jumelé avec lac des cygnes et roller coaster
doum's me pète les couilles.
pour planifier des trucs il est là, pour être à l'heure y'a plus personne.
en plus y'a un abruti dans le lot qui a embarqué la clé de secours, du coup on est tous à la porte.
et évidemment, depuis qu'il a perdu son téléphone il en a toujours pas racheté un.
bref, un boulet votre pote.
— mais il est où cet enfoiré ? demande deen quand on redescend.
— j'sais pas, il fout la haine.
ça fait une heure qu'on attend un signe de vie, du coup j'essaye d'appeler adèle mais sans succès.
— venez on va chez moi ? propose fram'.
personne le calcule, lo s'eclipse pour passer un appel et sneaz fait comme s'il n'avait pas entendu.
il comprend pas qu'il habite à l'autre bout de paris et que ça fait chier tout le monde d'aller jusqu'à là-bas.
— mais wesh, y'a forcément un moyen de le joindre !
les paroles de bigo font tilt.
mam's il vit pas tout seul, de base. j'sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt, c'est elle qui a la deuxième clé...
j'attrape mon téléphone et appelle un +33 de mon journal d'appels.
deen remonte dans sa caisse et allume le moteur pour mettre le chauffage. parce que ça caille sa mère, mine de rien.
et j'entends que ça décroche au bout de la quatrième sonnerie.
— « a-allô ? »
enfin quelqu'un qui répond, sa mère.
— wesh c'est ken. je te dérange peut-être mais j'arrive pas à joindre ce connard de doum's, il s'est toujours pas racheté de téléphone et on est tous là à attendre comme des cons devant chez lui... »
bigo me fait signe d'abréger parce que je raconte trop ma iv'.
— « bref... t'aurais pas des news ? »
pas de réponse, j'entends quelques bruits de fond méconnaissables mais rien d'autre. je vérifie qu'elle n'a pas raccroché avant de poursuivre.
— « t'es encore là ? »
de là j'entends un souffle, le vent, on dirait qu'elle court. je fronce les sourcils et me bouche l'oreille droite pour mieux entendre. j'entends des sanglots.
— « wesh, tu pleures ? »
à ces mots les gars m'interrogent du regard, mais j'sais pas quoi leur dire. elle ne me répond pas et suffoque de plus belle. impossible de l'arrêter.
paniqué, je lui demande si elle va bien, puis où elle est. c'est peine perdue dans le brouhaha de ses pleurs. je m'éloigne et rapproche le tel à ma bouche pour me faire entendre.
— « t'es où kamiya ? »
elle raccroche.
je me retourne et fais de nouveau face aux gars, complètement duper.
— y'a quoi ? demande sneaz.
— j'sais ap.
je passe la main sur mon visage et réfléchis. qu'est-ce qui a bien pu lui arriver ? elle s'est faite agresser ça se trouve ?
