Je navigue dans la solitude depuis ma dispute avec James. Je ne peux pas me permettre de m'attacher à lui, je trimballe suffisamment de casseroles comme cela. Je suis dans ma chambre lorsque je me décide à sortir pour aller déjeuner. Je commence à descendre les marches lorsque lui les remontent. Je me stoppe alors.
— Salut, lui dis-je gauchement.
Il hoche la tête, me contourne et part s'enfermer dans sa chambre à son tour. Bravo Léo. J'ai tout gâché. J'espérais qu'on pourrait au moins être amis, mais apparemment c'est lui qui a décidé de m'éviter maintenant. Et je ne le blâme pas.
Je continue mon chemin et tombe sur Jake et Callie devant la télé. Celle-ci tourne la tête et me sourit.
— Comment va ma guerrière ? Je t'ai préparé plein de plats que tu aimes, même ces espèces de cookies dont tu raffoles à la maison ce que je ne comprends pas pourquoi d'ailleurs grimace-t-elle.
Je souris, touchée de sa démarche et part m'attabler pour grignoter un peu. Ces espèces de cookies comme elle dit, sont fourrées avec plein de gâteaux différents, des M&M's, toutes sortes de chocolats et toutes les choses sucrées inimaginables. Miam. Ils ont la décence de ne pas parler de l'humeur massacrante de James ni de mon air de chien battu, ce que je leur remercie intérieurement.
En les voyant affalés sur le canapé comme un vieux couple, je décide de partir m'aérer la tête.
Luke devrait arriver dans la soirée, je me languis de le voir. Il me manque cet imbécile. Toujours à nous parler de ces histoires d'amour foireuses avec des garçons sur des sites de rencontres. Je me demande ce qu'il va nous trouver cette fois, sûrement un surfeur refoulé pourri gâté ou encore un punk avec plus de piercing au visage qu'une passoire. Je souris à cette idée.
Je prends un bus sans aucune direction précise et m'élance dans Vail. Au détour d'un quartier, je crois reconnaître une silhouette que je n'ai pas vu depuis des années.
Je descends alors du bus et regarde dans cette direction. Cependant, il n'y a personne. Je souffle et me traite mentalement de folle. Je bousille mes relations et maintenant je vois des choses, super.
La silhouette menue d'une femme d'une quarantaine d'année ressemblait étrangement à ma tante Mona. En beaucoup plus maigre, cependant ses cheveux roux en pétard sont reconnaissables et puis elle habite à seulement quelques kilomètres d'ici. Une nostalgie me prend en pensant à elle mais surtout à oncle Dean. J'ai toujours aimé Mona mais avec Dean, c'était différent. Pourtant nous ne partageons aucun lien de sang entre lui et moi. Il a joué le rôle d'un second père, toujours à m'épauler. Je me rappelle nos longues balades dans les montagnes, on faisait griller des marshmallows au coin du feu pendant nos week-end au camping.
Je sais que Dean n'avait pas d'enfant, seulement deux neveux qu'il ne voyait presque jamais car il ne s'entendait pas avec son frère. J'aurais aimé qu'il puisse arranger les choses avec son lui et mieux connaître ses neveux. Malheureusement, il n'en aura jamais l'occasion. Il m'a toujours dit que j'étais comme la fille qu'il n'a jamais eue. Mona et lui ont essayé pendant des années d'avoir des enfants mais ils n'étaient pas compatibles. Quand je vois la situation actuelle, je me dis que c'était le destin.
Ma tante doit probablement croupir dans des dortoirs miteux à la recherche de sa prochaine dose, ou se fourrer dans des pétrins pas possible.
Je soupire à cette pensée. Je constate que ça fait déjà plusieurs heures que je suis partie et décide de rentrer à la maison.
En passant la porte, Callie descend des marches habillées d'une petite robe léopard très provocante. Mais très jolie.
— Ou est-ce que tu vas comme ça ? Lui demandais-je.
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Boldness
Любовные романыLeonor Davis, dix neuf ans, change radicalement de vie et part étudier à Aspen. Intrépide et timide, elle essayera de trouver sa place au près de ses nouveaux amis lors d'une virée pendant les vacances de ski dans un chalet. James Coleman a vin...
