— mais c'est sûr qu'elle est là-bas wesh ! s'exclame doum's comme s'il avait une illumination.
— fais pas l'ancien, quand je te demandais tu bégayais.
la soirée est animée dans le salon parisien. on s'est tous retrouvés pour la première fois depuis un bail, y'a des gavas j'savais même pas ce qu'ils devenaient.
— oui, ok, d'accord... dit-il en levant les yeux au ciel, mais maintenant que tu le dis, c'est grave évident pour moi.
— ça se trouve qu'elle n'y est déjà plus, je souffle pour moi-même.
— j'avoue la go c'est un globe trotter, tu peux pas non plus jouer à cache-cache dans tous les pays du monde gros, tema ta tête t'es crevé. rétorque lo.
je ne réponds pas. il a raison.
— mais vas y, je crois qu'elle y est encore... dit doum's.
— ah ouais ? dis-je sans conviction.
— quand on était au tel, ça parlait espagnol autour d'elle, je m'en souviens.
— et c'est quand la dernière fois que tu l'as eue au tel ? je demande.
— y'a deux jours.
je me redresse d'un bond.
— wesh, tu pouvais pas me le dire ?
— y'a deux jours t'étais encore au cap gros, doucement ?
doum's c'est vraiment un intermédiaire en toncar, la vérité.
le pire c'est qu'il joue l'innocent alors que tout est calculé. je sais qu'il a toujours été « de son côté » parce que c'est moi qui ai merdé, mais chacal à un moment donné, aide ton pote en détresse, j'sais pas ?
— elle m'a envoyé des photos aussi... dit-il, le nez dans son tel.
j'échange un regard avec lo et le lui arrache des mains.
— tu joues à quoi, toi ?
— toi tu joues à quoi ? tu sais que j'suis à bout et tu continues de me cacher des bails ?
je tombe sur une première photo de paysage et je swipe en espérant la voir, elle.
rien d'autre que des clichés random de rue et d'infrastructures pas nommées.
tout est calculé chez elle aussi...
— j'ai rien à cacher ken, tu vois bien...
je regarde les photos une à une, avec un goût amer.
je commence peu à peu à désespérer mine de rien. j'ai l'impression que de son côté, elle fait tout pour que jamais nos chemins se recroisent.
et si elle met autant de coeur à l'ouvrage, c'est pas pour rien. est-ce que ça vaut encore la peine que j'essaye, encore ?
— si je t'ai pas montré c'est parce que je sais très bien que ça aurait provoqué l'effet inverse.
— ça parle de quoi, ici vous avez des têtes de déterrés ? demande framal suivi de 2zer.
— de kamiya.
— wesh, depuis quand elle est revenue ?
je soupire et décide sciemment de ne pas parler. doum's se charge de faire l'update sans trop en dire, on se sait.
en vrai pas grand monde est au courant de cette histoire, j'voulais rester discret et c'est bien mieux comme ça.
machinalement, je m'attarde un peu plus sur chaque photo, à la recherche du moindre truc, du moindre indice. et sur le quatrième cliché j'aperçois un bout de panneau on dirait, coupé dans le cadre.
