14- Binôme.

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Cela faisait des minutes que je sentais le regard de Charline sur moi. Aucune de nous trois n'osait parler, un silence gênant pesait dans l'air. Je touchais à peine à mon assiette et faisais semblant d'être ailleurs. Tant de mauvaises pensées traversaient mon esprit. M'avait-elle réellement pardonnée ?

— Tu as parlé avec André ? demanda-t-elle soudainement.

Malgré moi, je sursautai. Pourquoi cette question ? Elle savait bien que je ne souhaitais rien à voir avec lui.

— Pardon ? fis-je d'une petite voix.

Ses yeux étaient toujours posés sur moi.

— N... non.

— Calme-toi. Je pensais que tu savais qu'il va rentrer pour les vacances de Noël.

Je ne fis aucun commentaire. Donc, Charline et lui se parlaient encore.

— Je l'ai vu sur son statut, ajouta-t-elle comme pour répondre à la question que je n'avais pas posée.

En même temps, avait-il besoin de l'annoncer sur son statut ?

— Et toi, Maryse ? Comment va ton copain ?

— On est seulement amis, répliqua-t-elle.

— Si tu le dis.

Depuis mon anniversaire, rien n'était comme avant. J'avais l'impression qu'un froid s'était installé entre nous trois. La cloche sonna enfin, nous délivrant d'une conversation embarrassante.

— Pouvez-vous demander à votre chauffeur de me déposer encore ? demanda-t-elle.

— Aucun problème, répondis-je.

Depuis déjà une semaine, elle nous le demandait. Je n'aurais vraiment aucun problème avec cela, mais parfois elle voulait qu'on passe au marché avec elle avant de se rendre chez elle. J'en avais parlé à ma cousine, on ne savait pas comment aborder le sujet avec elle. On retourna en classe pour le cours d'arts plastiques, le cours que je préférais le plus car je pouvais libérer mon côté créatif. Puis, la peinture était au programme pour ce premier trimestre. Monsieur Hans, notre professeur, était un vrai artiste. Tout le monde participait à son cours et faisait de grands efforts. Sans vouloir me vanter, j'étais devenue son élève préférée, j'avais la meilleure note. Meilleure que celle de ma cousine.

— Votre attention, s'il vous plaît, requit-il.

On déposa nos pinceaux. Il n'y avait rien à deviner, il allait nous donner un travail à faire car les examens arrivaient. Ses évaluations se déroulaient en deux parties : la pratique et la théorie. La première, je savais déjà que je la réussirais.

— Comme vous le savez, à la demande de la direction, vous aurez bientôt à subir un examen. Cette année, pour la pratique, ce sera différent. Vous n'allez pas travailler seules, vous devrez avoir une partenaire. Je ne vais rien vous donner à reproduire, mais je vous demande de réaliser une peinture selon votre inspiration, votre imagination.

Je ne pouvais pas m'empêcher de montrer ma joie. J'avais déjà hâte et plein d'idées fusaient déjà dans ma tête. Ma partenaire serait ma cousine, on ferait un duo de choc. C'était ce que je souhaitais jusqu'à ce que Charline lui demande de faire équipe avec elle. Je m'étais sentie mal en l'apprenant, je croyais qu'elle me choisirait. Presque tout le monde avait déjà fait son choix. Après une semaine, je n'avais encore personne. Je supportais Charline qui faisait des tas de propositions à ma cousine. Apparemment, elle ne connaissait pas la définition des mots « imagination » ou « inspiration ». De plus, elle m'écartait totalement. J'avais fini par les laisser parler du devoir.

— Tu as mauvaise mine, toi, s'assit Sarah à côté de moi.

— Que veux-tu ?

— Il est rare de te voir seule.

My [Un]Happy StoryDes histoires addictives. Découvrez maintenant