Chapitre 7, chute (Torval)

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La trappe qui donnait accès au réacteur était dans la chambre de stase, cette dernière étant au centre de la source d'énergie du vaisseau. Torval eut quelques difficultés à l'ouvrir à cause des sécurités. Il avait décidé de s'en charger puisque non seulement, c'était son idée, mais en plus, il était celui qui était le plus apte à le faire. Probablement. Leur amnésie commune était assez ennuyante. Il ôta la dernière sécurité de la trappe, et avec beaucoup de précautions, il la retira. À peine la plaque de métal doublée de miranium fut-elle soulevée que des petits éclairs vinrent crépiter à l'extérieur du réacteur. La moitié des personnes présentes firent un plus ou moins grand bon en arrière sous le coup de la surprise tandis qu'une lumière vive se déversa dans la salle.

Torval déposa délicatement la trappe à côté de lui et regarda l'intérieur du réacteur. L'énergie était tellement vive qu'il devait plisser les yeux pour y voir quelque-chose. C'était maintenant que les choses devenaient sérieuses. Il enfila la paire de gant qu'ils avaient trouvée dans les quartiers et attrapa deux pinces enrobée de caoutchouc. Il devait être extrêmement prudent à ce qu'aucun arc ne remonte pour le frapper. Sinon, ce serait la mort instantanée. Il localisa tant bien que mal les éléments qu'il allait devoir court-circuiter pour faire une rupture dans le flux énergétique. Le réacteur allait le rétablir presque aussitôt, mais ce serait suffisant pour que les systèmes se réinitialisent.

Avec la pince, il saisit la petite pièce de métal qui allait lui permettre de faire le court-circuit dont ils avaient tant besoin et l'approcha doucement de l'ouverture. Il était directement exposé au rayonnement énergétique du réacteur et il était déjà trempé de sueur à cause de la chaleur. Il passa doucement la pièce métallique par la trappe, et presque aussitôt, un arc électrique fusa vers la pièce et remonta le long de la pince. Par chance, Torval eut le réflexe de lâcher la pince, ne recevant ainsi que quelques petites brûlures sur les mains tandis que les autres étouffèrent des cris de peur.

− Tout va bien, les rassura le vieil homme.

Il s'épongea le front qui dégoulinait de sueur et regarda à l'intérieur du réacteur. La pièce n'était pas tombée bien loin, mais elle était déjà rouge. Il allait devoir faire vite avant que le métal ne fonde totalement. Il saisit la pince qui fort heureusement, n'était pas tombée dans le réacteur et l'approcha à nouveau tout doucement de la trappe. Cette fois, aucun arc ne vint remonter le long de la pince. Il dut cependant prendre la pince au bout de son manche pour récupérer la pièce métallique rouge vif. Les arcs électriques s'agglutinaient autour d'elle, l'illuminant de mille feu, et une odeur de brûlé vint chatouiller les narines de Torval. Le caoutchouc de la pince était en train de fondre.

Il allait devoir faire vite. Il se pencha légèrement sur le côté pour avoir un meilleur angle. Il apercevait les deux disques focalisateurs qu'il allait devoir relier. Ils étaient à quelques centimètres seulement du morceau de métal. Morceau de métal dont des gouttes d'un blanc étincelant tombait pour disparaître dans le flux d'énergie. Il n'avait plus le loisir d'hésiter. Il raffermit sa prise et d'un geste aussi rapide que lui permettait les force électromagnétique qui s'exerçaient sur le métal, il plaça la pièce métallique sur l'extrémité de l'un des deux disques, puis fit pivoter avec difficulté la pince. Les flux à l'intérieur du réacteur luttaient contre lui, mais il gagnait des millimètres les uns après les autres, et quand enfin il était sur le point de toucher l'extrémité du deuxième disque, il vit le métal à moitié fondu se tordre pour tomber. Et il y eut un grand flash accompagné d'une détonation. Puis tous s'enchaîna.

Les lumières s'éteignirent et le sol se déroba sous leurs pieds. Torval tomba en arrière tandis que les neufs autres tombèrent tout simplement, n'ayant rien à quoi se rattraper. Des cris de paniques résonnèrent à travers la salle alors que la lumière du réacteur les éclairait à nouveau par intermittence. Et ils atterrirent sur le sol. Sol qui s'inclina soudainement d'un côté, ne leur laissant pas le loisir de se relever. Puis il se rééquilibra, du moins partiellement tandis que les lumières de la salle se rallumaient péniblement. Le vaisseau tout entier fut encore secoué par quelques chaos avant qu'il ne se stabilise enfin et que l'hologramme de Melfas n'apparaissent au centre de la pièce.

Prisonniers de l'inconnuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant