Le plus beau jours de nos vies

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L'automne s'était installé doucement sur le Terrier.

Les feuilles rousses tourbillonnaient autour du jardin, s'accrochaient aux bottes, aux ourlets de robes, aux souvenirs d'étés plus simples. Le monde continuait de se reconstruire, pierre après pierre, loi après loi, mais ce soir-là, ce n'était pas la guerre que l'on célébrait.

C'était l'amour.

Ava le sentait depuis le matin.

Il y avait dans l'air quelque chose d'électrique. Ron était étrangement silencieux. Trop silencieux. Il n'avait renversé ni jus de citrouille ni thé depuis le petit-déjeuner, ce qui, en soi, relevait de l'événement surnaturel. Harry, de son côté, avait cette concentration crispée qu'il arborait avant un match de Quidditch important.

Ginny faisait semblant de ne rien voir.

Hermione, elle, parlait un peu plus vite que d'habitude.

Ava observait tout cela depuis la table de la cuisine, un sourire en coin.

— Il se passe quelque chose, murmura-t-elle à Fred.

— Deux choses, corrigea-t-il en suivant son regard vers Ron et Harry. Et je donnerais beaucoup pour être dans leur tête.

— Moi pas, répondit-elle en riant doucement. Ils doivent être terrifiés.

Fred hocha la tête avec une solennité comique.

— Sages garçons.


Le plan, si l'on pouvait appeler cela un plan, reposait sur un dîner improvisé dans le jardin. Molly avait accepté avec un enthousiasme suspect. Des lanternes furent suspendues aux branches du vieux pommier. Une grande table en bois fut dressée, nappée d'un tissu clair que le vent soulevait parfois.

Le soleil descendait lentement, teintant le ciel de cuivre et d'or.

Hermione était assise près de Ron, discutant avec Arthur d'un projet de réforme concernant les créatures magiques. Ginny, elle, racontait à George une anecdote sur les Harpies, son rire clair s'élevant dans l'air frais.

Harry et Ron échangèrent un regard.

Un de ces regards qui disent : Maintenant ou jamais.

Ron se leva le premier.

Ce simple geste suffit à faire taire la table.

Il avala sa salive. Ses oreilles rosirent immédiatement.

— Hermione... euh... je... enfin... tu sais que je ne suis pas très doué pour les discours.

Un sourire attendri étira les lèvres d'Hermione.

— C'est vrai, confirma-t-elle doucement.

Quelques rires étouffés fusèrent.

Ron inspira profondément.

— Mais je sais une chose. Je sais que sans toi, je serais probablement encore en train de me plaindre dans la salle commune au lieu d'essayer de rendre ce monde un peu meilleur. Tu m'as toujours poussé à réfléchir. À grandir. À être... plus que ce que je pensais pouvoir être.

Hermione cligna des yeux, déjà émue.

— Et je ne veux plus imaginer ma vie sans toi. Pas les disputes. Pas les livres qui envahissent mon espace. Pas même tes "je te l'avais bien dit".

Un éclat de rire traversa l'assemblée.

Ron sortit alors, maladroitement, une petite boîte de sa poche.

~Ava Potter~Où les histoires vivent. Découvrez maintenant