jumelé avec présentations
— t'inquiètes dimitris, mets la dose.
le poivre et sel s'exécute tandis que j'ignore un énième message d'alia. elle est toujours à bout cette meuf, franchement elle m'épuise. j'ai plus envie de lui donner l'heure.
— t'as une faim de loup, toi ou comment ça se passe ? dit-il en me tendant le sachet rempli de bouffe.
je souris et lui tend ma carte. il insiste pour me faire un prix. vraiment ce djo c'est un vrai de vrai.
je taille ensuite direction le quinze pour mon rendez-vous du jour avec la demoiselle en détresse.
on n'a jamais reparlé de ce qui s'était passé l'autre nuit, mais je tiens à passer la voir au moins une fois par jour pour me rassurer.
j'sais pas ce qu'elle a dans le crâne, si l'envie lui est passée, si elle y pense encore...
et moi j'ai beau vouloir faire l'impasse j'y pense encore; j'arrive pas à passer outre. ça me fais chier.
j'sais qu'elle en a marre de ma gueule, mon niveau de lourdeur est parfois plus haut que la moyenne mais j'fais au mieux.
dans tous les cas je veux qu'elle se rende compte qu'elle a un entourage sur qui compter. vraiment j'y tiens.
parce que ce sentiment je le connais trop bien.
j'arrive une quinzaine de minutes plus tard, je shoot dans la porte, monte les cinq étages et attend qu'on m'ouvre.
— wesh, dit sneaz en me voyant.
on se tcheck et je ferme la porte derrière moi. je découvre doum's et lo dans le salon qui me tema comme si j'étais un messi.
— t'as ramené quoi ? demande mam's en désignant le sac que je tiens en main.
— c'est pas pour toi.
— c'est jamais pour moi, bâtard.
pourquoi il fait genre ça le fait chier ? il a des soucis, lui.
— kamiya elle est occupée, poursuit lo ses yeux dans les miens.
lui aussi il a des soucis.
— et donc ?
— j'te préviens juste.
— j'lui dépose ça et je me barre, façon.
il hausse les sourcils.
— elle est avec son boug, gros. répond doum's.
wesh, on dirait c'est mon procès.
ils sont tous les trois assis en train de me zieuter, frère.
— ouais, m'en tape.
je prends pas vers le couloir dans lequel je m'enfonce jusqu'à sa porte.
qu'est-ce que j'en ai à carrer que son keum soit là. quand elle voulait se foutre en l'air, il était là ?
façon ça se voit que c'est un bouffon, c'est pas pour rien qu'elle m'a demandé de lui sauver la mise la dernière fois devant lui. j'le sens pas.
dans tous les cas c'est pas mon problème, j'passe faire ma ronde et je me tire de là.
je toque deux fois et ouvre avant qu'elle ne me le demande. je sais qu'elle aime pas quand j'fais ça.
je les trouve en train de se peloter sur son pieu. quand elle me voit, elle au bout de sa vie.
— qu'est-ce que je peux faire pour toi ? elle demande après s'être détachée de son autiste de gars.
je souris devant son air ennuyé et m'excuse pour la forme, même si en vrai je m'en bats les couilles.
son mec il a le seum.
— rien, je voulais juste te passer le bonjour. donc... bonjour.
— bonjour, répond le djo, froidement.
kamiya ne sait pas où se mettre, elle fait les présentations en deux deux. elle était pas obligée, franchement.
— la forme ? je reprends.
— nickel et toi frérot ?
ses paroles ne collent pas avec le regard qu'il me lance, j'ai envie de péter une barre.
faut qu'il se détende lui, elle va pas s'envoler leur partie de baise.
— tranquille.
je me reconcentre sur la brune et lui lance le sachet qu'elle attrape au vol.
— j'sais que t'avais kiffé la dernière fois alors je t'en ai ramené.
je n'attends pas qu'elle réplique et me taille de là.
j'aime pas les ambiances méga tendues, et l'autre pitbull qui me tema comme si j'avais ken sa meuf, il est malade lui.
— t'es culotté, toi. souffle doum's quand je reviens.
— wesh, j'viens la voir tous les jours sans exception, c'est pas le premier boloss qui croise sa route qui va m'en empêcher.
silence.
lo me fixe sans parler et sneaz disparait dans la cuisine.
— ah ouais, vous avez vos rendez-vous quotidiens zehma... marmonne mam's, un sourire en coin.
— c'est pas ça... je réponds, ennuyé.
— c'est quoi alors ?
je soupire et m'affale sur le canapé.
j'ai très bien capté ses sous entendus et ça me plais pas parce que c'est archi pas ça.
mais je peux pas leur dire les bails, c'est pas à moi de le faire, et pas sûr que la miss me pardonne.
mais qu'est-ce que j'en ai à foutre qu'elle me pardonne ou pas ?
bref, voilà ce que ça fais de se mêler des histoires des autres, je me retrouve comme un con à devoir un truc que je peux pas justifier sans me foutre dans la merde.
tant pis, ils n'ont qu'à croire ce qu'ils veulent.
— ouais, c'est peut-être ça. et après ? je rétorque alors.
lo sourit et mam's rigole.
— elle a un boug, gros. à quoi tu joues ?
j'hausse les épaules.
— elle s'en balec'.
— mais vous... commence lo.
il guette par dessus son épaule comme s'il avait peur qu'on l'entende.
— genre c'est sérieux, ou...
— wesh... dis-je en roulant des yeux. on fait rien, on discute c'est tout.
— vous discutez. répète doum's.
— ouais.
— la dernière fois dans son lit vous discutiez ?
lo émet un « oh » qui m'exaspère. sérieux quand ils ont décidé d'être casse couilles ils font pas semblant.
— on était en train de jouer wesh, il faisait la chaude avec moi je l'ai maitrisée, fin !
la porte de la chambre s'ouvre et on la ferme tous. on remarque le bouclé dans le corridor qui quitte l'appart sans même se retourner.
— bonne journée, s'exclame doum's avec sarcasme.
le dadet se retourne et nous salue brièvement avant de partir, puis la porte de la chambre claque dans un putain de fracas.
elle est vener, c'est sûr.
— tu vois les retombées... murmure mam's en désignant kamiya d'un mouvement de tête.
j'me sens grave pas coupable, j'ai rien fait.
mais au fond, si ça s'est mal passé, ça me plais.
