. Tu te fais du mal inutilement.

Seulement, le blond ne souhaitait plus écouter Hermione. Il l'avait suivi, traversant le Royaume-Uni dans l'unique but d'assurer les arrières d'une lionne intrépide, sans même réfléchir aux conséquences de leurs actes. Peut-être que Narcissa serait encore de ce monde si Drago ne s'était pas engagé dans cette ridicule course contre la montre. Peut-être que lui et son père aurait régné sur un morceau de territoire du nouvel empire de Voldemort. Peut-être qu'ils auraient été heureux, lui et la belle Astoria Greengrass. Sauf que tout ceci n'était qu'affabulations. Drago avait, depuis son plus jeune âge, développé une haine profonde envers lui-même. Il fut éduqué dans un monde où la pureté du sang avait son importance, un monde où l'échelle sociale avait son importance. Il imitait sans cesse les agissements de son père et pourtant, il le détestait. beaucoup. Passionnément. Du plus profond de son âme.

Pendant des années durant, il avait pris un sadique plaisir à rabaisser, à tenter de détruire l'intelligente Hermione Granger. Evidemment, elle semblait offensée par ses piques, mais à la longue, Hermione semblait s'en ficher éperdument. Tout ceci avait le don d'énerver Drago, de le mettre hors de lui. Alors, il rabattait sa colère sur Pansy Parkinson, qui acceptait, sans jamais se rebeller. Il avait envie de la remercier pour ça, pour sa compréhension, sa patience, et son empathie. 

- Par pitié Drago, regarde-moi ! 

Hermione hurlait après le fugitif. Elle hurlait pour qu'il l'écoute. Elle hurlait pour que quelqu'un l'entende. Elle hurlait pour qu'il se retourne. Elle avait mal aux pieds, mal aux jambes, mal au crâne et surtout, elle avait un terrible mal à l'âme. Pourquoi il ne répondait pas ? Pourquoi était-il si distant ? Pourquoi s'en prenait-il à elle ? Pourquoi tous ce qu'ils entreprenaient tournait au carnage ?

La grande stature longiligne du blond arrêta soudain sa course. Il se tourna, le visage fermé, détruit par la fatigue, et il posa ses deux pupilles métalliques sur la lionne. Elle s'était écroulée par terre, abattue par leur effroyable mission. Il s'approcha à pas de loup, et il s'agenouilla à ses côtés.

- Ne pleure pas. Il ne reste presque plus d'eau dans les gourdes.

Hermione essuya brusquement les quelques larmes qui perlaient sur sa joue tout en éclatant d'un petit rire amusé.

𝟑𝟎 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬'𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞𝐫Où les histoires vivent. Découvrez maintenant