faux semblants 🔗

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jumelé avec « sans sel ni arômes »

avec deen on s'isole dans le balcon. j'inspire l'air de dehors comme si je redécouvrais ce mécanisme et le barbu rigole.

— t'as trop la côte, toi. dit-il.

— ça casse les couilles.

silence.

il me tend son pilon et je tire une taffe qui me décrispe.

— t'as l'air tendu, il reprend.

je réponds pas. je sais qu'il sait.

c'est pas un scoop dans tous les cas, y a qu'une seule personne depuis trois ans capable de me mettre dans cet état.

— ça s'est marave ? il reprend.

— pas cette fois.

je ralentis un peu sur le cône, je sens ma tête qui tourne, déter.

bigo me téma du coin de l'œil, j'arrive à lire dans ses pensées et ça me casse les couilles, encore.

— faut que t'arrêtes, ken.

— ouais j'sais.

il est sur la retenue parce qu'il a pas envie de radoter, mais c'est plus fort que lui le gava.

— ça pue sa mère de rester dans une relation qui te pète le crâne.

— c'est même pas une relation, frère.

en vrai je comprends rien.

on n'est plus ensemble depuis des mois, on se pète que pour le cul et elle arrive encore à me faire des histoires. j'avoue y'a un truc qui cloche.

bigo se tire en premier et me laisse solo sur le terrasse. je visse ma casquette et prends bien soin de tourner le dos à tout le monde, j'ai plus envie qu'on me calcule là, c'est bon.

je finis le spliff à mon rythme les yeux rivés vers le ciel couvert qui renvoie la lumière des réverbères. j'voulais pas penser à elle ce soir, j'voulais me vider la tête. et encore une fois je me retrouve dans cette posture de clochard à imaginer des scénarios improbables... comment on aurait évolués si on n'avait pas merdé tous les deux, bref des images sans fin qui me vident de mon énergie.

je comptais sur cette soirée pour me requinquer mais j'suis encore pire qu'à son début.

je jette ma fin et check mon tel. deen m'écrit qu'ils se sont retrouvés dans une autre pièce. ils sont mignons avec leur contre soirée mais moi j'ai fait le tour de ressoi rincée. je les rejoints et annonce dès mon entrée :

— bon vas y, sisi l'anniversaire mais c'est éclaté. venez on se barre ?

la première paire d'yeux que je capte c'est celle de miss vener, qui n'a pas cessée une seconde de défroisser son visage.

j'peux déjà mieux la détailler à la lumière, elle a des petits yeux en amandes, mais la seule chose sur laquelle je bloque, c'est sa bouche.

une bouche rose et pulpeuse déformée par l'agacement. c'est sa lèvre supérieure qui prend le dessus.

elle est vraiment en train de bouder, la go.

— salut ken, dit une voix qui me stoppe dans ma contemplation.

ivy me gratifie un sourire timide et je m'approche d'elle pour lui claquer la bise.

— ça fait une paye, souffle-t-elle ensuite.

— un peu, ouais, je réponds.

puis elle tire la mistinguette fâchée par le bras pour la rapprocher de nous.

l'inconnue se laisse faire et reste les mains dans les poches. ses sourcils se décrispent peu à peu quand nous nous faisons face.

— ken, kam, kam, ken.

sympa le petit nom.

mais elle me guette sans daigner bouger, moi qui pensais avoir l'honneur de lui serrer la main... elle reste fourrée dans la poche de son joggos, rien à faire. on dirait une ado difficile, faut qu'elle dose.

— c'est marrant l'assonance, je remarque alors.

— ouais.

j'sais pas quoi faire de sa nonchalance, mais je décide de ne pas le prendre personnellement.

flemme des go qui jouent un rôle, je détourne le regard et on se met d'accord chez qui passer l'after.

je l'ai scannée en deux deux façon, elle pourra faire la saoulée autant qu'elle veut, ses yeux de biche la trahissent.

ShinzōDes histoires addictives. Découvrez maintenant