Chapitre 28 : l'étoile filante

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   Certains moments font partie des moments clés de nos vies. On se rappellera toujours avec exactitude les détails, le temps qui semble ralentir à tel point qu'on verrait de la poussière dans l'air.

   C'est exactement ce que je ressens lorsque le corps de Billy s'écrase sur moi. Je me dégage dans un état second, mes vêtements tachés de sang. De son sang.

   Je le retourne et tente de faire pression sur la plaie qu'à causé la balle. Le tireur doit être parti, les garçons ont dû être alerté par le coup de feu.

   — Non non non non, dis-je frénétiquement en repoussant le sang qui s'accumule sous mes doigts.

   Du sang s'écoule aussi de sa bouche et de son nez.

   — Je ne te laisserais pas mourir tu m'entends ?

   Il tousse fortement.

   — Petite..

   Je ne l'écoute pas et déchire un bout de tee-shirt pour tenter.. je ne sais pas ! De faire pression sur la plaie.

   — Ma gamine.. trouve Jailyn.

    Je continue mais je sens les larmes sur mes joues qui roulent malgré moi.

   Il enlève mes mains de la plaie et secoue la tête.

    — Tu le trouveras toi-même d'accord ? Tu lui diras à quel point tu l'aimes.

   Ma voix se brise à la fin de ma phrase.

   — C'est fini pour moi ma puce. Mais ça ne l'est pas pour toi. Laisse moi m'en aller.

   Je refuse et renifle en essayant de le dissuader.

   — Hé Léo. La vie est un jeu, ma partie s'arrête ici.

   — Tu m'as sauvé la vie ce soir.

  Il me regarde dans les yeux et je vois dans les siens ce que je ne voulais pas voir. De la rédemption. De l'acceptation.

   Je comprends alors que moi non plus je n'ai pas le choix.

   J'attrape sa main et le plus délicatement possible lui dit :

   — Je ne t'oublierais jamais.

   Il regarde le ciel et une larme roule le long de sa joue. Ce soir est la dernière fois qu'il voit les étoiles, demain il les aura rejoints.

  — La mort doit être une sacrément belle aventure. Il paraît que la mort est un voyage magnifique car personne n'y est revenu.

   Je ferme les yeux forts et un sanglot me secoue de toute part.

   J'embrasse son front et sens la chaleur de son corps s'en aller.

   Un dernier sourire gela la courbe de ses lèvres et les étoiles qui furent dans ses yeux rejoignent celles de la nuit. On venait de le tuer.

   J'hurle de rage, de déception et de colère.

   Je n'ai pas entendu les garçons arrivés mais les bras de James me serre le corps comme une barrière protectrice. Je ne peux penser à rien d'autre qu'à ma peine.

  La mort a attrapé sa main. Il accepta enfin son amitié.

   Je me retourne dans les bras de James et il me porte pour me conduire à la voiture.

   Le chemin du retour se fait dans un lourd silence.

   Je suis là physiquement mais mon esprit est ailleurs.

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