J'ai toujours été proche de ma mère. Aussi loin que je me souvienne, j'étais son petit bébé. Je lui racontais tout le contraire de mon grand frère. J'adore tout autant mon père mais je me confie moins. Je parle de truc de fille avec ma mère, elle me comprend. Enfin je le pensais.
Ma mère, d'aussi loin que je me le rappelais, a toujours été là pour moi. Mais, comme toutes les histoires heureuses, certaines ont des complications. Elle ne comprenait pas mon mal être, faire le deuil de ma grand mère était compliqué, des amitiés qui se brisent, l'adolescence en bonne et due forme.
Les crises ont commencé à cet instant précis. On se déchirait autant qu'on s'aimait. On s'aimait tellement fort qu'on voulait le meilleur pour l'autre. J'aimerais avoir une relation comme ça avec ma fille plus tard. On traversait l'ombre, la tempête et l'orage pour retrouver ce que l'autre désirait. J'ai toujours pu me confier à mes parents, mon enfance a été géniale.
Cependant, le manque de confiance dont elle me faisait preuve me brisait, le fait qu'elle allait répéter à tout le monde mes états d'âmes me soulevait le cœur. Ce lien par moment, j'ai l'impression qu'il est faux. Comme si on s'efforçait de jouer un rôle, moi à la fille parfaite et elle, à la mère fière.
Pour ce qui est de mon père, c'est quitte ou double. Un jour il est de mon côté à me défendre corps et âme mais de l'autre, il hoche la tête à tout ce que ma mère dit.
Mais le pire était à venir, lorsque j'ai pris la décision de me séparer d'Evan, elle ne l'a pas bien reçu. Pas du tout. Elle l'adorait, grand bien lui fasse, mais ne connaissait pas un dixième de mon histoire avec lui ni son comportement. Bien sûr, il savait comment se faire aimer, surtout de mes parents. Le gendre parfait que tout beaux-parents rêveraient pour leur petite fille. Mais il m'a berné moi aussi. Alors quand j'ai mis un terme à notre relation, la nouvelle n'a pas été bien prise.
Dit comme ça, elle ne paraît pas très cool, pourtant, elle est tout de même géniale. Mais pourquoi alors j'ai ce poids dans la poitrine qui me compresse tant ? Si je suis incapable d'amour pourquoi alors je ferai n'importe quoi pour elle, pourquoi alors je veux tant qu'elle soit heureuse et la rendre fière ? Jamais rien n'est assez bien pour elle.
Je comprendrais sûrement avec le temps, quand moi-même je serais maman que ce rôle n'est pas des plus simple. Vouloir être fière, crier lorsque les mots s'imposent, rire, pleurer, je ne le comprendrais que bien plus tard. C'est un rôle merveilleux et dangereux à la fois.
Je l'aime et la déteste à la fois. Ça pousse à la folie. Malheureusement, elle qui ne veut que mon bien, risque de m'envoyer dans les limbes. Car il n'y a pas d'autre explication au fait qu'Evan m'ai retrouvé. Excepté qu'elle lui a donné l'adresse en le poussant à me reconquérir. C'est ironique non ? Ma mère qui m'a donné la vie, risque probablement de me la reprendre.
Je sors de ma chambre les membres tremblants, je passe devant le salon mais Callie m'intercepte. Il faut que je me calme, que j'agisse normalement sinon elle comprendra tout de suite que quelque chose ne vas pas.
— Où vas-tu comme ça, jeune fille ? Viens donc goûter mes cookies.
Elle a de la pâte plein les cheveux et pendant qu'elle me parle, lèche la spatule. Cette situation m'aurait arraché un petit rire en temps normal mais là, rien ne sort.
— Je vais faire un petit tour, je reviens dans quelques minutes !
J'ai peut-être mis trop d'enthousiasme. Mince. Callie me regarde et fronce les sourcils.
— Tu es sûr que tu vas bien Léo ? me demande-t-elle.
— Bien sûr, peux-tu juste me rendre un service s'il te plaît ? Appelle les garçons pour voir comment ils vont, j'ai un mauvais pressentiment.
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Boldness
RomanceLeonor Davis, dix neuf ans, change radicalement de vie et part étudier à Aspen. Intrépide et timide, elle essayera de trouver sa place au près de ses nouveaux amis lors d'une virée pendant les vacances de ski dans un chalet. James Coleman a vin...
