Chapitre 13, chasse (Annabelle)

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Une pluie d'étincelle tomba sur le sol tandis que la porte grinçait horriblement. Il avait fallu la force combinée de Joan, Alvas et Annabelle pour réussir à faire bouger ne serait ce qu'un peu la porte déformée qui menait au sas. Sous les directives de Torval, Annabelle avait démonté presque la moitié du système de fermeture de la porte et avait débloqué le reste avec ses compétences informatiques. Et même ainsi, ils n'avaient réussi qu'à dégager un passage où seule Annabelle pouvait passer. La seule personne étant plus fine qu'elle était Torval, trop grand et trop mal en point pour y passer.

Elle s'engagea dans l'étroit passage, rentrant son ventre pour passer et atterrit dans la salle de garde, juste devant le sas. Et l'état des lieux était déplorable. La paroi qui donnait sur l'extérieur était légèrement déformée, et la porte du sas semblait s'être incrustée dans son montant. Ça allait être impossible à dégager sans matériel adéquat.

Annabelle se tourna vers les casiers d'équipement. Il y avait des tenues hermétiques, probablement pour sortir dehors, de nombreux outils dont elle ne connaissait pas l'utilité et qui, de toute façon, étais bien trop gros pour passer par la mince ouverture, et enfin, des armes. Deux, pour être plus précise. Un long fusil et ce qui devait être un fusil mitrailleur. Elle fit passer les deux armes à travers l'ouverture puis entreprit à son tour de sortir de là.

− Quoi ? C'est tout ? Fit la voix grave de Joan.

− Il y avait rien d'autre à part des combinaisons et des outils que je ne connais pas.

− Ils pourraient peut-être nous être utiles, indiqua Torval avec sa voix douce.

− Mais ils sont trop gros pour passer.

− Ah, on ne peut rien y faire, alors.

− Bon, et est ce que quelqu'un sait se servir de ça ? Demanda Joan en tendant le long fusil.

− Je crois qu'il suffit d'appuyer sur la gâchette, non ? Répondit Alvas de sa voix sèche.

Joan regarda l'arme, pointa le canon vers le sol et appuya sur la dite gâchette. Le coup partit et Joan se retrouva à terre à cause du recul de l'arme. Et là où il avait tiré, il y avait une tache rougeoyante. Joan se releva en tenant précautionneusement l'arme et la tendit à Alvas.

− Bon, c'est pas si compliqué que ça. Retournons dans le laboratoire rejoindre Karène, décida-t-il en saisissant à deux mains la seconde arme.

Annabelle lui emboîta le pas alors qu'il se dirigeait vers l'arrière du vaisseau. Elle ne savait pas trop quoi penser de tout ça. Elle avait un arrière-goût d'amertume en bouche, principalement à cause des derniers mots qu'elle avait dits à Typhaine et qu'elle regrettait, mais elle ne se sentait pas pour autant d'humeur vengeresse. Elle lui avait dit de garder ses distances, qu'elle la trouvait étouffante, qu'elle ne l'aimait pas, même, mais elle avait dit tout ça sur le coup de l'émotion. Elle l'avait dit pour cacher son embarras. Et maintenant elle le regrettait amèrement.

Elle ne détestait pas sa compagnie, bien au contraire, mais ses propres sentiments la dérangeait. Elle avait été très confuse quand elle avait découvert Typhaine endormie dans le même lit qu'elle à son réveil. Mais ça l'avait énervée qu'elle fasse comme si de rien n'était. Elle ne lui avait pas accordé un seul regard et même pas cinq minutes plus tard, elle était revenue à ses côtés avec sa belle voix chaude. Annabelle rougit à se souvenir. Et maintenant, elle ne pouvait plus la voir et s'excuser pour ce qu'elle lui avait dit.

Elle porta mécaniquement la main à sa poche où elle gardait un anneau. Une alliance. Il y avait ça, aussi. Elle ne savait pas trop comment agir avec Typhaine principalement à cause de ça. Elle l'avait rapidement découvert et ça la travaillait beaucoup. Elle était déjà engagée avec quelqu'un, du coup, elle ne savait pas quoi faire avec Typhaine. Et maintenant, il était trop tard. Elle déglutit péniblement en se souvenant du regard perplexe que lui avait lancé Typhaine lorsqu'elle l'avait quittée. Elle aurait vraiment voulu avoir le courage de lui parler de ses craintes et de ses peurs.

Prisonniers de l'inconnuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant