chapitre jumelé avec ligaments croisés et pêche aux infos
j'sais pas si j'dois être flatté d'être le centre de son attention ou alors apeuré.
la miss m'a dans son collimateur depuis un moment. j'avais pas fait attention au début, c'est fram qui me l'a dit.
— t'as une putain de touche, gars. me glisse-t-il en ricanant.
j'esquisse un léger sourire. il a craqué lui.
une touche avec elle, aussi improbable qu'un feat avec b2o.
sérieux, ça ne m'a jamais traversé l'esprit. ça se voit qu'elle est excédée. en plus elle est chelou.
je me ressasse la fois où je l'ai trouvée dans la cage d'escalier l'autre soir, un délire.
flashback
j'arrive chez mam's vers vingt trois heures, impossible de me libérer avant. je voulais pas venir à la base mais j'ai fait l'effort pour les gars et lo avec qui on doit parler son depuis un bail. on arrive jamais à se capter autrement.
son ascenseur met toujours trois plombs à arriver, il rend ouf. du coup je me déter à prendre les escaliers, motivé par les punch énervées de SCH.
je gravis les marches à bon rythme, le raclo m'a foutu les nerfs en deux couplets, il est trop fort. puis je tombe sur une silhouette en haut qui se dessine peu à peu au fur et à mesure que je m'approche.
— wesh, dis-je en la voyant.
kamiya est affalée sur deux marches devant son portable, on dirait qu'elle squatte là depuis un bon moment.
elle relève la tête et son visage se décompose quand elle me voit approcher.
toujours ravie de me voir, décidément.
— qu'est-ce tu fous là ? je demande tout de même, en retirant un écouteur.
elle bloque un instant. j'arrive à lire toute la détresse du monde dans ses yeux.
— j'ai... j'suis bourrée.
je fronce les sourcils. elle me met le doute l'espace d'une seconde.
— j'suis tombée dans les escaliers et... impossible de me relever et j'ai un mal de crâne putain...
franchement elle devrait faire la comedia dell'arte celle là, elle est fascinante.
— ah ouais... t'as dû te faire mal. dis-je sans conviction.
je cherche son regard, mais elle m'évite. elle me dit qu'elle a mal à son genou gauche, alors je m'agenouille pour être enfin à son niveau.
je sais qu'elle ment mais j'sais pas pourquoi elle arrive à me faire douter.
y'a une partie de moi qui veut la croire, lui accorder le bénéfice du doute.
je lui pose quelques questions, ça l'agace, elle roule des yeux et m'assure que tout va bien. avant de me demander si j'suis médecin. avec tout son dédain, sinon c'est pas drôle.
— je répare pas les genoux mais j'essaye de réparer les coeurs.
elle me regarde enfin, intriguée.
j'entrevois les prémices d'un rictus au coin de ses lèvres, et je m'attarde sur sa bouche entrouverte et incroyablement bien dessinée. quand on fait l'impasse sur sa dégaine, elle a un visage de poupée. j'sais pas si ça rattrape le truc, ou si c'est justement son accoutrement qui gâche tout.
