04-Invitation ( Partie 2 )

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J'avais eu soudainement la gorge sèche. Tout ce que je voulais était de boire un verre d'eau fraîche illico. Mais impossible d'en repérer. La maison était grande et me m'était pas familière, impossible de repérer la cuisine.

— Hey, Alice, apparut Charline derrière moi, accompagnée de Maryse.

— Où est la cuisine ? demandai-je subitement.

— Quoi ?

— J'ai soif.

— Qu'est-ce que tu as, cousine ? Tu m'as l'air toute agitée. Quelque chose ne va pas ?

— Les filles, s'il vous plaît.

Sans trop comprendre pourquoi j'agissais ainsi, elles m'emmenèrent à la cuisine qu'elles connaissaient bien apparemment. On resta, Maryse et moi, à l'embrasure de la porte d'entrée, attendant Charline qui alla demander de l'eau pour moi. Intérieurement, je sentais que mon cœur allait exploser et mon corps trembler comme une feuille. Allan était là. Il y avait si longtemps que je ne l'avais pas vu.

— Voilà, m'offrit ma camarade.

Je la remerciai d'un signe de la tête et bus l'eau d'une traite.

— Maintenant, raconte-nous ce qui t'arrive, revint Maryse sur le sujet.

Je remis le verre à Charline tout en soupirant.

— Accouche, s'impatienta-t-elle.

— Je l'ai vu, avouai-je.

— Qui ça ? s'enquit Charline.

— Lui. Et sa petite amie.

Elles avaient tout de suite compris de qui je parlais. Je n'avais pas eu besoin de le préciser.

— Qu'est-ce qu'il fait là, ce crétin ? s'exaspéra Charline.

— Il était dans la pièce où l'on m'a emmenée. Vous vous souvenez que la fille avec qui il sort est la meilleure amie de Sarah.

— Attends, tu pleures? remarqua, contre mon gré, Maryse.

— N... non, contestai-je malgré les larmes sur mes joues.

— Je ne vois pas pour quelle raison tu mens alors que tes yeux t'ont déjà trahie, dit doucement Charline en m'essuyant les joues.

— Tu es encore amoureuse de lui ? m'assomma Maryse.

Je mentirais encore si je disais non. Je ne pouvais pas oublier Allan si rapidement. Je m'étais trop étendue sur mes sentiments quand nous sortions ensemble. Le voir arriver avec une autre me faisait trop mal. Je m'entêtais à croire qu'il ne m'avait jamais trahi tant il ne m'avait jamais donné l'impression.

— Ne pleure pas, m'enlaça mon amie.

Je n'avais pas pu me retenir. Je regrettais tant de n'avoir pas écouté David. J'étais trop naïve. J'avais priorisé le fait qu'il soit venu jusqu'aux Gonaïves pour moi, alors que cela n'avait jamais été le cas. Il fallait que je l'oublie, car me lamenter ainsi n'arrangerait rien.

— Ressaisis-toi, jeune fille, se détacha-t-elle de moi.

— Tu devrais sécher tes larmes, me tendit Maryse un mouchoir.

— Merci, leur dis-je en souriant.

Ce n'est qu'en remettant le mouchoir à Maryse que je me souvins avoir oublié mon téléphone avec ma pochette dans la salle.

— Maintenant, oublions cet idiot. Devine qui on a vu...

— J'ai oublié mes affaires, interrompis-je Charline, qui s'enthousiasmait.

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