le problème quand t'es down c'est que t'as plus le contrôle de rien.
pas parce que t'en n'est pas capable mais parce que tu préfères t'en battre les couilles et poser ton mal être sur la table à chaque fois que tu dois justifier tes conneries.
la dernière fois c'était avec doum's. il m'a pris à part dans un corner.
flashback
— vas y ken viens on va parler.
je lève les yeux de mon écran pour le regarder. il a pas l'air d'être dans le meilleur des moods.
j'espère que c'est pas adèle qui lui pète les couilles, j'suis à court d'arguments là.
— y'a quoi ?
— viens.
je souffle et me lève puis le suit jusqu'à dehors où il allume son spliff.
on est que tous les deux dans la petite rue, les gars ont passé leur tour pour ce soir, y'a que mon gava doumama pour m'épauler.
mais déjà je le sentais chelou, depuis cet aprem il fait les cent pas, des allers-retours... il est archi pas dedans.
— t'as la flemme c'est ça ? tu peux rentrer frelon.
— rien à voir.
il soupire et rallume son cône. il regarde un peu partout sauf vers moi. je glisse les mains dans mes poches et attend qu'il se décide à me dire ce qu'il se passe.
— tu t'rappelles la dernière fois, quand je t'ai demandé avec kami...
je me mord la joue et acquiesce.
c'est vrai, kamiya...
ça fait un petit temps qu'on s'est pas calculés... je me suis mis à fond dans la prépa de bercy, puis j'avais des sons en tête que je voulais taffer... j'ai un peu tout mis de côté.
puis en regardant bien, elle aussi.
depuis qu'elle est partie, on a arrêté de se parler, petit à petit...
je devrais prendre de ses nouvelles, j'abuse.
mais je pense qu'au fond je me conforte plutôt bien de la situation.
j'étais putain de duper, et là j'arrivais à passer outre, avant que doumama me remette dans la sauce.
pète les couilles, lui.
— ben ouais ?
— pourquoi t'as dit ça ? il me regarde cette fois.
— j'ai dit quoi ?
il tship il tire une vraie taffe de cowboy.
je comprends tchi.
— qu'elle était trop brisée j'sais pas quoi... nan y'avait pire comme mot, c'était quoi déjà ?
— wesh doum's...
— nan j'te parle sérieux gros, j'ai besoin de comprendre. c'était trop soudain.
je ne réponds pas tout de suite.
il kiffe ça doum's, mettre les gens au pied du mur. pile quand c'est pas le moment.
— j'sais pas.
— nique toi, alors.
silence.
j'cherche son regard pour être sûr qu'il est sah. et je capte deux iris éclatées qui me fusillent.
— t'es sérieux là ? je demande, étonné.
