haneda, septembre 2019
après douze heure de vol compliquées, je retrouve enfin ce que j'ai laissé il y a deux mois.
le temps est agréable. il fait super doux, ni trop chaud ni trop froid. je m'avance vers le premier taxi et on monte jusqu'à tokyo.
il est onze heures, le soleil m'éblouit, le chauffeur bombarde, je me laisse bercer par le paysage rural.
je réalise pas trop, j'ai fait tout ça sur un coup de tête, encore.
seul dieu sait ce qui m'attend ici, mais étrangement je suis serein.
j'ai donné rendez-vous à crystal dans un resto à shinjuku. elle est accompagnée d'une fille que j'ai déjà croisée en despi.
— ohayō, ken !
je souris et les salue, puis m'assois face à elles.
— je pensais pas te revoir de sitôt ! poursuit-elle, tout sourire.
— je t'avais dit que je reviendrais, je réponds sur le même ton.
— c'est si lassant que ça, paris ?
son sourire en coin me fais rire.
— c'est pas comme avant, disons.
je jette un oeil à la carte et me décide rapidement. façon j'ai envie d'une seule et unique chose depuis que je suis arrivé. des tempura et des ramen maison.
— alors, qu'est-ce qui t'amène ? demande sa copine thelma.
je m'enfonce un peu plus dans mon siège.
la flemme de chercher un mito, mais la flemme de me justifier aussi.
— j'suis venu voir quelqu'un.
— pour la musique ? poursuit crystal. d'ailleurs j'ai un musicien à te présenter, il fait des trucs de fou, j'suis sûre que tu vas kiffer.
j'acquiesce sans broncher.
— quand tu veux, j'suis là.
— pour combien de temps ? elle demande.
— quelques jours.
je me redresse à la venue du serveur et le remercie une fois servi.
ça sent super bon, j'suis aux anges.
— t'as pas pris de billet retour ?
— nan.
je croque dans un tempura aux légumes. à tomber par terre.
puis on finit par discuter de tout et de rien jusqu'à ce que sa copine nous fausse compagnie. j'en profite pour embrayer sur une discussion un peu plus sérieuse.
— j'sais pas si t'as eu le temps de te renseigner sur ce que je t'ai demandé ? je m'enquis entre deux bouchées.
— oui, bien-sûr. on dirait pas mais tokyo c'est petit niveau réseau. après c'est pas forcément évident de leur gratter du temps...
j'hoche la tête, compréhensif. et elle enchaîne.
— mais j'ai réussi. tu peux aller le voir à cette adresse. n'y va pas avant seize heures.
elle me tend un papier et je la remercie.
— il est pas très bavard, faut savoir lui poser les bonnes questions.
— il répond à toutes ?
— sans problème.
je souris légèrement et fourre le précieux papier dans ma poche.
