j'crois au destin et aux signes.
quand un truc se passe c'est jamais pour rien. et quand le destin a décidé de quelque chose, quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, ça se fera.
j'ai essayé de garder la tête dure, de faire style je captais pas, de repousser, d'éviter, d'oublier. sans succès.
et cette nuit là, j'ai dérapé.
pendant une soirée au resto avec les gars, on s'envoyait des messages avec anazia, vraiment rien de ouf, on parlait juste de la pluie et du beau temps.
j'étais pas trop dans le mood de la réssoi, ça parlait sur sneaz et ses phases, clairement ça me donnait la flemme.
du coup j'étais plus ou moins impliqué dans notre conversation sans queue ni tête, ça partait à base de futur métier et d'anecdotes bateaux.
puis ça s'est terminé en langage plus explicite, elle a broyé langue de molière.
anazia :
« je me sens seule, tu veux passer ? »
j'ai pesé le pour et le contre, framal n'a pas arrêté de me demander si ça allait. c'était écrit sur ma gueule que j'étais ailleurs façon.
— ouais t'inquiète, j'suis juste claqué.
— t'es tout le temps claqué toi en c'moment.
j'ai pas répondu et je me suis éclipsé quand ça a commencé à parler d'after. clairement j'ai pas envie de ça, j'ai pas la tête à les regarder tiser et griller leur niaks j'avoue.
— wesh, tu vas où ? m'a demandé 2zer, le seul qui m'a cramé.
— j'rentre.
— sérieux ? tu viens pas au stud ? on va écouter le nouvel ep de lefa.
j'ai capté le regard de doum's au loin, alors j'ai répondu du tac au tac.
— j'ai pleins de trucs à faire demain, envoie-lui ma force.
je me suis barré sur ces mots et son pouce en l'air.
ça m'a fais chier de mito, j'ai quel âge en vrai.
mais je sais que c'est le cadet de leur souci, au fond.
alors j'ai marché jusqu'à chez elle, les mains dans les poches et le cerveau en off.
j'avais plus envie de réfléchir, plus envie de culpabiliser et encore moins de cogiter sur l'amas de merde que j'étais en train de créer.
parce que l'appel de la chair, ça a toujours été mon échappatoire quand j'fais blocus et que je veux pas faire face à mes problèmes.
et en ce moment je dors pas, j'fais genre j'oublie le passé mais j'ai le cerveau en surchauffe dès que je me retrouve seul avec moi-même.
je voulais lâcher prise.
quand j'arrive, c'est posé.
la brune me propose à boire, on discute, elle fait des vas et viens souvent, je mate son cul.
— t'as l'air crevé, elle remarque, ses yeux dans les miens.
je la vois loucher sur mes cernes tandis que je détaille son visage dépourvu de défauts.
il est deux heures du sbah et son maquillage n'a pas même pas un peu bougé.
— j'suis insomniaque, askip.
— t'as des soucis ?
aucun officiellement. mais dans ma tête, énormément.
— le souci du détail, je réponds.
